Pourquoi suis-je retourné à l’Église de mon enfance, l’Église catholique ?

 

Par Julien Ribic

       Un pasteur m’a posé la question pourquoi j’ai rejoint les catholiques après avoir été exclu des Témoins de Jéhovah. Je lui ai répondu que toute ma famille des deux côtés est catholique et je ne voyais pas quelle communauté j’aurais dû rejoindre : les luthériens, les pentecôtistes, les mennonites, les évangéliques, les adventistes, les baptistes, impossible de les citer toutes ?  Je me suis égaré une fois chez les Témoins de Jéhovah et je reste dans l’Église de mon enfance.  

        Je n’ai rien contre aucune de ces confessions et j’y ai même des amis. Les protestants et les catholiques  mettent plutôt l'accent sur la façon de rejoindre le Christ personnellement et de plus les catholiques insistent-ils sur la nécessité d'une Église dont l'autorité soit indiscutable et ils soulignent ainsi la nécessité d'un Pape, successeur de Pierre. Celui-ci doit être le garant de l’unité autour du Christ. 

        Ce qui importe, c’est notre propre relation avec Dieu et c’est un engagement de toute une vie à travers la prière, notre disponibilité envers le prochain et notre propre épanouissement spirituel. Je lis journellement la Bible et je m’y sens à l’aise.

        J’accepte la religion telle qu’elle est. Je rends grâce à Dieu de s’être révélé à moi dans ce cadre et de nous avoir exaucé maintes fois. Jésus nous a transmis la joie, la paix, bref le bonheur. Je ne cherche pas les fautes des autres. Nous sommes nés dans un milieu chrétien pour la plupart d’entre nous. Chacun peut y rencontrer notre Dieu d’amour.  

Ma religion répond à mes aspirations et je ne cherche pas à revenir en arrière.

        Je crois fermement au Christ mort et ressuscité. Sa Parole répond à mes et à nos problèmes personnels et je reste ouvert au dialogue. Je me sens bien au milieu de la fraternité  de notre paroisse et de ceux de notre famille selon la chair, catholique.  Il n'y a pas de marche solitaire vers Dieu.  

        Jésus-Christ se laisse trouver partout dans le monde au sein de chrétiens s’y trouvant. Il ne se refusera pas à ceux qui le cherchent.

Pourquoi Jésus s’est-il adressé aux sept Églises ?

        Quoique le chiffre sept soit un symbole de perfection, il a ici un sens littéral, mais on peut aussi penser que c’est l’Église catholique dans son ensemble au cours des siècles.  

        Pourquoi les sept Églises sont-elles représentées par des chandeliers d’or ? L’or est le métal précieux par excellence. Il représente la présence précieuse de Dieu. Et de même que les chandeliers  sont destinés à porter et à répandre la lumière, ainsi l’Église doit être le vase destiné à faire briller la lumière de l’Évangile dans le monde. Le Seigneur marche au milieu des Églises pour nous montrer qu’il est présent et qu’il voit tout.  

Regardons brièvement ce que Jésus veut dire aux sept Églises :

        La première lettre est adressée à l’Église d’Éphèse. Elle  avait une doctrine solide et était douée de discernement spirituel. Elle a su persévérer sous la souffrance : ni le monde ni la persécution lui posa problème. Cependant, elle avait perdu son premier amour pour le Christ et pour ses proches. L’arbre de vie, c'est-à-dire la vie éternelle, est pour ceux qui retrouvent cet amour et qui vaincront.  

        La deuxième lettre est pour l’Église de Smyrne. Elle est démunie, mais spirituellement riche. Elle est mise en garde contre une période future de souffrances. Les Juifs qui persécutent l’Église ne font pas partie du peuple de Dieu. Les membres  doivent vaincre et rester fidèles jusqu'à la mort.

        La troisième lettre est pour l’Église de Pergame. Elle a bien résisté aux assauts, mais quelques-uns glissent dans la fausse théologie des hérétiques. « À celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée ». La manne était la nourriture des Israélites dans le désert, la Parole de Dieu est la nourriture du fidèle qui l’empêche de tomber dans les faux enseignements concernant le Christ.  

        La quatrième lettre est destinée à l’Église de Thyatire qui est saine à bien des égards. Mais au sein du groupe, une femme exerce une influence malsaine. Beaucoup la suivent. Ceux qui sont fidèles vaincront et se voient promettre le pouvoir et la présence du Christ. Ils recevront l’étoile du matin, c’est Jésus lui-même (Apoc. 22, 6).  

        La cinquième lettre est adressée à l’Église de Sardes.  Elle est presque morte et ne peut pas résister aux attaques du monde. Ce n’est pas la persécution qui la menace, mais l’indifférence et l’autosatisfaction. Ses oeuvres sont creuses aux yeux du Christ. Un chrétien prouve par sa vie la réalité de sa foi. L’Église de Sardes doit retourner à la source de vie qui est la Parole. « Celui qui vaincra sera revêtu de vêtements blancs. » Il retrouvera son nom inscrit dans le livre de vie. À retenir : C’est le « livre de vie de l’agneau » (Apoc. 21, 27).  

        La sixième lettre est pour l’Église de  Philadelphie. Elle ne contient aucune critique. Cette Église est menacée par ceux qui s’arrogent le titre de Juifs. Le Christ encourage l’action de ceux qui lui sont fidèles. « Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la Cité de mon Dieu […] et mon nom ». La maison de Dieu qui est l’Église du Dieu vivant, est considérée comme la colonne (1Tim. 3, 15).  Le croyant ne cherchera pas la sécurité hors de l’Église. Il portera trois noms qui détermineront son identité : 1. Père, 2. Jérusalem, la Cité des élus (22, 3) et 3. Jésus-Christ. « Nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir » (Hébr. 13, 14).  

        La septième lettre est destinée à l’Église de Laodicée. Le dénuement spirituel de cette Église est en contraste avec sa prospérité et sa suffisance. Jésus leur dit :

« Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle et repends-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi . »

        Jésus  vient presque timidement et attend pour pouvoir entrer. Le vainqueur partagera avec lui et le Père, les privilèges que symbolise le trône.  

        Ces lettres aux sept Églises se terminent toutes par :

« À celui qui vaincra - et par - que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ce que l'Esprit dit aux Églises. »

        Une des leçons importantes à retenir de ces sept lettres, adressées à l’Église dans son ensemble et à chacun de nous, est la suivante : il y a des échecs et des imperfections. Dans la vie de l’Église et dans toute vie, il n’y a pas que des réussites. Nous nous reconnaissons certainement dans une ou plusieurs de ces lettres.  Il ne faut donc pas avoir peur des échecs apparents de l’Église ou dans nos vies. Toute vie, la nôtre et celle de l’Église, est un combat. Ces lettres sont parvenues jusqu’à nous. Elles font partie de cet Évangile éternel (Apoc. 14, 6) toujours vrai à travers les siècles. Jésus se tient encore à la porte et frappe jusqu’à ce que nous lui permettions d'entrer. Paul nous recommande :

      La victoire est dans les mains de Dieu, au terme de l’histoire. Si nous sommes attentifs aux exhortations et aux instructions de Jésus, nous serons parmi les vainqueurs.

Paul nous recommande :

« Que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu.» (Eph.3, 17-19).  

        Fidèle à Jésus et aux apôtres, l’Église a toujours annoncé, à travers les siècles,  «Jésus-Christ, crucifié et ressuscité» (1 Cor. 1, 23 ; 2,2), « la bonne nouvelle du royaume de Dieu et du nom de Jésus-Christ » (Act. 8, 13).

        Elle a donné à tous ceux qui ont crû au Christ, l'assurance d'être «enfant de Dieu» (Jean 1, 12 ; 1 Jean 3, 1 ; Gal. 3, 26 ; 2 Pi.1, 4). Elle a toujours révélé un Père plein de miséricorde et d’amour pour tous les hommes.

        Un chrétien se reconnaît pécheur et demande toujours le pardon de Dieu. Il se reconnaît dans les paroles de Jean-Baptiste et du centenier : « Je ne suis pas digne » (Math.3, 11 ; 8, 8). Nous ne méritons pas le salut : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés » nous écrit Saint-Paul. (Eph. 2,8)

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