« Rome
Sweet Home » de la foi de Luther à la
foi de Pierre »
par Scott Hahn
La
vie est pleine de surprises inattendues, et c’est
une joie et une surprise pour moi que de partager
comment je suis arrivé à comprendre que l’Église
Catholique est la famille de Dieu à laquelle Il
souhaite que tous ses enfants participent.
Fulton Sheen a dit un jour, je cite, qu’il n’y
avait pas 100 personnes aux États-Unis qui
détestent l’Église Catholique, bien qu’il
puisse y avoir des millions de personnes qui
détestent ce qu’ils croient à tord être l’Église
Catholique et son enseignement. Et, avec
soulagement, j’ai découvert que je faisais
partie de la deuxième catégorie. Car pendant des
années je me suis opposé à l’Église
Catholique et j’ai travaillé dur à ce que des
catholiques quittent l’Église. Mais j’en suis
arrivé à constater à travers de nombreuses
études et prières, que l’Église Catholique s’appuie
sur les Écritures.
Conversion
à Jésus à l’adolescence
Tout commence avec une expérience de conversion
que j’ai vécu au collège. Je n’ai pas grandi
dans une famille fortement croyante. Nous n’allions
pas au culte très souvent, et donc je n’étais
pas très religieux. Le Seigneur a utilisé dans
ma vie une organisation du nom de « Young
Life » qui avait pour objet de rejoindre les
jeunes scolarisés qui ne fréquentaient pas l’église.
Il a aussi utilisé un homme en particulier, du
nom de Jack, qui s’est pris d’amitié pour moi
et qui m’a partagé l’Évangile de
Jésus-Christ. Cela fit une différence importante
dans ma vie.
Très tôt durant mes années collégiales, j’ai
pris un engagement et j’ai demandé à recevoir
Jésus-Christ dans mon cœur; je lui ai demandé d’être
mon sauveur et mon Seigneur. Je lui ai remis mes
péchés et j’ai reçu le don du pardon et du
salut. Cela fit tout un changement pour moi et
cela m’a coûté beaucoup d’amis, mais le
Seigneur a,
dans un sens, plus que compensé cela en me
donnant de vrais amis, des amis en Christ.
Jack, qui m’a enseigné l’amour du Seigneur, m’a
aussi enseigné à lire la Bible et pas seulement
à la lire mais aussi à l’étudier, et pas
seulement à l’étudier mais aussi à la
pénétrer – à la lire et à la relire du
début à la fin. Au moment où je terminais le
collège, j’avais parcouru 2 à 3 fois la Bible,
entièrement. Et j’étais tombé amoureux de l’Écriture
Sainte. En conséquence, je fus convaincu d’un
certain nombre de choses.
Tout d’abord, en complément de la lecture de la
Bible, Jack m’avait prêté de sa bibliothèque
personnelle, les écrits de Martin Luther, les
écrits de Jean Calvin, et je devins un chrétien
protestant convaincu, non pas simplement un
chrétien fondamentaliste, mais quelqu’un qui
était convaincu que jusque dans les années
1,500, l’Évangile avait été pratiquement
englouti par toutes les superstitions médiévales
et toutes les pratiques païennes adoptées par l’Église
Catholique. Et donc ma première conviction était
d’aider mes amis catholiques à voir seulement l’Évangile
de Jésus-Christ, à leur montrer la Bible, et que
dans la Bible il faut simplement accepter
Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur, et que c’est
tout ce que cela prend. Aucune de ces
bêtises : pas de Marie, de saint, de
purgatoire, de dévotion… seulement demander à
Jésus d’être Seigneur et Sauveur.
À peu près à la même période, je fréquentais
une jeune fille qui était catholique, et notre
relation devenait plus sérieuse. Mais je savais
qu’elle n’aurait aucun futur si cette jeune
fille demeurait Catholique. Alors je lui ai donné
un gros volume, un livre de Lorraine Boettner,
intitulé « Roman Catholicism »
(catholicisme romain). C’est un ouvrage connu
comme étant la bible de l’anti-catholicisme. Il
y a 400 pages et plus, remplies de toutes sortes
de déformations et de mensonges au sujet de l’Église
Catholique. Mais je ne le savais pas à l’époque,
donc je le lui ai donné en toute bonne foi. Elle
le lut d’une couverture à l’autre, puis elle
m’écrivit cet été-là en disant :
« merci pour le livre, je n’irai jamais
plus à la messe ».
Et je rapporte cela avec une certaine honte et de
la tristesse, mais je le dis tout de même afin d’illustrer
la sincérité que partage beaucoup de chrétiens
fondamentalistes quand il s’agit de s’opposer
à l’Église Catholique. Je pensais alors que si
le bout de pain qu’ils adoraient sur l’autel n’était
pas Dieu, alors ils étaient idolâtres, ils
étaient païens, ils étaient à plaindre et à
dénoncer. Si le Pape à Rome n’est pas le
représentant infaillible du Christ qui peut
relier des centaines de millions de catholiques
dans leurs croyances et leurs pratiques, alors c’est
un tyran. C’est un dictateur spirituel, purement
et simplement. Et comme je ne croyais pas qu’il
était le vicaire infaillible du Christ, je
pensais qu’il était tout à fait correct pour
moi d’aider les catholiques à voir la même
chose afin d’obtenir à ce qu’ils quittent l’Église.
La seule personne catholique dans ma famille, des
deux côtés, c’était ma bien-aimée
grand-mère. Elle était très calme, très
humble, et très sainte, je dois admettre. Et elle
était aussi une pieuse catholique. Quand elle est
morte, mes parents m’ont donné ses objets
religieux. J’ai parcouru son livre de prière et
son missel, et j’ai aussi trouvé son chapelet
de perles. Toutes ces choses me rendaient malade.
Je savais que ma grand-mère avait une foi vive en
Jésus, mais je me demandais ce que tout ceci
pouvait signifier. Alors j’ai brisé son
chapelet de perles, et j’ai jeté le tout à la
poubelle. Je voyais ce chapelet comme une chaîne
dont, enfin, elle était libérée. C’était le
second aspect de ma perception à l’époque :
ces gens devaient avoir la foi mais elle était
entourée de mensonges, et donc ils avaient besoin
de chrétiens fondamentalistes affectueux pour s’en
sortir.
Après avoir terminé avec succès mes années de
secondaire, je décidais non seulement de
poursuivre dans le ministère mais aussi d’étudier
la théologie. Cette décision était un résultat
de l’étude que j’avais rédigée pour ma
dernière année de secondaire. J’avais écrit
un texte intitulé « Sola Fide ». C’est
une expression en latin qui signifie :
« la foi seule » ou « par la foi
seulement ». C’est en fait l’expression
que Martin Luther a utilisé pour lancer la
réforme protestante. Il disait que nous sommes
justifiés, nous sommes justes devant Dieu par la
foi seulement, et non par quelconque oeuvre que
nous aurions pu faire. Et pour lui, c’était l’article
sur lequel l’Église devait s’appuyer et sur
lequel elle avait chuté. Et à cause de cela l’Église
Catholique était tombée et l’Église
Protestante s’était élevée. J’ai écrit
cette étude en étant pleinement convaincu après
beaucoup de recherches que si ce point était
faux, tous les autres l’étaient aussi. Si on
dit « la foi et autre chose », on
pollue l’évidente vérité de l’Évangile. Et
c’est avec cette forte conviction que j’ai
commencé mes études universitaires.
Les
années universitaires
Mes 4 années d’université ont été utilisées
à obtenir un diplôme en Philosophie, en
Théologie des Écritures et en Économie, mais
aussi à oeuvrer au sein de « Young
Life ». Je voulais témoigner à Dieu ma
gratitude sur le fait qu’Il avait utilisé
« Young Life » pour me faire
connaître le Christ. Donc pendant ces 4 années,
je me suis dévoué à rejoindre les jeunes qui ne
connaissaient pas le Christ, et je reconnais que
les jeunes catholiques, dans les écoles
secondaires où je travaillais, en faisaient
partie, parce je les voyais comme de pauvres âmes
enténébrées qui ne connaissaient pas vraiment
Jésus-Christ.
Je découvrais après plusieurs études bibliques
que non seulement ces jeunes ne connaissaient pas
Jésus-Christ, mais que pratiquement tous les
élèves catholiques du secondaire que je
rencontrais, ne savaient même pas ce qu’enseignait
l’Église Catholique. Si un ou deux d’entre
eux savaient ce que l’Église enseignait, ils ne
savaient pas pourquoi. Ils n’avaient aucune
raison de rafraîchir leurs croyances en tant que
catholiques. Donc les amener à comprendre la
Bible, l’Évangile, comme je la comprenais
grâce à Martin Luther, dans une perspective
anti-catholique, c’était comme qui dirait
« un jeu d’enfant ». Ils n’étaient
pas prêts, ils n’étaient pas équipés, ils
étaient sans défense.
Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé
dans les 15, 20, 25 dernières années, mais en
pensant à ces jeunes, je me demande s’ils n’étaient
pas considérés comme des cobayes pour une
espèce d’expérimentation catéchétique, et
que les gens pensaient que nous pouvions nous
abstenir de les instruire des doctrines qu’ils
avaient besoin de connaître et des raisons de ces
doctrines. En tout cas, ils en étaient là. J’ai
vu plusieurs d’entre eux quitter l’Église et
d’une certaine façon je me suis opposé à eux
dans une sincère « bonne foi », mais
je me suis aussi opposé à eux parce que j’étais
moi-même mal informé.
Pour ma troisième année de ministère au sein de
« Young Life », j’ai demandé à une
jeune dame, la plus belle fille du campus,
si elle voulait se joindre à moi dans ce
travail auprès des jeunes. Kimberly me répondit
« oui ». Nous
travaillâmes ensemble pendant 2 ans et
nous eûmes un coup de foudre. Quelquefois nous
nous disputions comme frère et soeur au sujet des
différents chemins et des différents moyens de
rejoindre ces jeunes. Mais nous avons vraiment
grandi dans un respect réciproque, et à la fin
de ces 4 années universitaires, je lui demandai
si elle voulait m’épouser. Et je crois que le
mot le plus simple mais aussi le plus grand qu’elle
est jamais dit fût « oui ». Nous nous
mariâmes aussitôt la fin de nos études
terminées. Nous avions tous deux une même
perception. Nous voulions évangéliser ensemble,
nous voulions partager la Bonne Nouvelle de
Jésus-Christ, nous voulions ouvrir la Bible et la
rendre à la vie pour les gens.
Les
années de séminaires
Nous avons commencé le séminaire une semaine ou
deux après notre mariage. Quelle expérience ce
fût d’étudier la théologie ensemble. J’avais
pris un cours de 3 ans au séminaire
Gordon-Conwell à Boston, elle avait pris un cours
de 2 ans. Nous obtînmes tous deux notre diplôme.
Je terminais ces 3 années parmi les premiers de
la classe. Je ne dis pas cela par fierté, mais
pour montrer comment je poursuivais ces études
avec force. Les gens qui me connaissaient au
séminaire, me connaissaient pour être plutôt
acharné. Je passais presque toutes mes heures
libres à lire et à étudier les Écritures ou
des livres au sujet des Écritures qui en
faisaient davantage ressortir la signification. Si
je ne lisais ou n’étudiais pas, je magasinais
les boutiques de livres usagés pour trouver des
ressources. Ces 3 années furent pour Kimberley et
moi-même une grande aventure. Mais quelques
événements eurent lieu en cours de route, et il
me faut les relater car en regardant en arrière
je les vois comme des événements décisifs.
Il y eut tout d’abord un cours que Kimberley
suivait la première année, un cours que j’avais
suivi l’année précédente et qui s’intitulait
« Morale Chrétienne ». Le Professeur,
Mr Davis, avait réparti tous les étudiants en
petits groupes afin que chaque groupe puisse s’atteler
à un seul sujet. Il y avait un petit groupe sur l’avortement,
un autre sur la guerre nucléaire, un sur la peine
capitale. Un
jour, au dîner, Kimberley m’annonça qu’elle
était dans le groupe consacré à l’étude de
la contraception. Je me souviens avoir pensé à l’époque :
« pourquoi la contraception ? »
Lorsque je suivais ce cours, l’année
précédente, personne ne s’était inscrit pour
ce sujet, et je le lui dis. Elle répondit :
« et bien, 3 autres se sont inscrits et nous
avons eu notre première rencontre aujourd’hui.
Un certain se désigna lui-même comme président
de l’assemblée et il annonça les résultats de
notre étude avant même qu’elle ne commence. Il
dit : bien, nous savons tous en tant que
Protestants, comme « chrétiens de la
Bible » que la contraception est correcte
aussi longtemps que nous n’utilisons pas de
contraceptifs abortifs comme l’IUD et autres. Il
déclara plus tard, que les seules personnes qui
se disent chrétiennes et qui s’opposent au
contrôle artificiel des naissances, ce sont les
catholiques, et ajouta-t-il : « la
raison en est bien sûr qu’ils sont gouvernés
par un pape célibataire et dirigés par des
prêtres célibataires qui n’ont pas à élever
des enfants mais qui veulent que les parents
catholiques en élèvent beaucoup ainsi ils
pourront en tirer tout plein de prêtres et de
religieuses ».
Ce genre d’argument n’impressionna pas
vraiment Kimberley. Elle lui répondit :
« es-tu sûr que ce sont les meilleurs
arguments qu’ils offrent ? » Et je devine
qu’il a dû ironiser et dire : « et
bien, veux-tu le vérifier par toi-même ? »
Il ne faut pas poser ce genre de question à
Kimberley ! Elle a répondu :
« oui », et elle s’est intéressée
à vérifier cela par elle-même. Une semaine
passa et Terry m’arrêta dans un couloir pour me
dire : « tu devrais parler à ta femme;
elle a déniché quelques informations
intéressantes au sujet de la contraception
».
Des informations intéressantes au sujet de la
contraception ? Qu’est-ce qui est intéressant
au sujet de la contraception ? « Et bien, tu
sais, c’est ta femme, tu devrais voir ce qu’il
en est ». « Ok, Terry, je vais le
faire ».
Donc ce soir-là, au souper, je lui
demandai : « à quoi Terry fait-il
référence? » Et elle me répondit :
« j’ai découvert que jusqu’en 1930,
toutes les dénominations protestantes sans
exception, s’opposaient à la contraception sur
des bases bibliques ».
Alors je lui dis : « allons
bon ! Peut-être qu’il nous a fallu quelques
siècles pour se débarrasser des derniers
vestiges des résidus catholiques..? Elle me
répondit : « et bien, je vais étudier
cela ».
Puis une semaine plus tard, Terry m’arrêta de
nouveau et me dit : « ses arguments ont
du sens ». Je répondis : « les
arguments contre la contraception sur la base des
Écritures ? » Il dit : « tu
devrais lui parler ». « Ok, je vais
lui parler ». Vous savez, étant donné le
sujet, je pensais que je ferais mieux de lui
parler !
Alors j’ai abordé le problème et en guise de
réponse, elle me tendit un livre de John Kippley.
Il s’intitulait : « le contrôle des
naissances et l’alliance maritale » . Je
lus ce titre avec
intérêt parce que dans mes études personnelles,
après avoir lu la Bible à plusieurs reprises, j’étais
arrivé à cette forte conviction que si on
voulait connaître Dieu il fallait comprendre l’Alliance,
car l’Alliance est l’idée centrale de toute l’Écriture.
Donc, quand j’ai pris ce livre je fus
intéressé en voyant le mot
« alliance » dans son titre. Je l’ouvris
et je commençais à le lire, et je dis :
« attends un seconde, Kimberley, ce type est
catholique ! Tu t’attends à ce que je lise un
catholique? » Et immédiatement une pensée
s’imposant en moi à ce moment : qu’est-ce
qu’un catholique peut bien faire à mettre le
mot « alliance » dans le titre de son
livre ? Depuis quand les catholiques s’emparent
de mon concept favori ?
Donc, je commençais à lire le livre. Après 2 ou
3 chapitres, constatant que cela prenait sens, je
jetais promptement le livre en travers de mon
bureau. Sincèrement, je ne voulais pas que ce
livre soit sensé. Mais je le repris tout de même
et poursuivis ma lecture. Ses arguments étaient
plus que sensés. S’appuyant sur la Bible, sur l’Alliance,
il montrait que l’acte conjugal n’est pas
seulement un acte physique; c’est un acte
spirituel que Dieu a conçu et par lequel l’alliance
maritale se renouvelle. Et dans toutes les
alliances, nous avons la possibilité de
renouveler l’engagement, et
l’acte de renouvellement de l’alliance
est un acte ou un moment de grâce.
Quand on renouvelle une alliance, Dieu déverse sa grâce, et la grâce est vie, la grâce est puissance, la grâce est l’amour même de Dieu. Kippley montre comment dans l’alliance maritale, Dieu a conçu l’acte conjugal en vue de témoigner du pouvoir de l’amour à donner la vie. Dans l’alliance maritale, les deux ne font plus qu’un, et Dieu a désiré cela afin que lorsque les deux ne font plus qu’un, ils deviennent tellement « un » que neuf mois plus tard vous allez lui donner un nom. Et cet enfant qui est conçu, personnifie l’unité que Dieu a fait des deux au travers de l’acte conjugal. C'est uniquement pour ceci que Dieu a conçu l'alliance matrimoniale.
Dieu dit: faisons l’homme à notre image, à
notre ressemblance » et Dieu qui est 3 en 1,
fit l’homme, mâle et femelle, et il dit :
« soyez féconds et multipliez-vous ».
Les deux devaient devenir un, et lorsque les deux
deviennent un, le un qu’ils deviennent est un
autre, un enfant, et ils deviennent ensemble 3 en
1. Cela prenait de plus en plus sens, et l’auteur
passait aussi au travers d’autres arguments.
Avant d’avoir fini le livre, je fus convaincu.
Cela me dérangeait un peu tout de même que l’Église
Catholique fusse la seule dénomination, la seule
tradition ecclésiale sur terre qui défendait cet
enseignement chrétien séculaire enraciné dans
les Écritures, d’autant qu’en 1930, l’Église
Anglicane rompit avec cette tradition et commença
à permettre la contraception, et très rapidement
après cela, chacune des principales
dénominations protestantes céda sous la pression
croissante de la révolution sexuelle. Dans les
années 60-70, ma propre dénomination – l’église
presbytérienne des États-Unis d’Amérique –
approuva non seulement la contraception
mais aussi l’avortement sur demande ainsi que
les prestations fédérales pour l’avortement,
et cela me choqua. Je commençais à me demander s’il
n’y avait pas un lien entre le fait de donner un
peu de leste ici et là et plus tard de voir
soudain les digues se rompre. Je pensais :
« tu sais bien que l’Église Catholique
est là depuis 2,000 ans, elle doit
inévitablement avoir au moins quelque chose de
juste ». Nous avions une expression dans
notre famille allant comme suit : même un
cochon aveugle peut trouver un gland…et c’est
ce qu’il en était présentement, pensais-je. C’était
ma deuxième année.
Pendant ma troisième et dernière année de
séminaire, il se produisit quelque chose qui fut
comme une crise pour moi. J’étudiais l’alliance
et j’entendis parler d’un autre théologien
qui étudiait aussi l’alliance, le Professeur
Shepherd du Séminaire de Westminster à
Philadelphie. On me parla de Shepherd parce qu’il
était accusé d’hérésie. Les gens supposaient
que son hérésie venait de sa compréhension de l’Alliance.
Alors, je me procurai quelques documents qu’il
avait écrit, quelques articles, et je les lisais.
Je découvrais que le Professeur Shepherd arrivait
aux mêmes conclusions auxquelles ma recherche m’avait
amené.
Dans le monde protestant, la notion d’alliance
est pratiquement comparable ou interchangeable à
la notion de contrat. Quand vous avez une alliance
avec Dieu, c’est la même chose que d’avoir un
contrat. Vous donnez vos péchés à Dieu et Dieu
vous donne le Christ, c’est comme un
« marché » basé sur la foi, pour le
salut.
Mais plus j’étudiais et plus je constatais que
pour les juifs, et dans les Écritures Saintes, l’Alliance
diffère d’un contrat autant que le mariage
diffère de la prostitution. Dans un contrat on
échange un bien, un avoir, alors que dans une
alliance on échange des personnes. Dans un
contrat, vous dites : « ceci est à
toi, cela est à moi » , mais l’Écriture
montre que dans une alliance c’est :
« je suis à toi et tu es à moi ».
Même lorsque Dieu fait une alliance avec nous, Il
dit : «je serai ton Dieu et tu sera mon
peuple ». Après avoir étudié l’hébreu,
je découvrais que le mot hébreu pour
« peuple » signifie
littéralement : « famille »
« parents ». « Je serai ton Dieu
et père, tu seras ma famille, mes fils, mes
filles, ma maisonnée. » Donc l’alliance
produit des liens de parenté/intimité avec Dieu.
Dans ses articles, Shepherd disait sensiblement la
même chose : notre alliance avec Dieu nous
fait fils et filles de Dieu. Je pensais;
« et bien, c’est correct. » Je me
demandais quelle hérésie pouvait être
impliquée dans cela. Puis quelqu’un me
dit : « Shepherd remet en question la
doctrine de « la foi seule ». Quoi
? Mais pas du tout ! C’est l’Évangile.
C’est la simple croyance en Jésus-Christ. Il
est mort pour nos péchés; je crois en Lui. Il m’a
sauvé, purement et simplement; c’est un marché
conclu. La foi seule ? Il remet en question la foi
seule ? Pas du tout…
Je l’appelai au téléphone et je lui dis :
« j’ai lu vos écrits sur l’Alliance,
cela a bien du sens. Je suis arrivé à peu près
aux mêmes conclusions. Mais pourquoi cela vous
amènerait-il à remettre en question la doctrine
de Luther sur la foi seule ? » Dans la
discussion il me démontra que la conception qu’avait
Luther de la justification était très restreinte
et limitée. Il y avait beaucoup de vérité, mais
il en manquait aussi beaucoup.
Quand je reposais le téléphone, je poursuivis un
peu plus la réflexion et je découvris que pour
Luther, pour à peu près toute la chrétienté
biblique et le protestantisme, Dieu est un juge,
et l’Alliance est une salle de jugement dans
laquelle nous sommes tous tenus comme coupables de
crimes. Mais depuis que le Christ a porté notre
condamnation, nous obtenons son innocence, et il
prend nos péchés donc nous en ressortons
impunis; nous sommes justifiés. Pour Luther, en d’autres
mots, le salut est un échange légal, mais pour
Paul dans l’épître aux Romains, pour Paul dans
l’épîtres aux Galates, le Salut c’est cela
et bien plus que cela. Ce n’est pas simplement
un échange légal parce que l’Alliance n’est
pas l’équivalent d’une salle de jugement
romaine et pas davantage une salle de séjour
hébreu. Dieu n’est pas simplement un juge; Dieu
est un père, et ses jugements sont paternels.
Christ n’est pas simplement l’innocente
victime qui a pris notre punition, notre
condamnation; Il est le premier-né parmi de
nombreux frères. Il est notre frère aîné et il
nous voit comme des égarés, des prodigues, des
rebelles coupés de la vie de la famille de Dieu.
Et avec la Nouvelle Alliance, Christ ne fait pas
simplement un échange de façon légale, Christ
nous donne sa propre filiation afin que nous
devenions véritablement des enfants de
Dieu.
Quand je partageais cela à mes amis, ils
semblaient convaincus, disant : «Oui, c'est
bien Paul». Mais quand je me suis penché sur les
écritures de Luther et Calvin, je ne l'ai
plus trouvé. Ils m'avaient appris à étudier
l'Écriture sainte, et ce faisant, dans un sens,
j'ai découvert qu'il y avait quelques vides très
significatifs dans leurs enseignements. Donc, je
suis arrivé à la conclusion que la « sola
fide » est fausse. D'abord, parce que la
Bible ne le dit jamais où que ce soit.
Deuxièmement, parce que Luther a inséré le mot
«seul» dans sa traduction allemande, en Romains
3, bien qu'il sache parfaitement que le mot
«seul» ne se trouvait pas dans le texte grec.
Nulle part, l'Esprit Saint n’a inspiré aux
auteurs de l'Écriture Sainte à dire que nous
sommes sauvés par la foi seule. Paul enseigne que
nous sommes sauvés par la foi, mais dans Galates,
il dit que nous sommes sauvés par la foi oeuvrant
dans l’amour. Et c'est ainsi qu'il en est dans
une famille n'est-ce pas ? Un père ne dit pas à
ses enfants, «
Hé,
les enfants, puisque vous êtes dans ma famille et
que tous les autres enfants qui sont vos amis n’y
sont pas, vous ne devez pas travailler, vous ne
devez pas obéir, vous ne devez pas vous forcer à
rien parce que : hé ! Vous êtes sauvés.
Vous allez obtenir la succession peu importe ce
que vous faites ». Ce n'est pas ainsi que cela
fonctionne.
Donc, j'ai changé d'avis et je suis devenu assez
concerné par le sujet. Un de mes professeurs les
plus brillants, un homme nommé John Gerstner,
avait dit un jour que si nous avions tort sur la
« sola fide », il serait à genoux
demain matin, au Vatican à Rome,
pour faire pénitence. Bien sûr, nous
avons ri… quelle rhétorique!
Mais il avait fait passer son message;
c'est l'article de foi duquel toutes les autres
doctrines découlent. Et si nous avons tort là,
nous allons avoir de l’ouvrage pour trouver où
nous aurions pu nous tromper ailleurs. J'étais
concerné, mais je n'étais pas excessivement
concerné. À l’époque, je planifiais d'aller
en Écosse, étudier à l'Université Aberdeen la
doctrine de l'alliance, parce que c’est en
Écosse que la théologie de l’alliance
est née et s'est développée. Et je
désirais y aller et étudier là-bas. Donc, je
n'étais pas particulièrement préoccupé à
résoudre cette question parce que, après tout,
cela pourrait être le centre de mon étude
doctorale.
Puis soudain, nous fûmes informés que notre
nouvelle compréhension de la théorie de la
contraception avait provoqué un changement
d'anatomie et de physiologie chez Kimberley :
elle était enceinte ! Et Marguerite Thatcher
n'était pas intéressée par le soutien financier
de bébés américains nés dans son « grand
empire ». Donc, nous avons considéré la
situation; nous nous sommes rendus compte que nous
ne pouvions pas nous permettre d’aller en
Écosse au même moment. Nous devions prendre une
année, mais qu'allions-nous faire alors que nous
approchions de la graduation de nos études ? Nous
n’étions pas sûrs; nous avons commencé à
prier.
Pasteur
dans une église en Virginie
Le téléphone a sonné. Une église en Virginie,
une église bien connue dont j'avais entendu dire
beaucoup de bien, m'appelait et me dit,
«envisageriez-vous de poser votre candidature
pour être pasteur ici ? » Cela signifiait
prêcher un sermon d'essai, mener une étude
biblique, être questionné par les aînés qui
dirigeaient le comité. J'ai dit, « bien sûr ».
J’y suis allé, j’ai prêché un sermon, mené
une étude de la Bible, et rencontré le comité.
Ils me dirent que «c’était très bien; nous
vous voulons ici. En fait, nous vous payerons
assez bien pour que vous puissiez étudier au
moins 20 heures par semaine l'Écriture sainte et
la théologie. Nous voulons cependant, que vous
prêchiez au moins 45 minutes chaque dimanche
matin pour nous ouvrir à la Parole». 45 minutes
! Pouvez-vous imaginer ce qu'un prêtre
obtiendrait s'il prêchait pendant 45 minutes ? La
semaine suivante, ce sanctuaire et l'Église
entière seraient vides. Mais là, ils me
demandaient de prêcher au moins 45 minutes. J'ai
dit, « si vous insistez, vous me tordez le bras.
Bien sûr ». Et ils ont répondu, « Nous voulons
que vous nous immergiez dans la Parole de Dieu, »
et j'ai donc commencé.
La première chose que j'ai faite fût de leur
parler de l’Alliance. La deuxième chose fût de
corriger leur mauvaise compréhension de l’Alliance
en tant que contrat, pour leur montrer que l’Alliance
est synonyme de « famille ». La
troisième, de leur faire comprendre que la notion
de « famille de Dieu » donne
plus de sens à ce qui nous sommes et à
ce que Christ a fait, que quoique ce soit d’autre
dans la Bible. Dieu est Père, Dieu est Fils et
Dieu par l'Esprit Saint a fait de nous une seule
famille avec Lui. Et aussitôt, que j'ai commencé
à prêcher et à enseigner cela, c’est parti
comme une traînée de poudre. Cela s’est
répandu dans toute la paroisse; on pouvait
percevoir une influence dans les mariages et les
familles. C'était passionnant. La quatrième
chose que j'ai faite, fût de leur apprendre la
liturgie de l'Alliance et la famille, que dans
l'Écriture Sainte, l'Alliance est célébrée par
l'adoration liturgique au cours de laquelle la
famille de Dieu se réunit pour un repas pour
célébrer le sacrifice du Christ. J'ai suggéré
dans mes prêches et mes enseignements que
peut-être nous devrions avoir un repas de
famille, la communion. J'ai même utilisé le mot
«Eucharistie». Ils n’en avaient jamais entendu
parler auparavant. J'ai dit, « Peut-être nous
devrions célébrer le fait d’être la
famille-alliance de Dieu par une communion à
chaque semaine». «Quoi ?» J'ai répondu : « Au
lieu de se concentrer sur le sermon, pourquoi ne
pas l’utiliser comme un prélude et une
préparation pour entrer dans la célébration de
ce que nous sommes en tant que famille de Dieu ?
» Ils ont aimé.
Mais un homme s’avança et dit :
« Chaque semaine ? Vous savez l’habitude/la
répétition nourrit le mépris; vous êtes sûr
que nous devrions le faire chaque semaine ? Je
répondis : « Et bien, réfléchissons
une seconde. Dites-vous à votre épouse
« je t’aime » seulement 4 fois par
an ? Est-ce que vous lui dites : après tout,
chérie, l’habitude nourrit le mépris. Tu sais,
je ne veux pas t’embrasser plus que 4 fois par
an. Il m’a regardé et il m’a dit :
« j’ai saisi ».
Tandis que nous changions de liturgie, nous avons
senti un changement dans notre expérience vécue
en tant que paroisse mais aussi dans nos propres
familles. C’était enthousiasmant à voir, et
tandis que je leur enseignais davantage au sujet
de l’Alliance, ils avaient de plus en plus faim
et soif de savoir.
Tout en même temps, j’enseignais à temps
partiel dans un lycée (collège) chrétien qui se
rencontrait à l’église. J’avais certains des
plus brillants élèves jamais rencontrés, et ils
répondaient à mon enthousiasme au sujet de l’Alliance.
J’ai commencé à leur donner un cours sur l’histoire
du salut, et au début ils étaient méfiants
parce que c’était confus, tous ces noms et ces
lieux qu’on ne peut pas prononcer et pas
davantage donner de sens. Je leur présentais
ainsi la chose : « si vous vous figurez
l’Alliance comme une famille, c’est vraiment
simple ». J’emmenais mes étudiants dans
une revue des alliances de l’Ancien Testament
jusqu’au Christ. Tout d’abord vous avez l’alliance
que Dieu fit avec Adam; c’est le mariage, le
lien familial. La seconde alliance, c’est celle
que Dieu fit avec Noé. C’est une famille, une
maison avec Noé, sa femme, ses 3 fils et leur 3
épouses; ensemble il forme une famille de Dieu,
une maison de foi. Ensuite du temps d’Abraham,
la famille de Dieu grandit au point de devenir une
tribu familiale. L’alliance que Dieu fit ensuite
avec Moïse et Israël, avait 12 tribus qui sont
devenues une nation, mais par cette alliance elle
est devenue la famille nationale de Dieu son
peuple. Jusqu'à ce que finalement le Christ
établisse la Nouvelle Alliance. Au lieu d’avoir
la famille de Dieu identifiée en une seule
nation, la grandeur distinctive de la Nouvelle
Alliance, leur enseignais-je, était maintenant d’avoir
une famille internationale, une famille mondiale,
une famille « universelle ».
Un de mes étudiants leva la main et
dit : « À quoi cela
ressemblerait si nous pouvions présentement le
redévelopper? » Je dessinais une pyramide
au tableau et je dis : « Je le conçois
comme une grande famille très étendue, avec la
figure du père et de la mère à chacun de ces
différents niveaux, et chacun de nous étant
frères et soeurs en Christ ». J’entendis
quelqu’un murmurer dans le fond, « il n’y
a pas de doute cela ressemble à l’Église
Catholique, il
me semble! » Je répondis :
« Non, non, non ! Ce que je vous donne est
la solution des problèmes, l’antidote au
poison ».
Plus tard, Rebecca vient un jour au dîner.
Je mangeais et elle me dit : «nous avons
fait un petit vote au fond de la classe, c’est
unanime : nous pensons tous que vous allez
devenir catholique ». Je faillis m’étouffer
avec mon sandwich ; « Doucement, doucement. Je ne veux pas perdre mon
emploi. Mais Rebecca, je t’assure que ce que je
vous donne ce n’est pas du catholicisme, c’est
l’antidote au poison catholique ». Elle se
tenait là à me regarder. « Non, c’est
unanime, vous allez devenir catholique ». Et
elle se retourna et partit.
Je fus abasourdi. Je rentrais à la maison cet
après-midi-là, allais jusqu’à la cuisine et
dit à Kimberly qui se tenait près du
frigo : « tu ne devineras jamais ce que
Rebecca m’a dit aujourd’hui ».
« Dis-moi tout, encore une autre
histoire..? ». Je répondis :
« Et bien, elle est venue au dîner et m’a
annoncé que unanimement, j’étais pour devenir
catholique. Peux-tu imaginer cela ? Moi, devenir
catholique ? »
Mais Kimberley ne rit pas du tout en
entendant cela. Elle se tenait là et me
regardait, puis dit : « Et bien, l’es-tu
? ». Ce fût comme si quelqu’un plongea un
poignard dans mon dos. « Es-tu folle Kimberly
? Pas
toi aussi ? » Je dis : « tu sais
que je suis calviniste, le calviniste des
calvinistes, un presbytérien, un anti-catholique.
J’ai distribué des dizaines de copies du livre
de Boettner; j’ai réussi à faire quitter des
catholiques, j’ai grandi avec Martin Luther ».
Elle répondit : « oui, mais
quelquefois je me demande si tu n’es pas
« Luther à l’inverse »… Je
n’avais rien à répondre… Je me suis
retourné et j’ai marché lentement jusqu’à
mon bureau, fermais la porte, poussais le verrou, et je m’écroulais dans mon
fauteuil, commençant vraiment à ruminer. J’avais
peur. « Luther à l’inverse ». Pour
moi, jusqu’à un certain point, cela signifiait
le salut à l’inverse. J’avais peur.
Peut-être étudiais-je trop et ne priais-je pas
assez me disais-je, alors je commençais à prier
beaucoup plus. Je me mis à lire davantage de
livres anti-catholiques, mais ils ne faisaient
plus sens. Alors je me suis tourné vers les
écrits catholiques officiels et je les ai lus.
Professeur d’un séminaire presbytérien
Entre temps, quelque chose d’important se passa.
Je fus approché par un séminaire, un séminaire
presbytérien, et on me demanda si je voulais
donner des cours aux étudiants en commençant par
un séminaire sur l’évangile de Jean. Je
répondis par l’affirmative. Et je commençais
à partager à partir de l’évangile de Jean,
tout ce qui concernait l’Alliance, la famille de
Dieu, et ce que cela signait vraiment d’être
né de nouveau. Je découvrais dans mon étude qu’être
né de nouveau ne signifiait pas d’accepter
Jésus-Christ comme Sauveur personnel et Seigneur
et le lui demander dans notre coeur – bien que
ce soit important et que tous les croyants, qu’ils
soient catholiques ou autres, devraient avoir
Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur ainsi qu’une
relation personnelle bien réelle avec Lui. Mais
je découvrais ce que Jésus voulait dire en Jean
3 lorsqu’Il
disait que nous devions naître de nouveau.
Dans le chapitre précédent, Il vient juste d’être
baptisé et l’Esprit Saint descend sur Lui. Et
aussi vite qu’il termine de parler avec
Nicodème au sujet de la nécessité de naître d’eau
et d’Esprit, le verset suivant dit que Jésus et
les disciples allaient baptiser. J’enseignais qu’
être né de nouveau est un acte d’alliance, un
sacrement, une alliance de renouvellement
impliquant le baptême. Je partageais cela à mes
étudiants de séminaire, ils furent convaincus.
Pendant ce temps, je préparais mes sermons et
quelques lectures au delà du chapitre 3 de Jean.
Je fouillais le chapitre 6 de Jean. Je ne sais pas
combien d’entre vous ont étudié l’Évangile
de Jean. De bien des façons, c’est l’Évangile
le plus riche de tous. Mais le chapitre 6 de Jean
est mon chapitre préféré parmi les 4
Évangiles. Là, je découvrais quelque chose que
je pensais avoir déjà lu avant, mais que je n’avais
jamais vraiment remarqué. Voici : « En
vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne
mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne
buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.
Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie
éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
Car ma chair est vraiment une nourriture et mon
sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair
et boit mon sang demeure en moi et moi en
lui. » Je lue cela, je le relue; je le
considérais de 10 points de compréhension
différents. Je me procurais tous les livres sur
ce sujet, des commentaires sur Jean. Je n’arrivais pas à
comprendre comment donner sens à ce passage.
J’avais appris à l’interpréter de façon
figurative; Jésus utilise un symbole. La chair et
le sang sont simplement un symbole de son corps et
de son sang. Mais plus je l’étudiais, plus je
réalisais que cette interprétation n’avait pas
de sens. Pourquoi ? Parce que aussitôt que les
Juifs entendirent ce qu’a dit Jésus, ils
partirent. Jusqu’à ce point des milliers le
suivaient, et soudain la multitude est choquée
simplement parce qu’il dit : « ma
chair est vraiment une nourriture, mon sang est
vraiment une boisson » et ils partent tous.
Des milliers de disciples l’ont quitté. Si
Jésus avait l’intention que ce langage soit
compris figurativement, Il aurait été moralement
obligé, en tant qu’enseignant, de dire :
« Stop, ce n’est que symbolique »
Mais il ne l’a pas fait, au lieu de cela qu’a-t-il
fait ?
Ma recherche me démontra qu’Il se tourna vers
les disciples et Il leur dit… que leur dit-il ?
« Nous ferions mieux d’engager un agent de
relation publique; j’ai vraiment foiré (j’ai
tout gâché), les gars ».
Non ! Il leur dit :
« Voulez-vous partir vous aussi ? » Il
ne leur a pas dit : « Avez-vous compris
que je parlais de façon symbolique ? » Non
! Il leur dit que la vérité c’est ce qui rend
libre. J’ai enseigné la vérité. Qu’allez-vous
faire à ce sujet ?
Pierre se leva et parla ouvertement; il dit:
« À qui irions-nous? Tu as les paroles de
la Vie Éternelle.» La question de Pierre :
« À qui irions-nous ? »
sous-entendait « Tu sais Jésus, nous ne
comprenons pas non plus ce que tu veux dire, mais
aurais-tu un autre rabbin sur la place à nous
recommander ? À qui irions-nous ? C’est trop
tard pour nous, nous croyons tout ce que tu dis
même si
nous ne le comprenons pas pleinement, et si tu dis
que nous devons manger ta chair et boire ton sang,
alors tu nous donneras la grâce dont nous avons
besoin pour prendre tes paroles au pied de la
lettre ». Il ne parlait pas symboliquement.
Tandis que je commençais à étudier cela, je
réalisais que c’était une chose de convaincre
des presbytériens qu’être né de nouveau
signifie être baptisé, mais une autre que de les
convaincre que nous devions vraiment manger Sa
chair et boire Son sang. Je me centrais donc un
peu plus sur le dernier repas du Seigneur et la
communion. Je découvrais que Jésus n’avait
jamais utilisé le mot « alliance » au
cours de son ministère publique. Il le garda pour
l’unique fois où il allait instituer l’Eucharistie,
en disant : « cette coupe est la nouvelle
Alliance en mon sang .» Si l’Alliance
signifiait une famille, qu’est-ce qui nous fait
être une famille ? Partager la chair et le sang. Donc si le Christ fait une nouvelle
Alliance, c’est-à-dire une nouvelle famille, qu’est-ce
qu’il va devoir nous fournir ? Une nouvelle
chair et un nouveau sang. Je commençais à voir
pourquoi dans l’Église Primitive, pendant plus
de 700 ans, personne, nulle part, ne contesta la
signification des paroles de Jésus. Tous les
Pères de l’Église Primitive, sans exception,
prenaient les paroles de Jésus au pied de la
lettre et croyaient, enseignaient, la présence
réelle du Christ dans l’Eucharistie. J’avais
peur, je ne savais plus vers qui me tourner.
Puis soudain, un événement se produisit un soir,
au cours d’un séminaire, auquel je n’étais
pas préparé. Un étudiant diplômé,
anciennement catholique, nommé Jean, leva la
main. Il avait tout juste fini une présentation
pour un séminaire sur le Concile de Trente. Le
Concile de Trente, pour mémoire, est la réponse
officielle de l’Église à la Réforme amorcée
par Martin Luther.
En une heure et demie, environ, il avait
présenté le Concile de Trente sous un jour des
plus favorables. Il avait montré comment
plusieurs de leurs arguments étaient en fait
basés sur la Bible. Puis il tourna l’auditoire
vers moi. Les étudiants étaient supposés lui
poser une ou deux questions. Il dit :
« Puis-je d’abord vous poser une question,
Professeur Hahn ? Vous savez que Luther avait en
fait 2 slogans, pas seulement la « sola fide »
mais aussi l’autre qu’il utilisa pour se
révolter contre Rome : la « sola
scriptura » la Bible seule. Ma question
est : où la Bible enseigne-t-elle cela
?
Je le regardai et sentis une sueur froide m'envahir.
Jamais auparavant je n'avais entendu cette
question. J'avais la réputation d'être un
moucheron socratique posant les questions
agaçantes. Mais jamais celle-ci ne m'était venue
à l'esprit.
Je
répondis ce que répond un professeur pris à
défaut: «Voilà une question stupide !» Dès
que mes paroles eurent quitté ma bouche, je
m'arrêtai net, car je m'étais promis qu'en tant
qu'enseignant, je ne répondrais jamais cela à
une question d'étudiant.
Mais l'étudiant n'était pas intimidé. Il savait
que la question n'était pas stupide. Il me
regarda droit dans les yeux et dit:
«Alors
donnez-moi une réponse stupide».
Je dis:
«D'abord, nous allons voir Mathieu 5:17. Puis
nous passons à 2 Timothée 3:16-17: Toute
Écriture est inspirée de Dieu et profitable pour
enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour
éduquer dans la justice afin que l'homme de Dieu
soit accompli, équipé pour toute oeuvre bonne.
Et nous allons voir ce que Jésus dit de la
tradition dans Mathieu 15».
Sa
réponse était profonde: « Mais, professeur,
Jésus ne condamnait pas toute la tradition dans
Mathieu 15. Il condamnait uniquement la tradition
corrompue. Quand 2 Timothée 3:16 parle de «toute
Écriture», il n'est pas dit que «l'Écriture
seule» est profitable. La prière,
l'évangélisation et bien d'autres choses sont
essentielles. Que dire, d'ailleurs de
2
Thessaloniciens 2:15?»
« Oui, 2 Thessaloniciens 2:15 » dis-je
faiblement. « Qu'est-ce au juste qu'on nous y
dit? ».
« Paul dit aux Thessaloniciens: Aussi, mes
frères, soyez fermes et tenez bien aux traditions
que nous vous avons enseignées, par la parole ou
par écrit ».
Je rétorquai: «Tu sais John, que nous sortons de
notre sujet. Continuons avec les questions et je
reviendrai sur ce sujet la semaine prochaine
Je ne crois pas que les étudiants ont réalisé
la panique dans laquelle j’étais. Alors
que je roulais chez moi, ce soir-là, je levais
les yeux vers le ciel et demandait à Dieu :
pourquoi n’ai-je jamais entendu cette question
auparavant ? Pourquoi n’ai-je pas trouvé de
réponse ? Le jour suivant, je commençai a
téléphoner à tous les théologiens à travers
le pays, les anciens professeurs. Je leur
demandai : où la Bible enseigne-t-elle la «sola
sciptura» ? Où la Bible nous enseigne-t-elle que
la Bible est notre seule autorité ? » L’un
deux me dit : quelle question stupide de ta
part ! » Je répondis :
« donne-moi une réponse stupide
alors ».
J’avais saisi ! Un professeur que je
respecte beaucoup, un théologien d’Oxford, me
dit : Scott, n’espère pas trouver dans la
Bible la preuve de la «sola scriptura», parce
que c’est quelque chose que la Bible ne
démontre pas. C’est notre hypothèse, notre
présomption vis-à-vis de la Bible. » Cela
me semblait bizarre, et je répondis :
« Mais professeur, c’est étrange parce ce
que nous disons ensuite que nous ne devons croire
que ce que la Bible enseigne, mais la Bible ne
nous enseigne pas de croire ce qu’enseigne la
Bible. Notre hypothèse n’est pas enseignée par
la Bible. C’est comme si nous scions la branche
sur laquelle nous sommes assis. » Alors il
dit : « Et bien, quelles autres options
avons-nous ? » Un bon point, c’est vrai.
Un autre ami, un théologien, m’appela et
dit : « Scott, qu’en est-il de ce que
j’entends que tu considérerais la foi
catholique ? ». « Et bien, non, Art,
je ne considère pas vraiment la foi
catholique ». Puis je me décidais à lui
poser une question. Je lui dis : « Art,
qu’est-ce qui est pour toi le soutien et la
colonne de la vérité ? » Il me
répondit : « Scott, pour nous tous, l’Écriture
est le soutien et la colonne de la vérité
». Je répondis : « Alors pourquoi,
Art, la Bible dit en 1Timothée 3;15 que le
soutien et la colonne de la vérité est l’Église,
la maison de la foi ? ». Il y eut un silence
et il dit : « Et bien , Scott, j’ai l’impression
que tu m’as piégé avec cette question ».
Et je lui répondis : « Art, j’ai l’impression
d’être moi-même piégé avec beaucoup de
questions ». Il dit : « Alors
Scott, quelle Église ? Il y en a
beaucoup ». Je lui dis :
« Art, combien d’Églises peuvent
appliquer pour le job de « soutien et
colonne de la vérité ? » Je veux
dire, si on parle d’une Église qui dit :
« nous sommes le soutien et la colonne de la
vérité, regardez-nous et vous entendrez le
Christ parler et enseigner ». Combien de
candidats y-a-t-il pour le poste ? Je n’en vois
qu’un seul. Je ne vois que L’Église
Catholique Romaine qui enseigne qu’elle fût
fondée par le Christ; elle existe depuis 2,000
ans et elle fait d’étranges affirmations qui
semblent terriblement similaires à 1 Timothée
3;15 ».
Arrivé à ce point, je ne savais pas quoi faire. Cependant, un jour, j’eus un appel téléphonique du président du conseil d’administration du séminaire où j’enseignais. Steve m’invita pour dîner. Je ne savais pas bien pourquoi. Je pensais: « des propos sont arrivés jusqu’au président du conseil, comme quoi j’enseignais des choses qui étaient peut-être quelque peu catholiques. Quand je l’ai rejoint pour le repas, j’étais stressé et insécure. Il commença par m’annoncer que le conseil avait pris une décision à l’unanimité. Puisque mes cours allaient si bien, puisque tant de personnes s’y inscrivaient, ils me demandaient de prendre en considération le fait de devenir le « doyen du séminaire » à l’âge avancé de 26 ans... ! Je ne le croyais pas. Il poursuivit; « nous te laisserons donner les cours que tu veux. Nous te laisserons engager le corps enseignant que tu as besoin.. Nous payerons même ton programme d’études doctorales en théologie ». Je répondis : « Où y a-t-il un programme d’études doctorales en théologie dans le coin? » Il dit : « À l’université catholique ». Je pensais : non, non, non. Je ne veux pas étudier là; je fuis cette perspective maintenant. Je ne lui dis pas cela parce que je ne savais pas quoi dire. Alors, il reprit : « prieras-tu à ce sujet? » Je répondis : « Oui, bien sûr, mais, Steve, je crois que je connais déjà la réponse. Et assez étrangement, je crois que je vais devoir dire non et je ne vais pas être capable d’expliquer pourquoi, parce que je n’en suis pas sûr moi-même ».
Quand j’arrivais à la maison, Kimberley m’attendait.
Elle me dit : « Que voulait-il
? » Je répondis : « Il m’a
demandé d’être doyen ». « Tu
blagues? ». Je lui dis :
« Non ». « Qu’as-tu répondu
? ». « J’ai dit : «
non » « je voulais dire que lui as-tu
répondu? ». Je lui dis une deuxième
fois : « Non » « Pourquoi
as-tu dit non ? ». Je répondis :
« Kimberley, parce que présentement je ne
suis pas sûr de ce que j’enseignerai, et je
sais qu’un jour je vais être face au Christ
pour le jugement et ce ne sera pas suffisant de
dire simplement : « et bien, Jésus, je
n’ai fait qu’enseigner ce que mes professeurs
m’ont enseigné ». Il m’a montré des
choses qui sont vraies au sujet de l’Écriture
et je dois être fidèle à ce qu’il m’a
montré. »
Elle marcha vers moi, m’entoura de ses
bras et me serra fort. Puis elle dit :
« Scott, c’est ce que j’aime en toi, c’est
pourquoi je t’ai épousé, mais, oh…il nous
faut prier alors ».
Elle savait ce que cela signifiait, cela ne
signifiait pas seulement de refuser une offre,
mais aussi de renoncer à un poste prospère en
tant que pasteur d’une église en plein essor.
Les deux opportunités m’auraient plu.
Assistant
administratif du Président du Collège
Nous ne savions pas ce que nous allions faire. Il
faisait chaud et sec en juillet. Après
beaucoup de prières, nous décidâmes de
déménager dans la ville de l’université où
nous nous étions rencontrés. J’appliquais pour
du travail à différents endroits, mais l’université
m’engagea comme administrateur pour être l’assistant
du président. Je travaillais là pendant deux
ans, et c’était plutôt l’idéal parce que je
travaillais pendant la journée et j’avais mes
soirées libres pour poursuivre et approfondir mes
recherches. De 8 h 00 du soir, après avoir
couché les enfants, jusqu’à 1 ou 2 heures du
matin, je lisais, étudiais et recherchais.
En deux ans, j’étais passé au travers de
plusieurs centaines de livres et je commençais
pour la première fois à lire des théologiens
catholiques et des érudits de l’Écriture
Sainte. Et j’étais stupéfié par leur
perspicacité et surtout par le fait que leur
impressionnante compréhension correspondait à
mes découvertes. J’avais de la difficulté à
croire qu’autant de découvertes innovantes
auxquelles j’étais arrivé, étaient déjà
assumées par eux et comme un acquis. Cela me
dérangeait.
Quelques fois, j’allais lire certains passages
à Kimberley et je lui disais :
« écoute ceci, et nomme-moi l’auteur ».
Parce qu’elle était théologienne en un sens,
et elle était si occupée à élever les enfants
qu’elle n’avait vraiment plus beaucoup d’énergie.
Mais elle s’assoyait et écoutait, et je lui
demandais : « qui crois-tu que c’était
? ». Elle répondait : « Wow !
Cela ressemble à l’un de nos sermons en
Virginie. Oh, ils me manquent tant ». Je lui
disais alors : « c’était Vatican
II, Gaudium et Spes. C’était l’Église
Catholique ». Elle répondait :
« Scott, je ne veux pas entendre
cela ». « Kimberley, cette histoire au
sujet de la liturgie est si intéressante. Je ne
suis pas certain, mais je me demande si Dieu ne
nous demanderait pas de devenir épiscopaliens ».
C’est à mi-chemin de la maison. Elle me regarda
et ses yeux se remplir de larmes :
« Épiscopaliens ! » dit-elle,
« je suis presbytérienne, mon père est un
ministre presbytérien, mon oncle est un pasteur
presbytérien, mon mari était un pasteur
presbytérien, mon frère veut le devenir, et je
me pose aussi la question à mon sujet. Je ne veux
pas être épiscopalienne ». Elle se sentit si
abandonnée, tellement trahie, alors.
Je me souviens de cela parce que quelques mois
plus tard, après avoir encore beaucoup lu, une
nuit je sortais de mon bureau et lui dit :
« Kimberley, je ne suis pas sûr, mais je
commence à penser que Dieu nous appelle à
devenir catholique romain. » Un regard de
désespoir la recouvra. Elle répondit :
« ne pourrions-nous pas devenir
épiscopaliens ? Tout sauf catholique.. »
Vous ne savez pas ce que c’est, vous les
catholiques-nés. Vous ne savez pas la terreur qui
peut vous envahir quand vous savez que vous allez
devoir nager dans le Tibre, vous pourriez voir le
«Pape», comme le disaient mes amis. Elle était
tellement désemparée. Elle commença à prier
pour que quelqu’un vienne sauver son mari – un
professeur, un théologien, un ami.
Aller-simple
pour le catholicisme
Finalement, c’est ce qui s’est passé. Je
reçus un appel, un jour, de Gerry, mon meilleur
ami de séminaire. Un étudiant « Phi Beta
Kappa » en grec classique et du nouveau
testament. Il était, avec moi,
le seul étudiant du séminaire qui
soutenait la vieille croyance protestante d’un
Pape anti-christ. Nous nous opposions coude à
coude à tous les compromis que nous voyions chez
nos frères protestants. Il me parla un soir au
téléphone. Je lui ai lu un passage d’un livre
du Père Bouyer. Il dit : « wow, cela
est dense et profond. Qui l’a écrit ? ».
Je répondis : « Louis Bouyer».
« Bouyer ? Je n’en ai jamais entendu
parlé. Qui est-il ? ». « Que veux-tu
dire ? » « Et bien, est-il méthodiste
? ». « Non ». « Est-il
baptiste ? « Non ». « Alors
est-il luthérien ? Qui est-il ? » Je
répondis : « et bien il est cath…. ».
« excuse-moi je n’ai pas bien entendu ».
Je repris : « il est catho…. »
« attends une seconde Scott, il doit y avoir
une mauvaise transmission. J’ai cru que tu
disais qu’il était catholique ». Je
répondis : « Gerry, j’ai dit :
il est catholique et il est catholique, et j’ai
lu beaucoup de catholiques ».
Tout d’un coup, c’est sorti comme les chutes
du Niagara. « J’ai lu Danielou, et
Ratzinguer et de Lubac et Garrigou-Lagrange et
Congar, et tous les autres et crois-moi c’est
riche; il faut vraiment que tu les lises
aussi ». Il répondit : « du
calme ! Scott ton âme est peut-être en
péril ». Je lui dis : « Gerry,
puis-je te donner une liste de titres ? » Il
dit : « Bien sûr, je les lirai, je
ferai n’importe quoi pour te sortir de ce
piège. Et je vais te donner ces titres ».
Il me mentionna 10 titres de livres
anti-catholiques. Je repris : « Gerry,
je les ai tous lus, au moins une fois si ce n’est
deux ». Il me dit : « envoie-moi
la liste » et je lui envoyai.
Un mois plus tard, environ, nous nous arrangeâmes
pour avoir une longue conversation téléphonique.
Kimberley n’aurait pas pu être plus
excitée : enfin, un chevalier «Phi Beta
Kappa», en armure brillante venait sauver son
mari des griffes du catholicisme. Alors, elle
attendait, le souffle court, que la conversation s’achève,
et je lui racontais comment Gerry était
enthousiaste parce qu’il lisait toutes ces
choses et il me prenait vraiment au sérieux.
« Oh, super, je savais qu’il le
ferait »
Cela continua ainsi pour 3 ou 4 mois. Nous
parlions au téléphone pendant 2, 3 voir 4
heures, en appel longue distance, discutant de
théologie et des Écritures jusqu’à 3 ou 4
heures du matin. Kimberley était si contente et
reconnaissante qu’il s’occupe ainsi de mon
cas.
Une nuit, j’allai me coucher vers 2 ou 3 heures;
elle était encore éveillée. La lumière était
éteinte, mais elle s’assit sur le lit et me
dit : « Comment ça se passe? »
Je répondis : « très bien ».
« Raconte-moi » « Gerry est
presque totalement intoxiqué et impressionné par
toute la vérité des Écritures que l’Église
Catholique met en avant ».
« QUOI! » Je ne voyais pas son visage,
mais je pouvais presque le sentir s’assombrir
tandis qu’elle s’affala sur le lit, et elle
commença à sangloter dans son oreiller. Je ne
pouvais même pas mettre mes bras autour d’elle,
elle était si blessée et abandonnée.
Un peu plus tard, Gerry appela et dit: « écoute,
j’ai un peu peur. Mes amis ont un peu peur. Nous
devons vraiment prendre cela au sérieux. J’ai
parlé au docteur/professeur John Gerstner, ce
théologien anti-catholique, presbytérien formé
à Harvard. Il est prêt à nous rencontrer dès
que nous le souhaitons ». Nous arrangeâmes
Gerry, le Dr Gerstner et moi-même, une session de
6 heures, allant au travers de l’ancien
Testament en hébreu, le Nouveau Testament en grec
et les documents conciliaires de l’histoire de l’Église.
A la fin des 6 heures, Gerry et moi attendions d’être
complètement sortis des eaux grâce à ce génie.
Au lieu de cela, ce que nous découvrions c’est
que l’Église Catholique n’avait pratiquement
pas besoin d’une défense. Elle était plus
comme un lion : laissez-le sortir de sa cage
et il prendra soin de lui-même. Nous avions
simplement présenté les enseignements de l’Église
accompagnés des textes des Écritures, et nous n’avions
pas l’impression
qu’il avait répondu à une seule de nos
questions ou objections. À la fin, nous nous
demandions : « qu’est-ce que tout
cela signifie? » Aucun de nous ne savait.
Les enseignants les plus fortement
anti-catholiques se demandaient si Dieu ne serait
pas Catholique…nous étions atterrés.
Pendant ce temps, j’avais envoyé une
application à l’Université Marquette parce que
j’avais entendu dire qu’elle avait quelques
théologiens vraiment hors pair, qui s’appuyaient
sur l’Alliance, qui étudiaient l’Église et
faisaient d’autres bonnes choses. Juste avant d’avoir
un retour de leur part qui m’informait que ma
demande avait été acceptée, je commençai à
visiter quelques prêtres dans la région. J’étais
anxieux. Je le faisais le soir pour que personne
ne me voit. Je me sentais presque sali de mettre
les pieds dans un presbytère. Je m’asseyais et
j’arrivais finalement à sortir quelques
questions, mais chaque prêtre me disait :
« parlons d’autre chose que de
théologie ». Aucun d’entre eux ne voulait
discuter mes questions. L’un d’entre eux me
dit même : « êtes-vous en train de
songer à vous convertir ? Non, vous ne pouvez pas
le vouloir. Depuis Vatican II, nous n’encourageons
pas cela. La meilleure chose que vous puissez
faire pour l’Église c’est simplement d’être
un bon pasteur presbytérien ». Je
répondis : « attendez une minute, mon
père… ». « Appellez-moi
Mike ». Je repris : « Ok, Mike.
Je ne vous demande pas de me tordre le bras et de
m’obliger à rentrer. Je crois que Dieu m’appelle ».
Il me dit : « Et si vous voulez de l’aide
de ma part, vous vous êtes trompé de
personne ».
Après 3, 4 ou 5 rencontres de ce genre, j’étais
confus. Je le partageais à Kimberley. Elle me
dit : « tu devrais aller dans une
université catholique où tu pourrais apprendre
à temps plein, d’après les écrits officiels,
où tu pourrais t’assurer que l’Église
Catholique à laquelle tu crois existe
toujours ». C’était un bon point. Alors
après beaucoup de prières et de préparations,
nous déménagions pour Milwaukee où j’étudierais
pendant 2 ans, à temps complet, leur programme
doctrinal.
Ces deux ans furent les années d’études les
plus riches que je n’ai jamais connues et aussi
les années les plus riches en prière. Je me
retrouvais dans des séminaires où j’étais le
seul protestant à défendre l’Église contre
des attaques en provenance de catholiques. C’était
étrange. Les enseignements de Jean-Paul II qui
sont si bibliques et basés sur l’Alliance, je
les expliquais à ces personnes. Mais il y avait
aussi quelques bons théologiens qui savaient si
bien donner sens à tout cela. J’ai beaucoup
apprécié cette période. Mais une chose se
produisit tout en même temps. En fait, deux
choses…
La première : je commençais à prier avec
un rosaire. J’avais très peur de faire cela. Je
demandais au Seigneur de ne pas être offensé
alors que je m’essayais. Je commençais à prier
et tandis que je priais, je ressentais davantage
dans mon coeur ce que je savais dans
mon esprit : je suis un enfant de
Dieu. Je
n’ai pas simplement Dieu comme Père et Christ
comme frère, j’ai aussi Sa Mère.
Un de mes amis qui avait entendu dire que je
songeais à devenir catholique, me téléphona un
jour et me dit : « est-ce que tu adores
Marie comme le font les catholiques ? » Je
lui répondis : « Ils n’adorent pas
Marie, ils honorent Marie». « Et bien,
quelle est la différence? ». Je dis :
« laisse-moi t’expliquer. Quand le Christ
a accepté l’appel de son Père à s’incarner,
Il a accepté la responsabilité d’obéir à la
loi, la loi morale qui est résumée dans les 10
commandements. Il y a un commandement qui dit
ceci : « tu honoreras ton père
et ta mère. » En hébreu, ce mot
« honorer »
(kaboda), signifie :
« glorifier »,
conférer à ton père et ta mère la
gloire et l’honneur que tu as pour eux. Le
Christ a accompli cette loi plus parfaitement qu’aucun
humain en conférant Sa gloire à son Père des
Cieux et en prenant de Sa propre gloire divine
pour honorer sa mère. Tout ce que nous faisons
avec le rosaire, c’est d’imiter le Christ qui
a honoré Sa Mère avec sa propre gloire. Nous l’honorons
avec la gloire du Christ ».
La deuxième chose qui se produisit fût lorsque
je descendis discrètement à la chapelle du
sous-sol de l’Université Marquette. Il y avait
la messe de midi et je n’étais jamais allé à
une messe auparavant. Je me suis assis dans le
dernier banc. Je ne me suis pas agenouillé. Je ne
me suis pas incliné. Je ne me suis pas levé. J’étais
un observateur, j’étais là pour regarder. Mais
je fus surpris lorsque je vis 40, 50, 60, 80 ou
100 personnes ordinaires, qui venaient de l’extérieur
pour la messe de midi, des gens ordinaires qui
entraient, s’inclinaient, s’agenouillaient et
priaient. Ensuite une cloche sonna, ils se
levèrent tous et la messe commença. Je n’avais
jamais vu cela avant.
La liturgie de la Parole était si riche, pas
seulement les lectures de la Bible.
Ils lisent davantage la Bible, pensais-je,
au cours de la messe en semaine, que nous le
faisons au cours d’un culte le dimanche. Leurs
prières étaient imprégnées de langage biblique
et de versets d’Isaïe et d’Ezéchiel. J’étais
assis là, me disant en moi-même :
« et mon gars, arrête le show, laissez-moi
vous expliquer vos prières. Ici c’est Zacharie;
ici c’est Ézéchiel… Wow ! C’est comme
si la Bible prenait vie et dansait sur l’estrade
centrale en disant « c’est ici que je
demeure ».
Puis la liturgie de l’Eucharistie commença. Je
regardais et faisais silence lorsque le prêtre
prononça les mots de la consécration et éleva l’hostie.
Et je dois avouer que les dernières traces de
doute disparurent au même moment. Je regardais et
dis : « Mon Seigneur et mon
Dieu ». Lorsque les gens commencèrent à s’avancer
pour recevoir la communion, je bavais
littéralement : « Seigneur, je veux te
recevoir, je veux être plus pleinement en
communion avec toi. Tu es venu dans mon coeur. Tu
es mon Sauveur et mon Seigneur personnel, mais
maintenant je crois que Tu veux venir sur ma
langue, dans mon estomac et dans mon corps aussi
bien que dans mon âme jusqu’à ce que cette
communion soit totale ».
Dès que cela commença, ce fût terminé. Les
gens restaient quelques minutes pour rendre grâce
puis il quittèrent. Et finalement, je sortis en
me questionnant intérieurement sur ce que je
venais de faire. Mais le jour suivant j’étais
là de nouveau, et le suivant aussi, et ainsi de
suite. Je ne pouvais le dire à personne, je ne
pouvais pas le dire à ma femme. Mais après 2 ou
3 semaines j’étais accro. J’étais… en
amour avec le Christ et sa Présence Réelle dans
le Saint Sacrement. C’était devenu la source et
le sommet, le temps fort de chaque jour, et je ne
pouvais toujours pas en parler à quiconque.
Puis, un jour, Gerry m’appela au téléphone. Il
avait lu lui aussi des centaines de livres. Il
appelait pour m'annoncer : « Leslie et
moi nous avons décidé de devenir catholiques
pour Pâque 1986 ». Je répondis :
« attends une seconde Gerry ! Tu étais
supposé m’empêcher de le devenir et maintenant
je crois que tu vas me battre à la course ? Ce n’est
pas juste.. ! Il me dit : « Écoute
Scott, je ne connais pas les objections ou les
questions que tu as encore, mais toutes les
nôtres ont trouvé réponse ». Je
répondis : « les miennes
aussi ». Il dit : « et bien, je
ne vais pas être indiscret ».
Quand il raccrocha, cela fût évident pour moi
que retarder l’obéissance ce serait presque
comme de la désobéissance. Dieu avait rendu tout
très clair dans les Écritures au sujet de Marie,
du Pape et même du purgatoire à partir de 1 Co
3;15 et suivant, sur les saints en tant que
famille de Dieu, mes frères et soeurs en Christ.
J’expliquai à mes amis comment la notion de
famille de Dieu était l’idée maîtresse qui
donnait sens à toute la foi catholique. Je ne
suis pas orphelin, j’ai une maison. Simplement,
je n’y suis pas pour l’instant.
Je commençais à demander au Seigneur : que
veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur retourna les
tables et dit : « que veux-tu faire
? » Je répondis : « c’est
simple, je veux rentrer à la maison. Je veux
recevoir notre Seigneur dans la Sainte
Eucharistie ». Et j’eus simplement le
sentiment que le Seigneur me disait :
« ce n’est pas moi qui t’en
empêche ». Alors je me dis : je ferais
bien de parler à une personne qui elle, le
voudrait.
Alors, je descendis pour dire à Kimberley :
« tu ne devineras jamais ce que Gerry et
Leslie ont l’intention de faire ».
« Quoi ? ». Elle avait déjà perdu
tout espoir à ce moment-là. « Ils vont
devenir catholiques à Pâques de cette année
1986 ». Elle me regarda et demanda avec
perspicacité – car elle me connaissait bien et
m’aimait encore – « Et alors ? Qu’est-ce
que cela change ? Tu m’as fait la promesse de ne
pas changer avant 1990, au plus tôt ». Je
répondis : « Tu te souviens de
cela… c’est vrai, c’est ce que j’ai fait.
Mais je pourrais être libéré de cette promesse
si tu sens que… » « Non, non… »
« Est-ce que tu prieras à ce sujet
? » « Ne spiritualises pas ta
promesse, Scott ». Je dis : « Kimberly, tu
ne veux pas en entendre parler, tu ne veux pas
lire sur le sujet, tu ne veux pas en discuter.
Mais pour moi, retarder l’obéissance à une
demande que Dieu a rendu si claire, cela devient
de la désobéissance ». Je savais que
Kimberley m’aimait assez pour ne jamais m’autoriser
ou me pousser à désobéir à mon Seigneur et
Sauveur. Elle répondit : « Je vais
prier à ce sujet, mais je dois te dire que je me
sens trahie. Je me sens abandonnée. Je ne me suis
jamais sentie aussi seule de ma vie. Tous mes
rêves s’effondrent à cause de cela ».
Mais elle pria et Dieu la bénit, elle revint et
dit : « C’est la chose la plus
douloureuse que j’ai eu à vivre dans ma vie,
dans notre mariage, mais je crois que c’est ce
que Dieu veut que je fasse ».
Pour cette veillée de Pâques, elle m’accompagna
donc à la vigile pascale au cours de laquelle je
reçus mon – ce que j’aime appeler mon –
grand chelem sacramentel : baptême,
première confession, confirmation et enfin, Dieu
soit loué, la sainte communion. Quand je revins,
je sentais qu’elle pleurait, je mis mon bras
autour d’elle et nous commençâmes à prier. Le
Seigneur me disait : « Écoute, je ne
te demande pas de devenir catholique malgré ton
amour pour Kimberley, parce que je l’aime plus
que toi. Je te demande de devenir catholique à
cause de ton amour. Parce que tu n’as pas la
force de l’aimer autant que je voudrais que tu l’aimes,
je te donne ce qu’il te manque dans la sainte
communion ». Je pensais en moi-même :
« Et bien, essaies de lui expliquer
cela ». Et je sentis la paix doucement m’envahir
lorsqu’Il répondit : « Je le ferai
en temps voulu; tu te retires simplement. Tu n’es
pas le Saint Esprit, tu ne peux pas changer son
coeur ». Les jours et les semaines
suivantes, elle n’était toujours pas
intéressée. C’était
difficile.
Je finis par accepter un travail à Joliet,
enseignant là-bas pour quelques années dans un
collège. Juste avant que nous déménagions, il
se produisit quelque chose de la part du Seigneur.
Nous attendions un troisième enfant, Hannah.
Quand Hannah fut conçue, j’avais vraiment peur.
Peur pour plusieurs raisons, mais jamais autant
que je n’ai eu peur ce dimanche matin alors que
Kimberley était enceinte de 4 mois. Nous étions
debout dans l’église, en train de chanter le
dernier couplet du dernier hymne, et elle se
tourna vers moi. Elle était blanche comme un
linge, elle me dit : « Je ne me sens
pas bien, je fais une hémorragie ». Elle s’assit
puis s’allongea sur le banc tandis que tout le
monde commençait à quitter le sanctuaire. Je
paniquais. Je ne savais pas quoi faire; elle
était si pâle. Je courrais au téléphone. J’appelai
notre médecin. « Où est-il ? »
« Et bien nous ne savons pas où est le Dr
Marmion. C’est la fin de semaine, et il se peut
qu’il soit en dehors de la ville ».
« Est-ce que vous pouvez le rejoindre sur sa
pagette ? » « Nous allons le faire et
il rappellera s’il est dans les
environs ». Je raccrochai. J’étais
désespéré.
Je commençai à prier Saint-Gérard, à prier
tout le monde. Je demandais au Seigneur Jésus de
nous aider. 10 secondes, peut-être 15, passèrent
et le téléphone sonna. Je décrochai et dis;
«Pat, où es-tu ? » Il répondit :
« où êtes-vous ? » « Nous
sommes en dehors de la ville, dans tel
quartier ». « Où ? » « À
telle église ». « Où êtes-vous dans
l’église ? ». « Je suis juste à
côté du sanctuaire, près du téléphone ». Il
dit : « c’est incroyable, il se
trouve justement que je visite cette église ce
matin. Je téléphone du sous-sol. J’arrive tout
de suite. » Il monta les escaliers en 4 ou
5, peut-être 8 secondes. Il demanda :
« Où est-elle ? » Je dis :
« elle est là ». Il courut et
commença à lui administrer les soins. Elle monta
dans la voiture. Nous roulâmes à toute allure
jusqu’à l’hôpital Saint-Joseph et la vie de
Kimberley fut épargnée, la vie du bébé fut
épargnée et finalement Hannah vint au monde.
Je prenais conscience que le Seigneur était plus
proche de nous et de notre union qui était plus
ébranlée que je ne le croyais. Je priais
intérieurement : « Comment allons-nous
faire avec un nouveau bébé ? » Kimberley m’approcha
juste avant la naissance d’Hannah et me
dit : « Je ne sais pas exactement
pourquoi, mais le Seigneur m’a donné le
sentiment que Hannah serait l’enfant de la
réconciliation. Je ne suis pas sûre de ce que
cela signifie ». Nous nous sommes alors
enlacés et nous avons commencé à prier à ce
sujet.
Après la naissance de Hannah, Kimberly m’aborda
de nouveau pour me dire : « je ne suis
pas sûre mais je crois que le Seigneur veut que
Hannah soit baptisée dans l’Église
catholique ».
Je répondis : « Quoi ? »
Elle dit alors : « Je ne suis pas
sûre, mais oui, je crois ». Nous avons
alors participé tous les deux à la liturgie du
baptême. Monseigneur Bruskewitz, le prêtre qui m’introduisit,
célébra si bien cette liturgie privée,
tellement remplie de la Tradition de l’Église
et de la Parole de Dieu, que, à mi-chemin, alors
qu’il dit dans une des prières
liturgiques « Alléluia, alléluia »,
Kimberley sauta presque sur ses talons.
Elle reprit spontanément : «Alléluia !…
Oh, excusez-moi ». Mais lui de
répondre : « Non, j’aimerais bien
que les catholiques fassent cela également, c’est
bien ».
À la suite de cette célébration liturgique du
baptême, elle photocopia les textes de la
liturgie baptismale et les envoya à sa famille et
ses amis. Mais elle n’était pas encore prête
à en discuter. Elle commença à lire et à
prier. Et j’essayais de me tenir en retrait le
plus possible.
Voyage
au Vatican
Je voudrais insérer un point: mon père est
décédé en décembre dernier (1990), lui qui m’apprit
à aimer appeler Dieu « Père ». En
janvier, mon beau-père m’a invité à le
rejoindre ainsi qu’un petit groupe de personnes
qui se battent contre la pornographie qui se
répand en Europe de l’est, à un colloque et
une audience privée avec Jean-Paul II, au
Vatican. Mon beau-père ? Un pasteur presbytérien
m’a invité à rencontrer le Pape ? Je lui
répondis par l’affirmative. Donc, en janvier
dernier (1991) j’ai non seulement rencontré le
Pape avec ce petit groupe, mais j’ai aussi été
invité à me joindre à lui dans sa chapelle
privée pour la messe de 7 h 00, le vendredi
matin. J’étais juste à quelques pas de lui et
je le sentais prier. On pouvait vraiment l’entendre
prier, avec sa tête entre les mains, portant dans
son coeur le poids de l’Église et tous ses
fardeaux.
Tandis qu’il célébrait les mystères de la Sainte messe, je pris une résolution, en fait deux résolutions : entrer plus profondément chaque jour dans la célébration de l’Eucharistie ainsi que dans un ministère de prières pour lui. Mais la deuxième résolution, c’était de partager avec mes frères et soeurs en Christ au sujet du Saint-Père, et comment le Christ nous a fait don d’une incroyable famille, avec la Sainte Vierge Marie notre Mère spirituelle, avec le Pape Jean-Paul II comme guide et figure de père spirituel pour nous conduire tous dans l’adoration de notre Père des Cieux, avec les Saints, pour nous reconnaître comme la famille de Dieu, mais par dessus tout, avec la Sainte Eucharistie pour nous reconnaître autour de la table comme la maisonnée de Dieu, comme Ses enfants.
«À la Vigile Pascale de 1986. à Milwaukee au Wisconsin, Scott fut reçu dans l'Église catholique et peu de temps après Kimberley le rejoignit ».
Source : Coming Home Network
Traduction libre par Clotilde
Pour lire l'histoire entière de Scott et Kimberley Hahn, leur livre est disponible dans plusieurs pays :
En France : Titre «« Rome Sweet Home» de la foi de Luther à la foi de Pierre» aux Editions de l’Emmanuel 26, rue de l’abbé Grégoire
75006 PARIS env. 11 Euros.
Au Québec : Titre : «« Rome Sweet Home» Comment nous sommes arrivés chez nous» Publications Marie et notre temps Inc.
5055,rue Saint-Dominique, Montréal. Québec H2T 1V1.
Un aperçu tiré du livre à la dernière page de couverture :
« Rome
Sweet Home» de la foi de Luther à la foi de
Pierre.
Voici
l’étonnante histoire d’un jeune couple
protestant américain qui décide, lui comme elle,
de devenir pasteurs. Ce qu’ils n’avaient pas
prévu, c’est qu’à force de scruter la Bible
sans a priori, ils en viendraient à retrouver par
eux-mêmes tout le credo catholique.
Comme
cependant les deux époux, Scott et Kimberley
Hahn, ne marchent pas du même pas dans leur
redécouverte par la Bible de « la foi de
Pierre », de graves tensions surgissent
entre eux. De plus, familles et amis font pression
pour les ramener vers le protestantisme, mais leur
amour de la parole de Dieu et de la vérité les
pousse toujours plus en avant.
Après
bien des souffrances et d’imprévus secours, le
couple des Hahn entre dans l’Église de Rome, la
mère Église, sans renier le meilleur de la
tradition évangélique d’origine. C’est dire
toute l’importance œcuménique d’un tel
témoignage.
À
l’heure où de plus en plus de baptisés
aspirent à vivre l’unité ecclésiale voulue
par le Christ, on peut considérer ce livre comme
une grâce offerte à chacun pour l’aider à se
rapprocher en vérité de sa vocation chrétienne
la plus authentique ».
Vos commentaires et témoignages sont toujours appréciés, n'hésitez pas !