La tolérance, c’est suffisant ! 

Par Michel Lizotte, journaliste
Fondateur du mouvement Équité-Famille
Auteur d’un mémoire de maîtrise en préparation sur la question des mariages gais

    La lettre ouverte Trop, c’est Trop ! publiée dans La Presse de dimanche en page A-11 et signée par dix-neuf prêtres nous donne un bel exemple de la confusion qui règne dans une partie du clergé québécois autour de la question de l’homosexualité et du mariage gai.  

C’est une confusion qui est en partie entretenue par le lobby gai qui s’applique à laisser croire en  l’innéité de l’homosexualité (on naît ainsi; on ne le devient pas) dans l’objectif évident d’en banaliser et normaliser la culture, et deuxièmement par plusieurs médias de masse, plusieurs auteurs de téléromans, cinéastes et créateurs de pubs qui paraissent davantage intéressés à suivre la rectitude politique qu’à rendre compte des vérités historiques entourant ces phénomènes. Rappelons-les brièvement : 

D’abord, Freud, Jung et Adler, les trois grands pionniers de la psychologie ont unanimement décrit l’homosexualité comme pathologique lorsqu’ils ont eu à l’évaluer à travers leur pratique clinique. De plus, dès 1911 la communauté scientifique a commencé à recueillir des évidences à l’effet que l’homosexualité était une tendance réversible lorsque Freud s’aperçut qu’en traitant avec succès la paranoïa d’un patient ayant des tendances homosexuelles, ces manifestations étaient simultanément disparues. 

Depuis Freud, plusieurs psychologues – Stekel (1930), Rubenstein (1956), Bieber (1962), Ovesey (1969), Birk (1974), Pattison and Pattison (1980) Van Den Aardweg (1986) - se sont investis dans la tâche complexe de comprendre l’origine de l’homosexualité afin de développer des thérapies correctives qui se sont montrées de plus en plus ajustées et efficaces. Les recherches les plus récentes (Bene 1965, Biller 1974, Moberly 1983, van der Aardweg 1986) continuent de soutenir que l’homosexualité est plutôt « acquise », est construite en cours de vie, plus souvent qu’autrement à cause de l’échec du processus d’identification sexuelle du jeune fils à son père, suite à une relation dysfonctionnelle entre les deux. Lorsque l’Église se prononce sur l’homosexualité, elle semble donc correctement écouter ce que lui dit la science, contrairement à ce que soutient la lettre des dix-neuf prêtres réactionnaires. 

L’homosexuel n’est certainement pas plus malade que le décrocheur scolaire, le mari infidèle, le vendeur malhonnête et l’employé paresseux; mais tout comme ces derniers, s’il n’arrive pas à s’épanouir intérieurement, ce n’est pas à cause de la société, mais parce que sa tendance est objectivement déviante, ne s’accordant pas avec les prérogatives dictées par la nécessaire recherche de l’excellence et du bien commun. Et il est facile de comprendre pourquoi : son identité sexuelle boite, cristallisée qu’elle est dans l’inachèvement, n’ayant pas été correctement guidée, encouragée et confirmée par un père de famille absent, violent ou méprisant, ou encore absorbée par une mère surprotectrice. La personne homosexuelle devenue adulte cherche donc l’aval de son père à l’extérieur de sa famille, à travers les hommes qui sont prêts à l’aimer, ayant érotisé ces derniers, faute d’avoir été aimé convenablement pas son véritable père… 

Les auteurs de cette lettre exigent premièrement que l’Église canadienne accueille les mariages gais autrement qu’en « prophète de malheur ». La requête trahit une certaine myopie, ne relevant pas que la personne homosexuelle, en valorisant un partenaire de vie qui, au lieu d’être son parfait complément objectif (sur les plans sexuel, psychologique et symbolique) apparaît plutôt complémentaire dans la subjectivité de son ressenti, fait fi du réel et s’égare. En effet on peut bien ressentir que l’on est un oiseau, cela ne freine toutefois pas notre chute en sautant par la fenêtre…  

Ce qui donne des enfants à la société, lui garantissant un avenir, la faisant croître dans l’ouverture à l’autre et la solidarité, donnant à ces enfants à voir le plus belle exemple d’une conjugalité gagnante, ce n’est pas l’ouverture à la complémentarité subjective des individus, mais bien l’ouverture à la complémentarité réelle, objective et féconde. Tous ceux qui ont fait des travaux d’équipe au CEGEP savent bien que l’équipe la plus performante qui soit n’est pas celle qui réunie des coéquipiers similaires, mais celle qui marie des capacités individuelles complémentaires.  

Si l’un des plus grands défis que l’homme doit vaincre pour bien s’intégrer dans ce monde est de s’adapter aux nécessités du réel, à le pénétrer avec toujours plus d’emprise, la personne homosexuelle, donnant à son ressenti une suprématie sur le réel, refusant de lui donner l’importance qui lui revient, fait office de mésadaptée; elle échoue lamentablement le test de la maîtrise du réel ! 

Les dix-neuf signataires réclament ensuite plus de compassion de la part de l’Église à l’endroit des personnes homosexuelles. Mais c’est pourtant bien ce que l’Église propose en enseignant en l’article 2358 de son nouveau catéchisme : Ils [les homosexuels] doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Mais en réalité, l’accueil et la tolérance n’est pas ce que les groupes de promotion de l’homosexualité et la rectitude politique exigent. À leur avis, être compatissant envers les personnes homosexuelles devrait équivaloir à promouvoir ouvertement l’homosexualité. Or, il n’est pas plus acceptable de promouvoir l’homosexualité que l’infidélité conjugale, la paresse, la malhonnêteté et le décrochage scolaire; tout au plus on se doit d’accueillir ces réalités, de les comprendre et de les tolérer. Leur donner un statut juridique équivaut à jeter du sable dans l’engrenage de la société en route vers son épanouissement et le bien-être commun. 

L’Église devrait finalement, toujours selon ces dix-neuf cosignataires, permettre aux personnes ayant des tendances homosexuelles, ayant donc de la difficulté à se situer socialement dans leur identité masculine, d’être ordonnées prêtre, ce qui les placerait dans la position d’influencer des croyants pouvant être accablés de difficultés personnelles, démunis, et ce à travers leur prédication et leur accompagnement spirituel. Cette proposition est si loufoque qu’elle s’écroule au premier regard critique. Reprendre les paroles du psychanalyste français Tony Anatrella, grand spécialiste de la question de l’homosexualité devrait suffire : les personnes homosexuelles « ne sont pas dans l’état adéquat pour se marier, pour adopter des enfants et pour accéder au sacerdoce ». Les prêtres homosexuels ont tendance à détourner leur fonction « à des fins narcissiques ». Ils sont « dans la séduction » et ont «  de la difficulté pour se situer institutionnellement dans la coopération avec les autres ». « Quelques-uns adoptent des conduites affectives douteuses, formulent des critiques mettant en cause des réalités essentielles de la vie sacerdotale et contestent les vérités enseignées par l’Église ». 

« La responsabilité de la recherche et de la définition de la loi naturelle incombe à tout le monde puisqu’il s’agit de la condition commune de l’humanité » écrivent-ils. Elle m’apparaît davantage incomber aux scientifiques et aux philosophes qui scrutent le réel plutôt que leurs émotions… 


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