MANICHÉISME

 

Par Pierre Allard 
Tiré d'un futur ouvrage à paraître

        Système religieux fondé par Manès. Dualisme radical emprunté aux mythologies mazdéennes, gnostiques, juives, chrétiennes et bouddhistes. Le manichéisme est une gnose dualiste qui place aux origines deux principes coéternels et radicalement opposés l’un à l’autre ; la lumière et les ténèbres. Mani ou Manès né à Babylone le 14 avril 216 (8 nisan de l’année 527 des astronomes de Babylonie) s’est présenté comme l’ultime révélateur, comme le sceau de tous les prophètes et de tous les fondateurs de religion, chargé par le Messager divin de créer l’Église des derniers temps, celle du Royaume de la Lumière. Suite aux échecs de tous ses prédécesseurs, notamment de Zarathoustra, du Bouddha et de Jésus, Mani a mission de transmettre la révélation définitive destinée à illuminer tous les hommes qui accepteront la *Gnose.  Celle-ci seule est capable de leur tracer la route du salut. Gnose dualiste révélée par le Paraclet promis par Jésus, gnosticisme totalitaire prétendant englober tout le savoir et toute la vie.  Le manichéisme est devenu une Église organisée par Mani lui-même qui la dota de ses propres Écritures, de ses cadres et de ses institutions. Infatigable et audacieux, ses missionnaires ont sillonnée les routes d’Asie, d’Europe, d’Afrique du Nord et malgré des persécutions incessantes et impitoyables ont réussi à former partout des communautés gnostiques vivantes et agissantes (Catholicisme, t. 8, 1977, col. 304)

Aspect biographique

        À l’âge de 12 ans, le jeune Mani, est membre des elkhasaïtes [les baptiseurs] puis reçoit la visite du Messager du Royaume de la Lumière, l’ange at-Taûm, le « Jumeau » Ce « compagnon », [cet Esprit] le Paraclet des Kaphalaïa coptes, vient trouver Mani une seconde fois, le 19 avril 240. (Cet esprit lui donne l’ordre d’abandonner les elkhaïtes (les baptiseurs) et de s’en aller proclamer à travers le monde entier les mystères qu’il lui a révélés. Le jeune réformateur séjourne deux ans dans le nord ouest de l’Inde où il a vécu dans ces communautés de bouddhistes que nous fait mieux connaître le Traité de la Grande Vertu de Sagesse de Nâgârjuna.  Ces contacts ont marqué le jeune Prophète. Il cite le Bouddha comme un de ses précurseurs au même titre que Zarathoustra et Jésus.  Les paroles de Mani citées ci-après, introduisent sa catéchèse. « Le Paraclet Vivant est descendu sur moi et à parlé avec moi. Il m’a révélé le mystère caché qui fut caché aux mondes et aux générations, le mystère de la profondeur et de la hauteur. Il m’a révélé le mystère de la lumière et des ténèbres, le mystère de la lutte, de la guerre, de la grande guerre commencée par les Ténèbres, etc.. »

Cosmogonie manichéenne

        Si la cosmogonie manichéenne est effroyablement compliquée, dit Paul Ranc, l’anthropologie l’est tout autant. Adam et Ève auraient été le résultat de l’accouplement de deux démons mâle et femelle ! Toutefois, Adam est délivré de son inconscience « bestiale ». Mais toute sa descendance, marquée du sceau de la sensualité, sera celle de la Matière. Ainsi toute l’humanité issue d’Adam est-elle celle du plan de la Matière, donc des Ténèbres. Seuls ceux qui auront compris que la Gnose [la connaissance] peut les délivrer des méfaits de la Matière seront sauvés.  Une ascèse et un mode de vie rigoureux seront nécessaires pour y parvenir. Ainsi les « élus » pourront remonter au « Paradis originel de Lumière » tandis que les autres seront condamnés à « renaître » et à subir une nouvelle naissance physique [transmigration] 

Culte

        La fête de Bêma inaugurait l’année religieuse de l’Église de Mani. Le mot grec bêma, bîm dans les textes asiatiques, tribune de l’orateur ou siège du juge, est devenu un mot technique du vocabulaire manichéen. Les Hymnes de Bêma fourmille d’emprunts bibliques tels que l’agneau conduit à la boucherie, le bon pasteur, le serviteur souffrant, l’assassinat du fils envoyé par le maître de la vigne, l’ignorance des meurtriers. Dans ces textes,  le rédacteur accorde une place importante à la glorification de Mani. Comme Jésus, il est ressuscité et monté en Haut. Ainsi, il est devenu le soleil dans le ciel, l’Illuminateur de l’Église. Si la fête de Bêma rappelle la souffrance de celui qui a donné son sang pour que la Gnose pénètre dans les âmes, elle insiste avant tout sur le triomphe qui a suivi sa mort. Pendant que les meurtriers se sont acharnés à détruire son corps, Mani est devenu l’arbre de la vie, le bon pasteur, la porte de la lumière, le Sauveur immortel. Bêma est aussi le jour de la rémission des péchés, elle est enfin la fête annuelle de la Gnose, la vraie célébration pascale de l’Église gnostique. En souvenir de la mort du Fondateur, elle était célébrée au terme d’un jeûne de 26 jours. Ce jeûne rigoureux rappelait la Passion de Mani.

Histoire

        Le manichéisme conserva un tel rayonnement que saint Augustin sera manichéen neuf ans (de 373 à 382) avant de devenir chrétien. On a longtemps hésité à rattacher Mani à la Gnose mais aujourd’hui grâce aux découvertes de plusieurs manuscrits en Algérie et en Chine permit de mieux connaître cette religion qui, pendant plusieurs siècles offrit une alternative puissante au christianisme naissant. C’est par les réfutations des apologiste chrétiens et des Pères de l’Église de cette époque que les systèmes dits gnostiques nous sont surtout connus, en particulier par l’auteur inconnu des Philosophumena, par Irénée de Lyon dans son Contre les Hérésies, Tertullien dans le Contre Marcion, sans oublier la Pistis Sophia , écrit gnostique en langue copte datant du IIIe siècle. Mani possédait la volonté de synthèse de la Gnose : lorsqu’il reçut son « appel » en 241 (c’est-à-dire lorsque l’Esprit Vivant lui apparut pour lui révéler la « doctrine des trois temps » expliquant le début, le milieu et la fin du monde) il se considéra alors comme le successeur de Zoroastre, de Bouddha et de Jésus dont il pourrait seul accorder les dogmes différents. Alors que tous les gnostiques admettaient trois principes : le Dieu étranger, le Démiurge créateur du monde et le Cosmocrator régnant sur les démons, Mani n’en reconnaissait que deux : la Lumière et les Ténèbres, ayant précédé l’existence du ciel et de la terre.  On parle souvent du manichéisme comme d’un système mettant les bons d’un côté, les méchants de l’autre : c’est là une interprétation fausse de son dogme dit Alexandrian. Tout le monde est mauvais dans le manichéisme ; hommes, animaux, plantes, sites, ont tous été crées avec de la matière ténébreuse soit par le démon Ashaqloun lui-même, soit par ses archontes. La seule chance de salut est d’entendre un « appel » du Messager de la Lumière. Il n’y a pas de bons, il n’y a que des « appelés » prenant conscience du tragique de la condition humaine et sachant expulser d’eux-mêmes les ténèbres, au moyen d’une conduite ascétique comportant l’abstinence de la viande et du vin, le renoncement à la propriété individuelle, le refus du  mariage. Le manichéisme influença du VIIIe au XIIIe siècle les Pauliciens de Syrie, les Bogomiles de Bulgarie, les Patarins de Bosnie et de Dalmatie et surtout les Cathares (ce qui signifiait les « Purs ») répandus dans l’Italie du Nord et dans le Midi de la France. Il y eut aussi des Cathares en Flandres, en Angleterre, en Allemagne où l’on en brûla un grand nombre à Cologne en 1163 mais ceux du Languedoc ou Albigeois, furent les plus célèbres parce que leur répression prit la tournure d’une guerre de religion, illustrée par les massacres de Béziers en 1209 et la chute de la forteresse de Montségur en 1244.  Il y avait encore de nombreuses églises manichéennes au XIe siècle dans le Turkestan oriental. En dehors du manichéisme, qui en fut une application restreinte, l’esprit de la Gnose a subsisté jusqu’à nos jours. Tous les grands philosophes occultes ont été d’une façon ou d’une autre, les continuateurs des gnostiques, sans en reprendre nécessairement le vocabulaire et les thèmes, sans se préoccuper toujours du Plérôme, des Éons et du Démiurge. Le cours de Cornelius Agrippa à l’Université de Pavie, en 1515, roula entièrement sur le Poïmandrès d’Hermès Trismégiste. Jacob Boehme, Louis-Claude de Saint-Martin,  Samaël Aum Weor, introduisirent dans leur système le culte de Sophia ; Eliphas Lévi reprit l’idée du voyage cosmique de l’âme après la mort, de planète en planète, vers l’Absolu divin. Stanislas de Guaita, bien qu’il s’intéressât surtout à la *Kabbale , écrivit à Péladan : « La science n’est qu’une moitié de la sagesse : la foi en est une autre moitié. Mais la gnose est la sagesse même, car elle procède des deux (Lettres inédits à Joséphin Péladan, Lausanne, Pierre Genillard) »  En France Jules Doinel fonda l’Église gnostique universelle en l’an 1890 qui fut décrété « l’an I de la Restauration de la Gnose » Cette religion, se voulant scrupuleusement conforme au gnosticisme, débuta avec onze évêques titulaires dont une Sophia (femme évêque) et un grand nombre de diacres et de diaconesses. Leur siège primatial fut établi à Montségur, où un synode en 1893 élut Jules Doinel comme patriarche sous le nom de Valentin II. Mais en 1884, celui-ci résilia sa fonction et l’on prit pour le remplacer Léonce Fabre des Essarts, qui se fit appeler Synésius. À la fin du XIXe siècle, il y avait des églises gnostiques dans seize villes de France.  René Guénon, se ralliant à ce mouvement, lança en novembre 1909, La Gnose, organe officiel de l’Église gnostique universelle. Le XXe siècle a opéré la consécration de la Gnose. Outre René Guénon et son ami Frithjof Schuon qui avec ses disciples travailla à réaliser « l’unité transcendante des religions » les surréalistes furent indéniablement les représentants de la Gnose moderne, préconisant le salut par le rêve. Albert Camus a écrit ensuite un roman gnostique l’Étranger en sachant que la qualité d’étranger (ou allogène) était la fierté de tout participant à la Gnose. Raymond Abellio interpréta la Bible comme un système d’allégories à déchiffrer, à l’exemple de *Simon le Magicien disant que le Paradis de l’Ancien Testament symbolisait la matrice de la femme. Un livre sur la Gnose du XXe siècle devrait inclure également le romancier fantastique H.P. Lovecraft, s’inspirant de la relation syriaque de Téodor bar Konaï sur le manichéisme.  Après la Seconde Guerre mondiale s’affirma aux États-unis une cosmologie déductive que la critique américaine appela en 1969 « la Gnose de Princeton ». Finalement, les gnostiques modernes sont également ceux qui cherchent les points de concordance de toutes les religions, qui revendiquent une morale anticonformiste, une prise en compte dans la connaissance des intuitions de la pensée magique, bref dit encore Alexandrian, ceux qui proposent une méthode de salut aux êtres se sentant « étrangers » en ce monde.

Son influence dans les sociétés secrètes modernes

        Nous remarquons dit Ranc, qu’il y a convergences entre le Manichéisme et la doctrine du Lectorium Rosicrucianum. Ressemblance dans le fond : le dualisme entre l’Esprit et la Matière, une cosmogonie et une anthropologie communes sur bien des points, ressemblance dans la forme : le vocabulaire surtout nous frappe. Des expressions comme l’ « Homme primordial » Esprit, Matière, etc. ont la même connotation de part et d’autre (Ranc, p. 48)  Mani signifie en sanscrit « gemme », pierre précieuse. Dans un hymne manichéen, le « Chant de la Perle » tiré des Actes de Thomas, il est salué du titre de « Fils de roi » Dans cet hymne on nous raconte que le Créateur a posé dans le corps d’Adam une perle précieuse qui, passant de corps en corps, a donné naissance à Jésus dans le sein de Marie. Lui-même, Mani, se dit fils d’une veuve, donc conçu par l’opération du saint Esprit ; (Les Francs-Maçons, qui sont les authentiques héritiers des Manichéens, s’appellent encore aujourd’hui entre eux, les Fils de la veuve.  Le manichéisme est bien, comme toute gnose, une hérésie qui s’est développée sur le tronc chrétien comme une tumeur parasite. En effet, Mani se dit fidèle disciple de Jésus. Ses lettres commencent par la formule : « Manichaeus apostolus Jesu Christi » Il a même composé des hymnes en l’honneur de Jésus. Le manichéisme a été considéré comme l’hérésie la plus funeste dit Bizouard, c’est la seule qui ait été prédite avec tous ses caractères particuliers, c’est le vrai mystère d’iniquité prédit par l’apôtre saint Paul, c’est l’hérésie que l’Esprit Saint a signalée comme étant la plus dangereuse, c’est enfin l’hérésie de la fin des temps (Bizouard, t.1, p.436)  Voir aussi Gnosticisme


BIZ 1. — les principes originaux du manichéisme, oubli de la révélation primitive. Il y a deux sources de révélations : l’une bonne, qui est la vérité même ; l’autre mauvaise, origine de l’erreur. Les unes émanent du Créateur, les autres de l’esprit malin, ennemi de l’homme. Moïse nous append que Dieu, dès le principe, se révéla à nos premiers parents et leur fit une défense. Satan intervint et leur dit qu’en la violant ils seraient comme des dieux. Cette double manifestation a continué durant la longue suite des âges : 4-5 ; révélations opposées ; Dieu ou des dieux, lumière et ténèbres se sont substitués au premier principe méconnu par les Gentils. Les sages de Chaldée reconnaissaient un feu, principe intelligent, lumière incréée, ayant pour ministres des dieux bons et mauvais, il fallait se rendre propices ces dieux ministres, parcelles de la lumière incréée qui remplit l’espace entre les astres : 7 ; L’âme de la matière, ayant son siège à une grande distance de notre monde, perd son éclat à mesure qu’elle s’éloigne de sa source, dont la pureté et la clarté ne peuvent se concevoir ; devenue matérielle au degré le plus inférieur, elle forme le chaos, et son ensemble la chaîne d’Osiris, dont l’une des extrémités est la lumière, principe actif, et l’autre les ténèbres, principe passif : 8 ; - pour Plutarque, la vie est conduite par deux principes, l’un est l’auteur de tout bien, l’autre de tous maux .. c’est Oromase et Ahriman. Pour éviter le matérialisme et le panthéisme, Plutarque tombe dans le manichéisme : 242 ; - Oromase et Ahriman : 242 ; - reconnaissaient un Dieu lumière et un Dieu ténèbres, deux génies maîtres absolus, dont l'un faisait le bien, l'autre le mal, deux principes coéternels : 435 ; - il serait difficile d’exposer ici ce manichéisme puisqu’on a compté plus de soixante-dix sectes de manichéens, qui se divisent et se contredisent, quoi qu’il en soit, Manès reconnaissait les deux principes, il disait aux chrétiens qu’il admettait comme eux une puissance de ténèbres ; mais ne pensant point qu’elle fût l’œuvre d’un dieu bon, il fallait supposer qu’elle était éternelle et incréée comme lui. Il n’était point l’inventeur de ce système, puisque Pythagore, Platon, etc. supposaient cette co-éternité. Loin de penser que le mauvais principe fût égal au bon, il supposait au contraire, que le bon avait envoyé l’esprit vivant pour enchaîner dans les airs ou reléguer sur la terre le démon, auquel il ne laissait de puissance et de liberté qu’autant qu’il le jugeait à propos pour ses desseins ; mais le démon ayant usé de cette puissance pour former l’homme et la femme, l’âme unies au corps, étant céleste, doit être purifiée avant de retourner à sa source divine et ce n’est qu’après des transmigrations nombreuses, après avoir animé différents corps, traversé la région de la matière, et passé dans la lune pour arriver au soleil qu’elle parvint à la colonne de gloire : 435 ; - ils rejetaient l'Ancien Testament, en opposition, disaient-ils, avec le Nouveau.  Ils condamnaient le mariage qui ne sert qu’à perpétuer la captivité des âmes. Les manichéens rejetaient les sacrements, le culte des saints, celui de la croix, des reliques, des images, etc. 444 et 521 ; pour eux, il n’y a ni bien ni mal moral, mais bonheur et malheur. Le manichéisme a été considéré comme l’hérésie la plus funeste ; c’est la seule qui ait été prédite avec tous ses caractères particuliers, c’est le vrai mystère d’iniquité prédit par l’apôtre saint Paul, c’est l’hérésie que l’Esprit Saint a signalée comme étant la plus dangereuse, c’est enfin l’hérésie de la fin des temps :  436) ; - Manès jurait haine éternelle aux rois ; admettait le principe d'égalité, tout appartient à tous disait-il. Il n’y a ni pauvres ni riches : 436 ; - ils rejetaient les sacrements, le culte des saints, celui de la croix, des images ; ils prétendaient que le Dieu bon n'inspire aucune crainte pour les crimes, le mauvais, quoi qu'on fasse est toujours notre perpétuel ennemi, avec eux,  tout est fatal, inévitable ; 436 - nous verrons un jour les Réformés devenir ses disciples, ce qui permet de suivre la filiation du manichéisme jusqu'à nos jours : 436-437 ; - ce principe d'égalité, c'est celle qui sera le communisme, idée qu'avait déjà réalisé en Grèce Lycurgue et qui fit sa révolution par la terreur : 437n ; - la nature serait l'oeuvre d'un Dieu méchant ; - que le Dieu bon ne peut faire une créature criminelle : 444 ; - les manichéens formaient une infinité de sectes qui s'accordaient pour rejeter les sacrements, le culte de la Vierge, des saints, celui de la croix et des images : 521 ; - malgré leur variante entre elles, tous reconnaissaient un Dieu bon et un Dieu mauvais ; la kabbale, les superstitions magiques : 521 ; - ils se posaient en vrais chrétiens et citaient à tout propos les vérités de la Sainte Écriture. Tantôt s'alliant avec d'autres hérétiques, ils se transformaient en une nouvelle secte : 521-522 ; - ils s'attaquaient avec acharnement et se séparaient. Au 7e siècle, ils deviennent Pauliciens, au 9e siècle, divisés en sectes ennemies, ils se font une guerre sanglante. Leur aversion pour la croix et le culte des images leur concilia l'affection des Sarrasins (Musulmans) S'allièrent secrètement aux Gnostiques, prônant l'anéantissement du catholicisme et le renversement des rois.  Corrompirent les Templiers et enfanta dit-on les ancêtres des francs-maçons : 522 ; - le synode d'Orléans au XIe siècle, suite à une enquête décrit leur cérémonie  satanique. Les Manichéens transportés en Occident s’assemblent par intervalle dans une maison désignée ; là, un flambeau à la main, ils parcourent en chantant la liste de plusieurs démons, jusqu’au moment où l’un d’eux descend au milieu de l’assemblée, sous la forme d’un petit animal ; alors on éteint les lumières et chacun copule avec la personne qu’il rencontre, fût-ce sa mère ou sa fille. L’enfant né de cet accouplement est brûlé, et les cendres sont respectées et soigneusement conservées car la puissance du démon y réside (D’Achery, Spicileg., I 605). En rapportant toutes ces hideuses cérémonies [dit Bizouard] on ne peut s’empêcher de faire remarquer combien le démon se plaît à avilir l’homme qui se livre à lui. Il semble qu’il veuille dans cette image de Dieu assouvir la haine qu’il porte au Créateur : 525.  

Bibliographie : H. Puech. Le Manichéisme, son fondateur, sa doctrine. Paris, 1949. ;  J. Ries. Manichéisme, in Catholicisme hier aujourd’hui demain, t. 8, fasc.34, col. 304-322, Paris, 1977 (abondante bibliographie) ;  Henri-Charles Puech. Histoire des religions, T. 2. Paris : Gallimard, 1972, p. 523-645 ; J. Ries. Introduction aux études manichéennes [Analecta Lovaniensia Biblica et Orientalia, Ser. III, fasc. 7, Louvain, 1957, pp. 453-482 et Ser III. Fasc.II, Louvain, 1959, pp. 362-409 ; R. Jolivet et M. Jourjon. Six traités anti-manichéens, « Oeuvres de saint Augustin », 17, Paris, 1961 ; Fr. Cumont. Recherches sur le Manichéisme, I : la cosmogonie manichéenne d’après Théodore bar Khôni, Bruxelles, 1908 ; Traité Chavannes-Pelliot. Un traité manichéen retrouvé en Chine dans Journal Asiatique, nov.-déc. 1911, pp. 499-617 ; H-Charles Puech, Un catéchisme manichéen chinois inédit (Manuscrit Stein 508 du British Museum) dans Acte du XXIe Congrès International des Orientalistes, Paris, 1950, pp. 350-354 ; P. Alfaric, Un manuscrit manichéen. Le document de Tebesca, in Revue d’Histoire et de Littérature religieuse, N.S. VI, 1920, pp. 62-98 ; Isaac de Beausobre. Histoire critique de Manichée et du Manichéisme. 2 vol. Amsterdam, 1735 et 1739, Cologne, 1970 ;  Histoire du christianisme des origines à nos jours. Tome II, Naissance d’une chrétienté (150-430) sous la responsabilité de Charles et Luce Pietri. Paris : Desclée, 1995, pp. 34-38 ; Alexandre de Lycopolis. Contre la doctrine de Mani. Tr. Fr. avec un abondant commentaire de A. Villey. Paris, 1985 ;  Saint Augustin. Six traités anti-manichéens, Œuvres de saint Augustin, t.17, texte, traduction, introduction et notes par René Jolivet et M. Jourjon, Paris, 1961 ; F. Decret. Mani et la tradition manichéenne. Paris, 1974 ; H. Jonas, La Religion gnostique. Paris, 1978 (tr. fr. de l’éd. anglaise de 1970) pp. 272-314 ;  Émile Bréhier. Histoire de la philosophie. Chap. Le gnosticisme et le manichéisme. I, Antiquité et Moyen Âge.  Paris : Presses universitaires de France, 1989, p. 442-443 ; Paul Ranc. La Rose Croix , mythe ou réalité ?  Lausanne, Éditions du Rocher, 1985, pp. 46-48 (et les sociétés secrètes) ;  Bulletin de la Société Augustin Barruel. Centre d’études et de recherches sur la pénétration et le développement de la révolution dans le christianisme. No 21, 1992, pp. 59-60  « Aux sources du bouddhisme. Le bouddha de lumière : Mani » ; Alexandrian. Histoire de la philosophie occulte. Paris : Payot et Rivages, 1994, pp. 64-70  

Wébographie. 

Pour en savoir plus, quelques liens :

http://www.cosmovisions.com/%24Manicheisme.htm

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/Regards_sur_le_manicheisme.asp


 

Sigles des auteurs érudits catholiques indexés :

Joseph Bizouard. Rapports de l'homme avec le démon. Essai historique et philosophique. Paris, Gaume frères et J. Duprey éd. 1863. 6 vol. [BIZ 1-6] 

 

Henri-Roger Gougenot des Mousseaux. Dieu et les dieux ou un voyageur chrétien devant les objets primitifs des cultes anciens. Les traditions et la fable. Monographie des pierres dieux et de leurs transformations. Paris : Lagny Frères, éditeurs, 1854, 587p. [DD]

 

Henri-Roger Gougenot des Mousseaux. Les hauts phénomènes de la magie. Paris : Henri Plon, 1864, 480p.[HP]

 

Henri-Roger Gougenot des Mousseaux. La magie au XIXe siècle, ses agents, ses vérités, ses mensonges.  Paris : Henri Plon / E. Dentu, 1860, 439p. [MD]

 

Henri-Roger Gougenot des Mousseaux. Les médiateurs et les moyens de la magie. Paris, Henri Plon, 1863, 447p. [MM]

 

Henri-Roger Gougenot des Mousseaux. Moeurs et pratiques des démons ou des esprits visiteurs. Nouv. éd. refondue et fort augmentée. Paris, Henri Plon, 1854, 435p. [MP]

 

Ferdinand Gombault. L'imagination et les états préternaturels. Étude psycho-physiologique et mystique. Blois : C. Migault et Cie, 1899, 643p. [GOM] 


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