|
"Il sortit et il faisait nuit " : de l'athéisme pratique à l'Église |
Par Hélène Bourgeois
Dieu merci, la grâce prévenante m’a préservé de me perdre dans des chemins que le Seigneur n’avait pas préparés pour moi dans les sectes ou religiosités. Pour ma part, j’ai préféré la trahison de mon baptême par un athéisme pratique, me prenant longtemps pour une intello (j’ai fait des études en art et en histoire de l’art). Du haut de ma suffisance, j’avais rejeté Celui que j’avais pourtant aimé dans ma petite enfance et dont l’appel avait résonné depuis toujours dès les toutes premières années de ma jeune vie. En réalité, j’ai étouffé longtemps la voix de ma conscience confondant la voix de Dieu avec mon surmoi pharaon castrateur juge intérieur.
Quelle joie de pouvoir chanter les Miséricordes
de Dieu ! Comme je le disais, j’avais tout
rejeté. Les raisons sont simples :
« lâche ta béquille et construis-toi
toi-même…vous
serez comme des dieux »
(Genèse 3)… Il s’agit d’un long chemin
qui m’a enfoncé dans les ténèbres (qu’est-ce
qu’on en prend des détours pour trouver le
Bon Chemin !) au fil des ans. L’indifférence
est devenue un jour révolte contre Dieu et
phénomène de "déversion",
contraire de conversion : c’est un moment
qui arrive subitement qui nous fait rejeter Dieu
et tout ce qui va avec et dont on ressent une
pseudo-libération et un bien-être incroyable.
C’est un moment très fort et vraiment
libérateur – c’est ce qu’on croit au
moment où cela se passe – mais c’est à peu
près le même phénomène que lorsque
Saint-Jean dit de Judas : « il
sortit et il faisait nuit »
(Jean 13:30).
Sur le coup, on se croit libre mais
alors commence le combat du Seigneur pour nous
ramener à la vie. Comme le prophète Osée,
notre Dieu jaloux (que j’aime cette image…),
met des ronces devant son épouse infidèle, il
jette à terre nos Baal et nous conduit au
désert pour nous séduire. En des mots
simples : il m’a livré à mon cœur
endurci et je me suis mise dans la boue toute
seule comme une grande ! Une série d’épreuves
m’a conduite à une dépression et un dégoût
de la vie. J’étais alors enceinte de mon
deuxième enfant (j’ai 35 ans). C’est là
que j’ai touché le fond de ma misère. Mon
nom était Légion… je blasphémais
le nom de Dieu à tous les 3 mots (parfois 2) et
j’avais des idées suicidaires, morbides,
nihilistes. J’étais très en colère :
je haïssais la vie, la mienne surtout, je
haïssais Dieu et je haïssais le monde entier.
J’avais pourtant tout pour être heureuse.
Un jour, alors que j’étais en visite chez ma
mère, une cousine (qui venait de perdre son
époux, mort de la leucémie à 32 ans et la
laissant avec 4 enfants…4 garçons !) qui
était là aussi mais, contrairement à moi,
toute rayonnante de joie malgré son épreuve, s’est
mise à me parler du Père Verlinde et me disait
que je devais absolument écouter ses cassettes
d’enseignements concernant le Nouvel âge, l’astrologie,
etc... Poliment, je lui ai dit : non merci
! Pas besoin de ton *%!%$*!!?** de curé ! Par
ailleurs, son rayonnement me posait question (je
la trouvais franchement nulle d’être aussi
joyeuse !). Au moment où elle a mentionné qu’elle
priait et que sa foi la gardait dans une vivante
espérance, c’est comme si j’avais reçu une
tonne de briques sur la tête. Mmm prier…tiens,
tiens…il y a longtemps que je n’avais pas
fait ça… puisque je désespérais…je ne
voyais pas ce que j’avais à perdre. Elle a
finalement insisté pour me prêter les
enseignements…je les ai écoutés, avec une de
mes soeurs (qui aussi a vécu une conversion
depuis). Pour la première fois, un prêtre me
parlait de Jésus d’une manière tout à fait
nouvelle…c’était clair qu’Il était son
Seigneur et qu’Il pouvait devenir, à moi
aussi, mon Sauveur et mon Dieu. Son témoignage
m’a frappé de plein fouet…surtout cette
parole que je n’oublierai jamais et qui
me transperçait le cœur : « mon enfant,
combien de temps vas-tu encore me faire attendre
? »
Quelques jours sont passés et tout ça me
trottait dans la tête…nostalgie d’un amour
lointain, nostalgie d’un amour perdu…mais
comment revenir ? Jamais Il ne pardonnerait à
une vilaine si égarée…moment de désespoir…et
puis le miracle : ma grand-mère m’avait
donné un vieux missel du dimanche que j’avais
gardé, caché derrière mes livres de grande
culture artistique et historique, juste pour lui
faire plaisir. Je n’avais pas de Bible…"next
best thing"…un missel. Je suis tombée
sur « l’examen de conscience avant la
confession ». J’ai vu
en une seconde tout
mon péché…le
torrent…j’étais noyée de larmes de
contrition, de larmes de joie mais aussi de
sanglots de douleurs pour avoir fait souffrir l’Amour
en Personne…Jésus. Ceci est une expérience
sensible (comment le Seigneur a de la
délicatesse pour les pauvres incrédules que
nous sommes, Il permet ce genre de rencontre
quasi-réelle) de sa présence tout près de moi
qui me rassurait, m’enveloppait, me consolait,
une chaleur intense et un courant électrique
traversait mon être si asséché et refroidi
depuis longtemps. Je savais que j’étais
pardonnée…je savais que j’étais aimée…je
savais que Jésus était mon Sauveur et mon Dieu…et
qu’Il était là, tout près…avec Marie. Pas
de vision ni de phénomène médiumnique…seulement
une présence intense de Joie, de Paix. Le
lendemain…j’étais guérie des mots vilains
qui sortaient de ma bouche depuis l’âge de 12
ans alors qu’un esprit blasphémateur était
entré en moi (mon père sacrait comme un
charretier…). Le Seigneur m’a fait la grâce
de ne plus jamais prononcer son Nom en vain.
Premier signe qui m’a donné à voir sa
Puissance.
Lorsque mon mari est entré, il a crû que j’étais
encore dans un délire de dépression. Je lui ai
tout simplement dit : Dieu existe ! Dieu
est vivant ! Je retourne à l’Église tous les
dimanches dorénavant. Il m’a crû
complètement cinglée…ça y est, elle est
revirée complètement sur le top ! Je me suis
mise à méditer le chapelet tous les jours, à
lire la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse,
sans sauter une page (je l’ai lu au complet
durant mon congé de maternité) et de méditer
les oraisons de Sainte-Brigitte sur la Passion
(qui durent un an)…j’avais soif…je buvais
à grands traits…boulimie spirituelle ! Une
grande année de bienfaits…mais aussi de
purification douloureuse (un vrai diable dans l’eau
bénite !). Puis j’ai cherché à savoir
qui était ce père Verlinde dont j’avais
entendu les enseignements et je suis tombée
« par hasard » sur le site de la Famille
de Saint-Joseph (durant mes heures de
travail dans le merveilleux monde de la
publicité)… Famille spirituelle où je
trouverais peu à peu la guérison. J’ai
commandé des cassettes à soeur Pauline et nous
sommes devenues des petites soeurs
inséparables, dans le Coeur du Christ, elle
dans son ministère de vie consacrée, de mère
spirituelle, et moi dans mon ministère d’épouse,
de mère et de femme travaillant dans le monde.
D’un bout à l’autre du monde…pas de
frontière ou d’océan trop vaste pour l’Esprit
Saint !
J’ai quitté le monde mercantile de la pub
pour faire maintenant de la pub discrète pour
le Seigneur dans une maison d’hébergement
pour femmes immigrantes et leurs enfants
victimes de violence conjugale et familiale
après avoir passé un séjour de 3 ans en
paroisse comme secrétaire : « allez,
par le monde…faites des disciples »…ok
Seigneur, j’ai compris : Deuro Exo ! Ici
dehors…Il nous précède dans la Galilée
quotidienne de nos vies. Je vois, tous les jours
que Dieu fait, le Christ crucifié dans ces
femmes et ces enfants dont l’amour est
bafoué, dont la dignité est outragée…mais
ayant tout perdu, elles n’ont plus rien à
perdre…elles ne peuvent que recevoir, une
Parole, un regard, un geste d’Amour qui les
relève et les remet debout dans leur dignité d’enfant
de Dieu...
Voilà en gros (très gros !) mon histoire.
Depuis 6 ans (c’était en mars 1999)…l’histoire
d’Amour se poursuit…ou plutôt le Seigneur
me poursuit de son Amour…Je suis aussi une
enfant prodigue… la contrition de l’estomac
(« ouais, ben j’ai faim ici moi »
…) a été suffisante au Seigneur qui courait
vers moi au moindre petit signe de retour de ma
part…
Dieu
est grand ! Il est Père…Il est mon Père.
Hélène (juin 2005)
Vos commentaires et témoignages sont toujours appréciés, n'hésitez pas !