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Des mormons à l'Église |
Source : Coming Home Network
Par Eric D. Davis Jr.
« J'ai trouvé l'évangile glorieux .... »
Comme ces mots résonnent toujours en moi ! Je porterai toujours ce mélodique cantique dans mon coeur. C'est l'hymne de ralliement de l'« Église réorganisée de Jésus-Christ des saints des derniers jours »(mormons) que j'ai chanté depuis le temps où j'étais assez vieux pour lire ces mots dans le livre des cantiques. Ces mots ont pris une nouvelle signification pour moi le jour du 15 mars 2000 lorsque j'ai compris avec certitude que je voulais - non, que j'avais la nécessité - de joindre l'Église Catholique.
Tout a débuté très innocemment. J'ai rencontré une jolie fille. Une beauté blonde cintrée dans un jeans noir telle que je n'en avais jamais vue de ma vie. Nous travaillions tous les deux dans un restaurant rapide pour joindre les deux bouts à Manhattan, Kansas. J'étudiais à l'université d'État du Kansas pour l'obtention d'un diplôme d'architecture paysagiste. Son nom était Amy. Elle était de Wichita au Kansas, Elle appartenait à une longue lignée de catholiques fidèles. Laissez-moi mettre les choses au clair d'abord, quoique aucun d'entre nous n'était un «phare du christianisme», Amy n'étant plus active depuis au moins trois ans et pour ma part, j'utilisais l'excuse qu'il n'y avait pas de congrégation locale de mon mouvement afin de justifier mon attitude nonchalante à tout ce qui touchait la morale. Néanmoins, Dieu nous aimait toujours grandement et de le savoir nous rendait heureux l'un et l'autre. Notre amour fleurissait à travers cette certitude. Nos pensées et nos conversations tournaient autour du mariage. C'est la première fois que par cette porte, la religion a pénétré dans notre paysage.
Je me rappelle distinctement dire à Amy que « je ne me convertirai jamais - que je ne deviendrais jamais Catholique », bien qu'elle n'en ait jamais parlé. J'admets que j'étais intrigué par l'idée de disposer d'une « église locale» partout où j'irais dans le monde comme les catholiques en ont, en opposition à la situation que je vivais. Nous disposions de quelque temps pour mettre les choses au point - j'achevais mon diplôme et nous avions fixé la date de notre mariage dans 18 mois, pour l'heureuse occasion. Nous étions sur le point de découvrir que ces 18 mois allaient être beaucoup plus difficiles pour Amy que cela ne le serait pour moi.
Pour la célébration de tout mariage, vous avez besoin d'une église. Bien que Manhattan soit une assez grande ville (avec une population de 60,000 habitants) les choix sont quand même limités. Amy n'avait aucun désir de vivre un mariage catholique formel. Pour ma part, je n'avais aucun autre choix que de me marier dans l'église d'une autre dénomination. Pour ces raisons, nous avons commencé à faire du « magasinage » en nous fondant sur les apparences. C'est à ce moment que le premier «problème» surgit de Wichita. La mère d'Amy fut très claire sur le fait qu'elle n'approuverait pas notre mariage parce qu'elle le jugeait invalide si un prêtre ne le célébrait pas. J'étais en furie ! De penser que ses vues religieuses puissent bouleverser sa fille aux larmes était la première insulte «personnelle» que je recevais de l'Église catholique. Le deuxième problème surgit lorsque sa tante, sa marraine, confronta Amy lors d'une conversation qui s'est métamorphosée finalement en un match de cris à sens unique. Amy en fit les frais. Elle était comme une épave sanglotante après cela. Deuxième prise... aie-je pensé. Le coup fatal fut une lettre brève qu'Amy reçut après l'envoi d'une invitation à ses deux cousins plus âgés. Tous les deux étaient au séminaire. Ils étaient quand même près de Manhattan. Leur réponse commune a été de nous écrire qu'ils ne pouvaient pas assister à notre mariage, puisque mon grand-père célébrerait la cérémonie seul en l'absence d'un prêtre catholique pour l'assister . Ils considéraient donc notre mariage «invalide». Troisième prise ! C'en était assez ! Je me suis rendu à l'idée d'avoir un mariage religieux. Ces Catholiques sont de véritables empêcheurs de tourner en rond, pensais-je. Si j'avais besoin d'une preuve supplémentaire pour me convaincre de ce que l'on m'avait appris d'eux dans mon église, j'avais maintenant toutes les preuves dont j'avais besoin. Mon attitude au sujet du catholicisme était maintenant solide comme un roc !
Avant que la mère d'Amy ne consentisse à notre mariage, elle voulait que nous suivions une formation préparatoire au mariage. Amy et moi avions l'attitude de faire tout ce que qui était nécessaire pour avoir la paix et puisque sa mère payait pour cela, nous avons consenti. Le programme s'est avéré être beaucoup plus centré sur la communication et l'ouverture d'esprit que sur la religion et cela à notre bonheur à tous les deux. Amy et moi étions si honnêtes, l'un pour l'autre, dans le suivi du cours que pendant beaucoup d'exercices, nous terminions à l'avance passant le reste du temps à parler... La mère d'Amy a également proposé que je lise « Rome Sweet Home » avant le mariage. Tandis que j'acceptais de le lire, aucun des arguments du docteur Hahn ne me parut percutant. Je bloquais sur l'idée de la communion comme étant le sacrement le plus important et de la nécessité de le célébrer régulièrement. J'étais à ce moment très occupé avec la fin de mon projet de thèse. Je n'ai pas beaucoup réfléchi à ce bouquin au delà de cette différence fondamentale entre nos deux religions.
Notre mariage a été célébré en mai 1997 et nous étions dès ce moment de retour à Kansas City où j'exerçais un travail dans une société d'ingénierie. Amy avait deux boulots, l'un avec une station de télévision locale et l'autre pour le festival de la renaissance de Kansas City. Elle avait été acceptée à l'université d'Avila (un collège jésuite) où elle projetait de terminer son diplôme en marketing. Les temps devaient nécessairement être difficiles par la suite et mes parents vivants dans une très grande maison (Dieu les bénissent tous les deux), nous ont installé une cuisinette, nous ont prêtés des meubles en renonçant à leur sous-sol pour nous l'offrir. Ainsi nous pouvions économiser. Les semaines se transformèrent en mois et j'ai commencé à présenter Amy à ma famille de foi «mormone réorganisée» avec qui j'allais à l'église chaque dimanche. Elle était assez intriguée par notre foi pour en écrire un article de classe expliquant les différences entre l'Église LDS (Mormons) et l'église RLDS ( les Mormons réformés ou réorganisés). [Je projette d'écrire dans le futur et dans la même veine, mais en interposant la perspective Catholique pour cerner ce sur quoi les deux églises prêchent « un évangile différent »]. J'étais plein d'espoir sur la perspective qu'elle puisse finalement se convertir à ma foi et j'ai passé beaucoup de temps en prière et jeûnant pour cet espoir.
Le fait de retourner à l'église sur une base régulière a remué l'Esprit Saint en moi. J'ai commencé à vivre ma foi d'une meilleure façon. Amy et moi avons aussi commencé à participer au groupe de jeunes, co-mener par ma cousine et son mari. Nous avons construit une maison modeste. J'ai changé d'emploi pour une société d'architecture paysagiste et le travail d'Amy avec le festival de la renaissance s'est métamorphosé en position stable à plein temps. Nous nous sommes installés dans une vie confortable. Ce fut une période heureuse de notre vie.
En mai de l'année dernière, mon oncle, qui était pasteur à l'époque, m'a dit qu'il avait reçu un appel au sacerdoce pour moi. Mon cousin (et son gendre) avaient reçu aussi ce même appel. J'étais enchanté et excité à la pensée que Dieu m'appelait à participer à son ministère. Après la réception d'une longue formation sous la responsabilité de l'église (aujourd'hui, j'en rie en pensant de quelle moquerie du sacerdoce il s'agit...), j'ai été ordonné prêtre le 25 juillet 1999. J'ai été immédiatement insérer dans la «rotation» et j'ai commencé à faire la préparation de mon premier sermon en octobre.
Pendant ce temps et même avant qu'Amy et moi ne fûmes mariés, chaque fois que ma belle-mère avait une chance de parler à Amy à titre privé, la religion était toujours le sujet. Vicki offrit à Amy de la lecture. J'estimais qu'elle essayait de saper mes efforts pour la convertir à ma foi. À mon tour, j'ai offert à Vicki quelques travaux d'apologétique modestes dans l'espoir de la convaincre qu'il y avait plus de ressemblances que de différences entre nos deux églises. Le point culminant de ces efforts est venu quand Vicki envoya une série de cassettes à Amy après qu'elle l'eut visitée à Wichita vers la fin de septembre. Cette série avait comme titre «Mormonisme : grande apostasie ou succession apostolique ? ». L'orateur était un ex-adepte de l'«Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours» et un ex-ancien qui s'était converti au catholicisme. Les bandes étaient destinées à aider les catholiques afin de témoigner aux Mormons.
J'ai envoyé un courrier électronique à Vicki pour lui dire en premier lieu que j'étais fâché, mais que maintenant l'idée m'était venue que peut-être elle voudrait commencer un dialogue avec moi sur nos religions, via l'Internet. Elle a reconnu que ce serait excellent, bien qu'elle ne soit pas une apologiste. Elle pensait que je serais capable « de la noyer rapidement ». J'ai abordé cela comme une occasion de convertir Amy et sa famille entière par la suite. Comme j'ignorais tout de ce qui m'adviendrait suite à ma décision !
J'ai donné mon sermon en octobre. C'était un long discours sur la foi. Comment la foi produit dans le coeur du fidèle le désir de faire de bonnes oeuvres. ( Cela est-il familier aux catholiques qui me lisent ?:-) Ma foi était indéfectible. Amy et moi avons décidé d'écouter la série de cassettes ensemble pour que je puisse lui démontrer les inexactitudes de ce que l'orateur avait dû dire et ainsi répondre à Vicki par une réfutation point par point. Nous y avons fouiné avec plaisir.
La première chose qui m'a ébranlée fut lorsque l'orateur mentionna un procès où Joseph Smith avait été reconnu coupable d'être un «money-digger» - c'est-à-dire un chasseur de trésor. Une vieille pratique consistant à employer une «pierre de voyant» pour déterminer où un trésor était enterré. Les charlatans qui trafiquaient dans cette pratique. informaient un propriétaire de ferme qu'il y avait un trésor d'enterré sur sa propriété. La découverte d'un tel trésor comblerait aisément les honoraires du «chercheur de trésor» et financerait le creusage que les chercheurs effectueraient pour déterrer le trésor affirmaient-il au fermier... Comme aucun trésor n'était trouvé, «le voyant» essayait souvent de convaincre le propriétaire de la ferme que les esprits fâchés par la fouille l'avait déplacé plus profondément dans le sol, en le rendant plus difficile à trouver. Cependant, le fermier devait quand même payer les chercheurs de trésors pour le travail effectué avant de poursuivre la quête... Évidemment, un jour un propriétaire terrien furieux a estimé qu'il avait été embobiné par Smith et ses co-conspirateurs et l'a traîné en justice, trois ans avant que Joseph ne soit prétendument conduit aux plaques du livre de Mormon. Smith fut reconnu coupable d'être une nuisance publique.
J'étais capable d'émettre un «doute raisonnable» sur l'histoire de ce procès, cependant le fait que sa méthode pour rechercher un trésor enterré était la même méthode que Joseph avait utilisée pour le livre de Mormon m'a fait mal et douté. J'ai estimé qu'il ne fallait pas que je m'en fasse avec cela excessivement et donc j'ai réfuté le procès dans un courrier électronique à Vicki. Nous avons alors mis de côté les cassettes pendant quelque temps, comme nous étions occupés par d'autres activités.
Une nuit autour de Noël, Amy est revenue à la maison de son travail du centre commercial avec une histoire intéressante, que j'espère un jour, je pourrais la convaincre d'écrire. Une collaboratrice et son mari laissaient l'église des mormons réformés en se fondant sur la lecture d'un livret provenant d'une librairie située dans le mail. Amy pensa que cela ne me heurterait pas de lire cette brochure. J'ai accueilli l'occasion pour pouvoir témoigner de ma foi encore plus.
Nous sommes donc allés ensemble et avons acheté le livret. Nous l'avons ramené à la maison et j'ai négligemment commencé à le lire. Cette accidentelle lecture s'est bientôt métamorphosée en une fièvre dévorante. J'ai lu la brochure entière, les notes en bas de page et tout ce qu'elle contenait pendant la soirée du vendredi même. J'étais secoué à mes fondations. Comme j'étais pressé par un travail à terminer, il me fallait absolument aller au bureau le samedi. Sur le chemin, je tournais et retournais les choses que j'avais lues dans ma tête. Je me suis mis à parler à haute voix. Bientôt, je me suis retrouvé en prière. Je n'ai pas demandé à Dieu «de me montrer la vérité», comme chacun le fait selon ce que le livre de Mormon encourage les adeptes à le faire de cette manière précise . Au lieu de cela, j'ai demandé a Dieu si c'était son intention de le faire - j'étais si confus ! Je ne pouvais pas croire que je doutais sérieusement de l'église dans laquelle j'avais grandi et ainsi douter de l'appel au sacerdoce reçu par mon oncle pour moi, pour ne pas mentionner la nature même des Écritures saintes en lesquelles j'avais crûes pendant des années. La réponse fut instantanée et puissante. Un calme, une présence réconfortante m'a complètement envahie. L'amour et la paix lavaient mon âme en passant à travers moi. Les larmes ont coulé sur mes joues. Tout le temps que j'ai passé ensuite sur le chemin du bureau, j'avais ces espèces de pleurs haletants. Bien que j'avais cette expérience puissante, je n'étais pas préparé à retourner à la maison comme cela. Là où je n'aurais rien d'autre à faire que d'envisager mes doutes sur ma foi d'enfance. Il était beaucoup plus facile de m'immerger dans le travail du bureau. C'est ce que je fis. J'ai travaillé jusqu'à deux heures du matin ( récemment, j'ai appris qu'un des cousins séminariste d'Amy était alors en prière pour moi pendant une retraite et avait passé son temps à implorer pour ma conversion.)
Je projetais depuis un mois de prendre une vacance. Elle semble maintenant n'avoir pas été une simple coïncidence puisque la semaine où j'ai projetée de prendre celle-ci «à la maison», avait débuté par mon «expérience de la présence de Dieu» du samedi. J'ai fait la grasse matinée le dimanche suivant, comme je n'avais aucun désir d'aller à l'église avec tant de questions sur le coeur. Au lieu de cela, j'ai acheté un peu plus de lecture et une nouvelle Bible. Les projets que j'avais l'intention d'aborder à la maison pendant mes vacances sont tombés à l'eau. Je dévorais tout ce que je pouvais trouver par écrit comme sur Internet et qui de n'importe quelle façon était lié aux origines du mormonisme. Le mercredi (le 15 mars) je savais ce que je devais faire.
Il n'y avait plus aucun doute dans mon esprit quant à Église à laquelle je devais appartenir. Le facteur déterminant dans ma décision était l'autorité sur laquelle s'appuyait la véritable Église du Christ. Il n'y a que deux options de possibles pour quiconque cherche cette véritable autorité - il s'agit ou bien d'une église «restaurée» quelconque, ou bien de l'Église catholique. Mon avis était fait, bien que quelques questions demeuraient sur certains dogmes et pratiques (doctrines mariales, le baptême des enfants en bas âge, etc..) j'ai compris que ceux-ci étaient insuffisants et la résultante de l'anti-catholicisme subtilement insérée dans le livre de mormon et la version inspirée de la Bible de Joseph Smith qui m'avait été enseignée.
La partie la plus difficile pour moi était d'en parler à mes parents. Je savais qu'il n'y avait aucun autre choix que de leur dire. Ce serait la première fois que je m'assoirais avec eux pour leur dire que je rejetais quelque chose qu'ils m'avaient enseigné. Je manquais de force à cette idée. J'ai alors écrit une lettre décrivant ma conversion. Je l'ai fait parvenir à ma famille entière tout comme ceux avec qui j'avais occupé un ministère dans la congrégation. J'ai aussi envoyé une lettre à la présidence de l'église, demandant que mon nom soit rayé de leur registre. Ainsi, je pouvais librement m'engager dans la foi catholique. Au lieu d'un entretien avec mes parents, je leur ai dis que je laissais l'église et que la lettre que je tenais dans ma main expliquerait pourquoi. À l'époque, ma mère traversait de sérieux problèmes de santé. Mes parents se préparaient à partir pour Indianapolis afin de voir un spécialiste. Mon père ne m'a toujours pas pardonné d'avoir heurté si profondément ma mère à un moment si difficile. Je ne peux pas dire que je le blâme. Je ne recommanderais cette méthode à personne qui fait face à cette décision.
Depuis ce temps, j'ai vraiment « trouvé l'évangile glorieux ». Ma soif pour sa compréhension continue à être comblée par 2000 ans de tradition chrétienne. J'attends avec impatience le mois de septembre lorsque mes classes d'initiation chrétienne pour les adultes commenceront. Je ne peux plus attendre plus longtemps avant de prendre l'Eucharistie. Ma foi est finalement entière et totale. Enfin, je n'ai plus à faire de «gymnastique intellectuelle» pour défendre l'histoire et les doctrines de Joseph Smith. Je suis enfin libre d'expérimenter la plénitude du christianisme qui s'est transmis à moi à travers le temps par l'Église catholique. J'ai barbouillé beaucoup «de papiers» dans un effort pour trouver les mots par lesquels je puisse témoigner à ma famille, car je crois vraiment qu'ils voudront se joindre à moi dans l'« unique , sainte, catholique et apostolique Église ».
Mon coeur fredonne toujours :
« J'ai trouvé l'Évangile glorieux que l'on m'a enseigné dans mon enfance »
Vos commentaires et témoignages sont toujours appréciés, n'hésitez pas !