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28
octobre 2005
Un
documentaire met en lumière une secte peu
connue en Inde, dont les membres, des ascètes
hindous, consomment apparemment de la
chair humaine afin de gagner l'immortalité
ainsi que des pouvoirs surnaturels.
Intitulé
Se nourrir des morts, le court métrage de
dix minutes explore l'univers mystérieux
de la secte aghorie, vieille d'un millénaire,
dont les sadhus, ou hommes saints, se
fourniraient en cadavres dans le Gange,
fleuve sacré de l'hindouisme, dans le
Nord du pays.
La petite communauté cultive le secret.
Le réalisateur Sandeep Singh a expliqué
à l'agence Associated Press qu'il lui
avait fallu plus de trois mois d'efforts
pour gagner la confiance d'un sadhu aghori
et le convaincre de se laisser filmer lors
d'un rituel de cannibalisme.
«Lorsque l'avons rencontré pour la première
fois, il a déclaré: “Balivernes, nous
ne faisons pas ça.” Il a fallu des mois
avant qu'il reconnaisse les rituels.» Les
sadhus aghoris restent 12 ans dans la
secte et peuvent ensuite retourner dans
leur famille. On en compte environ 70 en
permanence dans le groupe, précise
Sandeep Singh.
Les Aghoris consomment également de
l'alcool, contrairement aux autres ascètes
hindous, qui sont pour la plupart végétariens
et évitent toute boisson enivrante. Mais
c'est leur consommation de chair humaine,
pratique interdite en Inde et dont
l'origine est un mystère, qui leur vaut
d'être condamnés par les autres hindous.
La plupart vivent à proximité de crématoriums
dans la ville sainte de Bénarès où le
documentaire a été tourné. Durant la réalisation
du film, M. Singh et trois caméramans ont
attendu avec un sadhu aghori pendant dix
jours avant que celui-ci ne trouve un
cadavre flottant dans les eaux du Gange.
En général, les hindous incinèrent les
morts mais ils abandonnent parfois des
corps dans le fleuve en vertu d'un autre
rituel.
«Le corps était décomposé et de
couleur bleuâtre mais le sadhu n'avait
pas peur de tomber malade», souligne M.
Singh. «Il s'est assis sur le cadavre, a
prié une déesse des crématoriums et lui
a fait une offrande de chair avant de
manger.»
M. Singh raconte que le sadhu a mangé une
partie du coude, convaincu que cette «nourriture»
l'empêcherait de vieillir et lui
donnerait des pouvoirs surnaturels, comme
la capacité de léviter ou de contrôler
la météo.
Le réalisateur, qui n'a vu aucune trace
de ces pouvoirs, compte poursuivre ses
recherches sur la secte en filmant des ascètes
à différentes périodes de leur séjour
de 12 ans chez les Aghoris. «C'est une
vie fascinante et je veux en savoir plus»,
explique-t-il.
Selon M. Singh, le documentaire, qui a coûté
350 000 roupies (environ 10 000$), sera
projeté au Festival asiatique des
premiers films à Singapour fin novembre.
On avait déjà écrit sur la secte, mais
ses rituels avaient rarement été filmés
par le passé. |