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Témoignage de Thérèse Swerts : « Ils ont laissé mourir mon fils » sous l’emprise des témoins de Jéhovah

jeudi 1er février 2007, par admin

Notre fils Guy est né le 9 août 1965, c’était un beau bébé de 50 cm et de 4 kilos. Très vite, il a commencé à perdre du poids et sa taille ne changeait pratiquement pas. C’était un bébé qui pleurait et geignait tout le temps. Nous avons réalisé rapidement qu’il y avait un problème. Comme il y a eu des problèmes à la naissance, nous nous sommes très vite inquiétés. Les médecins, nous disaient qu’il s’agissait d’un retard dans son évolution qu’il ne fallait pas s’inquiéter outre mesure. Mais le retard augmentait et nous voyions bien qu’il devait y avoir autre chose. Nous avons d’abord appris qu’il était aveugle d’un oeil, ensuite qu’il avait des problèmes moteurs et enfin que son quotient intellectuel était fort inférieur à la normale.

En 1970 et ce jusqu’à son décès, il a été reconnu handicapé physique et mental.

Nous ne voulions pas en rester là et nous avons commencé à nous renseigner sur ce que nous pouvions faire pour essayer de faire évoluer notre fils le plus possible. Nous avons rencontré plusieurs médecins, Des pédopsychiatres, des assistantes sociales.....

Il a été finalement hospitalisé dans une clinique psychiatrique à Tirlemont à l’âge de 5 ans et demi. Il y est resté environ 18 mois. C’était un endroit qui était tout à fait indiqué pour ses handicaps, très bien tenu avec un personnel très compétent et où nous pouvions lui rendre visite régulièrement. À l’âge de 7 ans, il marchait enfin.

Comme il était aveugle d’un oeil et que l’ophtalmologue nous avait dit qu’il s’agissait d’une cataracte, nous avons permis qu’on l’opère. On nous a signalé que l’opération avait échoué et ils ont opéré une deuxième fois, à nouveau on nous a dit que l’opération avait échoué et qu’ils allaient essayer à nouveau après un petit laps de temps. Nous avons alors emmené Guy chez un ophtalmologue reconnu, on venait de l’étranger pour le consulter, Il fallait attendre plusieurs mois pour avoir un rendez-vous. Celui-ci l’a examiné consciencieusement et fait les examens nécessaires et nous a conseillé de ne plus laisser opérer notre fils car il n’y avait rien à faire. Le nerf optique n’était pas soudé. Peut-être plus tard nous avait-il dit, si la médecine fait des avancées dans ces cas-là.

Dans cette clinique qui lui a fait faire d’énormes progrès, Ils ne savaient pas l’aider plus. On nous avait conseillé de le placer dans un institut spécialisé pour lui permettre d’évoluer encore plus. Mais nous étions des parents qui aimions notre petit garçon et nous l’avons repris à la maison en lui faisant suivre des cours en enseignement spécialisé, nous espérions que cela irait mais hélas, il n’en a rien été. Il est allé dans plus d’une école spécialisée mais il devait aussi côtoyer des enfants entre parenthèses « normaux » dès qu’il sortait de l’école et comme il était conscient de ses handicaps, il ne le supportait pas. Lorsqu’il a été renvoyé de la dernière école, nous avons dû nous rendre à l’évidence que les médecins avaient raison et que pour le bien de notre enfant, nous devions faire le sacrifice de le placer du moins à l’essai pour voir.

Il est alors entré à l’Institut médicopédagogique du Brabant. Nous avions de nombreux contacts avec l’assistante sociale de l’Institut qui nous relatait que ce n’était pas toujours facile avec Guy mais qu’il évoluait.

Nous le prenions à la maison le week-end mais il venait contre son gré car encore une fois à la maison, nous le sortions dans des endroits où il y avait forcément des enfants dit « normaux » que ce soit dans des parcs, des fêtes, ou dans la famille.

Encore une fois, nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur car nous ne voulions que son bonheur. Nous lui avons donc permis de rester le week-end à l’Institut avec ses copains qui eux aussi étaient handicapés et avec lesquels il se sentait bien. Nous lui rendions donc visite à l’Institut le samedi et lui apportions un sac de friandises, fruits, jouets.... Au début, il était là lorsque nous arrivions mais dès qu’il avait reçu son cadeau, il nous quittait car il préférait rejoindre ses copains. Puis de plus en plus souvent, lorsque nous arrivions, il n’était pas là. Il disait que nous lui avions dit que nous ne pouvions pas venir ce samedi et l’Institut lui permettait alors d’accompagner ses copains avec des moniteurs soit voir un match de foot ou autre chose.

Vers ses 17 ans, lorsqu’il a demandé à venir à la maison le dimanche, vous pouvez imaginer notre joie. Très vite, il a demandé à venir à la maison le week-end et à la fin, il venait du vendredi en fin d’après-midi au lundi matin. Il y avait de temps en temps de petits problèmes mais rien de bien grave vu que nous avions permis qu’il rencontre le week-end deux copains de l’Institut qui demeuraient eux aussi à Bruxelles.

Lorsqu’il avait environ 19 ans, l’assistante sociale de l’Institut est venue nous trouver. Elle avait parlé à notre fils et elle lui avait demandé s’il serait d’accord pour aller dans un endroit où il aurait un petit studio ainsi qu’une somme d’argent. Là, on lui apprendrait à gérer un budget et à devenir autonome. Nous avons, après nous être fait exposer ce projet de long en large accepté car dans la normale, nous allions partir avant lui et nous n’aimions pas l’idée qu’après notre décès, on puisse le mettre n’importe où.

J’ai donc signé les papiers autorisant mon fils à toucher personnellement ses allocations familiales majorées d’handicapé.

Son physique avait été bien récupéré. Bien sûr,il restait aveugle d’un côté, sourd du même côté, il ne savait pas forcément faire ce que les autres faisaient mais cela allait. Du côté mental, c’était un grand enfant et il ne comprenait pas ce qu’on lui demandait si ce n’était dit avec des mots d’enfants. Il parlait de la pluie et du beau temps mais était incapable de tenir une conversation un tant soit peu disons, technique.

Lorsque son stage à cet endroit a été terminé, il savait se débrouiller seul et gérer un budget, nous lui avons alors permis de vivre seul à la seule condition que s’il avait un problème ou pour les décisions importantes, il prenait conseil auprès de son papa. Notre fils est donc parti habiter dans la région liégeoise.

Chaque fois que Guy avait un problème ou une décision à prendre, il téléphonait à son papa, ou venait le trouver, s’il avait besoin d’aide, Il contactait son papa. Un exemple, un jour, il a contacté son papa car il aurait voulu acheter une petite maison ouvrière à Seraing. Son papa l’a écouté, Il s’agissait d’une mini-maison ouvrière de deux pièces au rez-de-chaussée et d’une pièce au premier étage. Son prix était de 325.000 francs (ce n’était bien sûr pas encore l’euro à ce moment) et le remboursement du prêt n’était mensuellement pas plus élevé que le montant du loyer qu’il payait pour son studio. Son papa lui a alors donné l’argent de départ qu’il fallait et a été l’aval pour le prêt car sans cela, il ne savait pas obtenir le prêt.

La seule chose dont il n’avait jamais parlé était le fait qu’il était devenu témoin de Jéhovah.

Après son enfance, je vais à présent vous parler des faits et circonstances où nous avons appris en même temps l’appartenance de notre fils aux témoins de Jéhovah et son décès.

Notre fils est décédé à l’âge de 35 ans à cause de son refus de transfusion sanguine. Il a été reconnu handicapé physique et mental de 1970 jusqu’à son décès. Il était devenu témoin de Jéhovah ce que nous ignorions. Il est entré au CHU de Liège le 17 janvier 2001, a refusé d’être transfusé, a été opéré le 18 janvier puis mis dans un coma artificiel. Le CHU a alors fait appel à un intermédiaire du comité de liaison des témoins de Jéhovah, celui-ci a dit de ne pas transfuser notre fils vu ses convictions religieuses. Au CHU, ils ont suivi ces directives. Les témoins de Jéhovah ont veillé notre fils durant toute son hospitalisation et ce jusqu’au 22 janvier, jour de son décès malgré qu’il se trouvait aux soins intensifs. Personne ne nous a prévenus de l’hospitalisation de notre fils. Les témoins de Jéhovah ont voulu organiser les funérailles sans prévenir la famille du décès, ce n’est que grâce à l’entrepreneur des pompes funèbres qui a refusé de le faire que nous devons d’avoir été prévenus.

Nous avons porté plainte avec constitution de partie civile et depuis c’est un combat sans fin pour la mémoire de notre fils et pour que cela n’arrive plus à d’autres parents.

En ce qui concerne notre plainte avec constitution de partie civile à l’encontre de deux médecins, un infirmier et une infirmière du CHU de Liège, l’affaire avait bien débutée, la juge d’instruction avait demandé les bons devoirs complémentaires mais la plupart n’ont pas été exécutés.

Dans un premier temps, nous avons demandé des devoirs complémentaires à la juge d’instruction dont la plupart avaient été demandés par elle mais non exécutés. La juge d’instruction les a tous refusés. Nous avons fait appel de cette décision devant la chambre des mises en accusations qui a suivi la juge d’instruction et les a toutes refusées.

Nous sommes passés à la chambre du conseil qui a donné un non-lieu. Nous avons fait appel de cette décision malgré la menace de l’avocat de la partie adverse de demander 2500 euros de dédommagement pour acharnement sur leurs clients. La chambre des mises en accusations a donné un non-lieu en argumentant que rien ne prouve que notre fils au moment des faits, n’ait pas été en état de prendre une décision réfléchie malgré les divers documents de médecins prouvant que notre fils avait des handicaps dont par exemple un document prouvant qu’enfant, notre fils avait séjourné dans une institution pour malades mentaux et un document attestant que notre fils avait été reconnu handicapé depuis 1970 et ce jusqu’a son décès. On nous reprochait également de n’avoir pas tenu notre fis constamment auprès de nous. Comme pour nous c’était son évolution qui primait, par moments il était auprès de nous mais à d’autres moments pour lui permettre d’évoluer le plus possible, il était dans une institution spécialisée car logiquement, ce sont les parents qui partent avant les enfants. Nous étions toujours là lorsqu’il désirait des conseils et mon époux l’a aidé plus d’une fois financièrement. La seule chose qu’il a cachée était son entrée chez les Témoins de Jéhovah. De plus, les magistrats nous ont condamnés à payer 1000 euros aux médecins et personnels soignants pour acharnement contre ceux-ci.

Nous voulions aller en cassation afin de pouvoir recommencer tout depuis le début dans le palais de justice d’une autre ville belge mais pour cela, notre avocat devait trouver un avocat de la cour de cassation pour nous représenter et aucun de ces avocats n’a accepté. Notre conseil a alors porté plainte auprès de la cour européenne à Strasbourg contre l’état belge.

À l’heure actuelle, nous attendons de leurs nouvelles. En ce qui concerne notre plainte avec constitution de partie civile contre les témoins de Jéhovah, c’est une autre juge d’instruction qui s’en occupe car pour les magistrats, il s’agissait de deux plaintes bien distinctes.

Lorsque nous avons eu accès au dossier, il était vide. Il n’y avait rien dedans. Nous avons donc demandé des devoirs complémentaires à la juge d’instruction qui les a tous refusés.

Nous sommes allés en appel devant la chambre des mises en accusation pour ces devoirs complémentaires refusés. Le président a dit qu’il y avait en effet un problème puisqu’il n’y avait rien dans le dossier. Il allait réfléchir à ce qu’il y avait lieu de faire.

Nous avons eu un nouvel accès au dossier, ils avaient mis dans le dossier ce qui se trouvait dans le dossier des médecins alors qu’au début, ils avaient séparé les dossiers car ils n’avaient rien à voir entre eux. Mais nos devoirs complémentaires demandés eux étaient toujours refusés.

Nous sommes passés devant la chambre du conseil et il y a eu un non-lieu pour les mêmes motifs que pour les médecins.

Malgré la menace de l’avocat de la partie adverse de demander des dommages pour leur client, nous nous sommes rendus au palais de justice de Liège pour payer pour aller en appel. Comme nous allons de nouveau passer devant les mêmes magistrats, nous nous doutons du résultat mais nous ne baisserons pas les bras ; nous irons jusqu’au bout dans ce dossier aussi.

Rien ne pourra nous rendre notre fils mais nous mènerons notre combat jusqu’au bout en mémoire de notre fis et nous espérons que cela n’arrivera plus à d’autres parents. Nous espérons que la justice belge enlèvera ses œillères en ce qui concerne les sectes.

Malheureusement, les Témoins de Jéhovah s’infiltrent partout, dans les milieux médicaux, les ministères, la justice etc....

Nous avons déjà fait publier plusieurs articles dans les journaux belges et dans un périodique belge. Nous avons pris contact avec des journaux et périodiques français puisque c’est un problème mondial, mais à ce jour nous n’avons reçu aucune réponse qu’elle soit favorable ou non.

Il y a eu deux article dans « La dernière heure » dont je vous en mets un ci-dessous :


Belgique : Témoins de Jéhovah

Un refus mortel

Dhnet, 10 février 2005

Guy, 35 ans et Témoin de Jéhovah, est mort à l’hôpital. Ses parents veulent comprendre ce qui s’est vraiment passé

BRUXELLES Guillaume et Thérèse sont séparés depuis plus de 20 ans. Cela ne les empêche pas aujourd’hui de se battre ensemble pour obtenir la vérité sur la mort de leur fils. Guy avait 35 ans quand son cœur a cessé de battre à l’hôpital Le 22 janvier 2001.

« J’ai reçu un coup de fil pour m’annoncer la mort de Mon fils. C’était un Témoin de Jéhovah », explique Guillaume qui tombait Des nues. « On ne nous a jamais avertis que Notre fils avait été hospitalisé », renchérit Thérèse qui indique que son fils était handicapé à 80%. « Physiquement, ça allait encore mais, mentalement, IL avait l’âge mental d’un adolescent de 14-15 ans », expliquent les parents.

Guy avait été hospitalisé pour Des ulcères à l’estomac. Des ulcères qui Ont tourné à l’hémorragie digestive. Dès son entrée à l’hôpital, IL a manifesté son désir de NE pas recevoir de transfusion sanguine. Témoin de Jéhovah depuis une dizaine d’années, Il appliquait ses convictions à la lettre. Les médecins Ont acté son désir et Guy aurait même signé une décharge. « Mais ça, on ne l’a jamais vue », raconte Thérèse. Vu la gravité de son état, les médecins Ont dû opérer pour découvrir l’origine des hémorragies et tenter de les stopper mais sans succès. Guy est tombé dans Le coma et n’en est jamais sorti.

Très rapidement, Guillaume porte plainte pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Il estime que les médecins Ont commis une erreur on ne prévenant pas la famille de Guy. « Il on avait été prévenus, on aurait up expliquer qu’il n’était pas apte à prendre une telle décision », indique Thérèse. Auquel cas, Guy aurait pu recevoir la transfusion qui lui aurait sauvé la vie.

Car Le médecin légiste Bonbled est formel dans son rapport d’expertise : « Le choix thérapeutique adéquat aurait compris une mesure de transfusion de sang, d’une part, et Le tarissement de la source de saignement, d’autre part. Seul Le deuxième volet du traitement a up être mis en œuvre. Il ne fait aucun doute que la position du patient préjudiciait sérieusement les chances d’une issue favorable à l’évolution de son état de santé ». En clair, Le médecin est formel : refuser la transfusion était suicidaire.

« Pour moi, c’est clairement un suicide. Si j’ai déposé plainte, c’est parce que les médecins n’ont pas fait leur boulot et que Des étrangers Ont up assister à la mort de Notre fils », indique Guillaume dont l’indignation et la colère sont aisément compréhensibles.

Le dossier judiciaire a suivi son cours. Deux médecins Ont même été inculpés ainsi que deux membres du personnel infirmier. Mais fin du mois de janvier, la chambre du conseil a décidé qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre. Guillaume et Thérèse ont fait appel et ont déposé une autre plainte mais contre les Témoins de Jéhovah cette fois.

« Il faut que les gens sachent. On ne veut pas un franc. Ce qu’on veut, c’est que d’autres parents ne vivent pas la même chose que nous », concluent Thérèse et Guillaume.


Entretien publié dans l’hebdomadaire belge « Ciné-Télé Revue », 26 mai 2005

« Ils ont laissé mourir mon fils »

Le 17 janvier 2001, Guy Weyckmans, 35 ans est hospitalisé en région liégeoise. Témoin de Jéhovah, Il refuse la transfusion sanguine qui aurait up lui sauver la vie. Particularité du dossier, Guy était handicapé mental et, selon ses parents, Il n’était pas en mesure de bien peser la gravité de as décision. A tous Le moins, ceux-ci auraient voulu que Guy puisse en discuter préalablement avec sa famille. N’ayant été contacté que Le 22 janvier, soit plusieurs heures après Le décès, Guillaume Weyckmans, Le papa de Guy ne digère pas. Avec son épouse, cet ex-policier bruxellois a déposé plainte contre les médecins de l’hôpital. « Ils se sont contentés de la parole de mon fils lequel était sous influence, c’est à dire continuellement ‘veillé’ par des membres de sa congrégation religieuse. Non seulement, la déontologie médicale n’impose pas de suivre Le désir suicidaire d’un patient, mais en plus, les médecins ont géré la situation avec les seuls Témoins de Jéhovah, comme si nous étions quantité négligeable ! ». D’abord inculpés par la justice liégeoise, les médecins ont bénéficié d’un non lieu en première instance. Ne cherchant « aucune compensation financière » mais désirant « que cela ne puisse plus arriver à d’autres familles », les parents de Guy ont fait appel.

  • Qui était Guy ?
  • C’était notre deuxième enfant. Il est né en août 1965, 13 mois après as sœur. C’était un beau bébé. Il pesait quatre kilos. Nous l’avions fort désiré. En Somme, c’est un peu comme si nous avions eu des jumeaux. Notre famille était heureuse... Très rapidement, on a dû se rendre à l’évidence, Il y avait quelque chose qui n’allait pas avec Guy. Dans les premiers mois de as vie, Il ne parvenait pas à prendre du poids et as croissance était très lente. A cinq ans, IL ne marchait pas encore et son comportement était déjà difficile à gérer : Il se perdait dans des colères indescriptibles qui nous dépassaient complètement. En janvier 1970, un médecin a estimé que la seule manière de faire progresser Guy était de Le placer dans un institut pour handicapés mentaux à Tirlemont. Il y est resté pendant 16 mois et cela a été positif : quand il est rentré à la maison, Il savait marcher.

Malheureusement, sur Le plan comportemental, l’évolution était beaucoup moins évidente. Les médecins nous ont confirmé que Guy était mentalement retardé et qu’il était « caractériel ». On était prévenu : ce ne serait pas facile de Le reprendre à la maison mais c’est ce que nous voulions. Guy est donc rentré et il a commencé l’école primaire dans l’enseignement spécial. Vaille que vaille, cela a tenu jusqu’à ses 11 ans. Au fil du temps, son éducation devenait de plus en plus difficile, les colères étaient toujours là. Subites. Violentes. Un psychologue nous a expliqué que Guy ne supportait pas d’être en contact avec des enfants normaux - par exemple, ss sœur, ses amies et amis qui lui rendaient visite- parce qu’il percevait as différence et que cela Le complexait.

Confrontés à mille problèmes quotidiens - il ne voulait pas manger, il se braquait pour un oui ou pour un non. Le petit paradis familial dont on avait rêvé prenait souvent des allures d’enfer. Ma femme était sur les genoux. épuisée, culpabilisée, ne sachant plus comment s’y prendre, elle tombait en dépression. A l’école, on ne voulait plus de lui. Il perturbait sans cesse les cours, Il lui arrivait de se coucher au milieu de la classe et de refuser de bouger... C’était un constat qui nous faisaient mal mais il fallait se rendre à l’évidence : on ne parvenait à répondre au besoins de cet enfant et si on continuait comme cela, Il ne parviendrait jamais à trouver un équilibre dans la vie. Il a donc été placé en internat dans un autre établissement spécialisé, l’IMP provincial du Brabant, à Waterloo.

  • Quels contacts avez-vous gardé avec lui ?
  • Nous allions Le voir chaque semaine. C’était très dur à encaisser. Bien sûr, Guy se sentait visiblement mieux dans cet univers où il était en compagnie d’adolescents rencontrant Des difficultés similaires aux siennes. En plus, il était accompagné par un éducateur qui savait bien s’y prendre avec lui. Mais dans Le même temps, nos liens se distendaient. Parfois quand nous arrivions, il nous était dit qu’il avait préféré participer à une activité avec Des copains plutôt que de nous attendre. D’autres fois, il prenait Le cadeau que nous lui avions apporté et il s’en allait. Dès cette époque, nous nous sommes dit que l’important c’était lui, que s’il arrivait à se sentir bien et à apprendre, nos émotions de parents devaient être mises au second plan. Progressivement, Le fait de ne pas lui mettre la pression a d’ailleurs porté ses fruits. Il a commencé à vouloir revenir à la maison. Un jour d’abord, puis du vendredi au dimanche et ensuite du vendredi au lundi matin. Cela a duré jusqu’à ses dix-huit ans. En 1984, IL a été pris en charge par une autre institution et il a vécu dans un petit flat à Hamoir. Le principe était de lui apprendre à devenir autonome et à savoir gérer un budget. Comme bagage, il avait une formation de soudeur et de peintre en bâtiment. Pour nous, il était prêt à prendre son envol. Malheureusement, les contacts sont alors devenus plus épisodiques. Je crois que Guy nous en voulait de l’avoir conçu tel qu’il était. En plus, malgré ses années de formation et de socialisation en institution spécialisée, il n’avait pas comblé tout son handicap. Il raisonnait comme un enfant, sur base d’idées toutes faites, confuses et parfois totalement fausses. Une anamnèse médico-sociale rédigée par un médecin en 1986 résume ainsi : « M. Weyckmans s’avère limité dans ses potentialités intellectuelles (...). Il s’agit d’une personnalité difficile à cerner. L’entretien révèle une personnalité infantile, se situant toujours au niveau de l’anecdote, incapable de donner sur elle-même, un minimum d’informations abstraites pertinentes. (...) Le sujet est souvent embrouillé, peu clair, comprenant mal les questions, surtout quand il s’agit de parler de ses handicaps ». En 1988, Guy est un jour venu trouver ma femme et il lui a demandé 80.000 francs. Elle était dans l’impossibilité de lui donner cette somme. Dans son esprit, c’était impossible : « Des parents ont de l’argent. C’est que tu ne veux pas me les donner. Je ne te verrai plus jamais ». Et il resté sur cette position. Pour ma part, alors qu’il s’était installé en région liégeoise, j’ai continué à avoir des contacts peu fréquents mais réguliers avec lui. En bref, j’étais là quand il estimait avoir besoin de moi. Par exemple, je me suis porté aval quand il a acheté une petite maison ouvrière à Seraing et je lui donné l’argent pour les frais de notaire. Sans doute n’était-ce pas la relation que j’aurais pu espérer avoir avec un fils, mais c’était la seule voie possible avec Guy. Des pans entiers de son existence nous échappaient. Aussi, c’est après sa mort que l’on a appris qu’il s’était fortement impliqué dans la congrégation des Témoins de Jéhovah.
  • Comment avez-vous appris son décès ?
  • C’est un Témoin de Jéhovah qui m’a appelé le 22 janvier 2001 au soir. Mon fils était mort depuis midi. Disposant du carnet d’épargne de mon fils, il avait déjà pris contact avec les pompes funèbres mais celles-ci avaient refusé d’inhumer si nous, les parents de Guy n’étions pas prévenus...
  • Que s’était-il passé ?
  • Guy avait été hospitalisé le 17 janvier pour de graves problèmes gastriques. Son état nécessitait une transfusion sanguine. Accompagné en permanence de Témoins de Jéhovah qui l’on veillé jusqu’à sa mort, il avait manifesté le souhait de ne pas être transfusé. Les médecins de cet hôpital liégeois qui reçoit souvent les membres de cette congrégation religieuse ont donné suite à la volonté de Guy, sans autre forme de procès. Plus tard, ils diront qu’ils ont beaucoup discuté avec lui et qu’il avait même signé une décharge. Mais s’ils ont beaucoup discuté avec lui, ils ne pouvaient pas ne pas se rendre compte du handicap mental de notre fils et, partant, de son manque de discernement. Malgré cela, ils n’ont pas jugé nécessaire de contacter ses parents. Pas plus qu’ils n’ont estimé utile de faire examiner Guy par un psychiatre alors qu’il prenait plusieurs médicaments, tels du Xanax, du Norfex et du Lithium, dont on sait qu’ils ont tendance à altérer la volonté.
  • Vous avez déposé plainte ?
  • Oui, car on s’est rendu compte que la déontologie médicale n’imposait de suivre le désir suicidaire d’un patient. Et que, dans des cas comme celui de Guy, il était fortement conseillé de prendre contact avec la famille avant de prendre une décision aussi grave.
  • D’après le dossier judiciaire, les Témoins de Jéhovah ont prétendu aux médecins que Guy n’avait pas de famille...
  • J’ai été policier. Je sais pertinemment bien pour l’avoir vécu en tant qu’enquêteur que dans des cas pareils d’autres médecins demandent à la police de vérifier à l’état civil ! En fait, on a acquis le sentiment que les Témoins de Jéhovah faisaient partie du fond de commerce de l’hôpital où Guy a été « soigné »... L’enquête a commencé sur les chapeaux de roue. Deux médecins, une infirmière et un infirmier ont été inculpés pour « non assistance à personne en danger ». Et puis tout semble s’être bloqué. Des devoirs importants demandés par la juge d’instruction n’ont pas été exécutés - par exemple entendre toutes les personnes qui avaient assistés à la « prise de décision » de notre fils. Quand on a insisté pour que ces actes d’enquête soient tout de même posés, la juge d’instruction ne le voulait plus elle-même. On a fait appel. Le parquet l’a suivie. Et puis, il a finalement requis le non-lieu en janvier 2005. Notre dossier dérange. On touche à des médecins et à leurs relations critiquables avec une congrégation religieuse. Y a t-il eu d’autres cas comme le nôtre ? En tous cas, on ne lâchera pas. On a fait appel de cette décision. On ne veut pas d’argent mais si on pouvait empêcher que cela arrive à d’autres familles, ce serait une victoire.

03-06-2005, Michel Bouffioux


Si vous avez des questions à nous poser, nous nous tenons à votre entière disposition.

Merci de nous lire.

Thérèse Swerts, Guillaume Weyckmans

PS : Je vous mets ci-dessous mes coordonnées.

Madame Swerts Thérèse Rue de la Jonchaie, 23/34 1040 Bruxelles/Belgique Tél : 02/646922 GSM : 0498/697300 e-mail : fb547183 skynet.be


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4 Messages de forum

  • Chere Thérèse ,

    Si vous saviez comme je suis boulversée par ce qui vous arrive. Je suis une ex tj depuis plus de 3ans, après l’avoir été pendant 23 ans, et je vous assure, qu’on est formaté là bas, et qu’on subit vraiment un lavage de cerveau. Tous les témoignages des ex tdj, vous le confirmeront. Le but des tdj , c’est ce séparer des familles en y entrant, et en sortant. Mon dieu, j’espère qu’un jour, il va réagir pour faire cesser ce carnage. En ce qui concerne les suicides du Temple Solaire, c’était évident, car c’était collectif. Dans les cas des tdj, c’est à petites doses. Thérèse, je vous soutiens de toute ma force et mon cœur pour votre douleur intense, ainsi que votre ex mari. Puissiez vous avoir du réconfort, parmi certains forums, car vous n’êtes pas la seule ( maigre consolation) pour souffrir de tant d’humanité !

    Bien cordialement, Elsa

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    • Merci Elsa pour votre gentil soutient. Je me suis liée d’amitié avec plusieurs ex tj qui tout comme mon fils n’étaient que des victimes. Avec certains, j’ai des contacts à travers de forum, avec d’autres par mail voir par téléphone. J’en ai même rencontrés certains. Nous nous remontons le moral l’un l’autre et c’est une amitié sincère qui est née entre nous. Malgré tout, nous ne devons pas en vouloir au monde entier et il faut se rendre compte que les malheureux tj qui viennent sonner à notre porte ont subit un véritable lavage de cerveau et sont manipuler par les tj du sommet de la pyramide. J’espère juste que le plus grand nombre possible vont ouvrir les yeux et avoir l’aide nécessaire pour se retirer. Amicalement. Thérèse

      Répondre à ce message

      • Bonjour, je suis extrêmement bouleversé par ce qui vous est arrivé et cela me fait repenser aux douleurs extrêmes auxquelles j’ai du faire face en 2004 quand ma mère est décédée suite à son refus de transfusion sanguine. Elle avait 51 ans et moi à peine 18. Nous étions à l’époque tous 2 tj depuis ma naissance. Suite à cela, j’ai commencé à remettre en question le bien fondé de « la loi cosmique sur le sang » pour reprendre l’expression d’un tj sur internet et j’en suis sorti 1 an après quasiment jour pour jour. Je ne sais que trop bien la douleur ressentie et la haine que l’on ait assassiné (c’est bien le terme) la personne que vous aimiez le plus au monde. Je n’ai pas voulu engager de procédure judiciaire (quand bien même j’étudie le droit !) pour respecter les dernières volontés de ma mère. en revanche, je milite activement contre les tj pour éviter que de tels horreurs se reproduisentet j’essaie d’apporter un soutien aux victimes qui en sont sorties et qui souffrent de leur passage chez les tj. Vous pouvez trouver mon témoignage sur le site à la rubrique : Sans la Watchtower ma mère serait encore en vie !

        je vous laisse également mon adresse mail pour prendre contact si vous le désirez : lbarbosa109 neuf.fr (j’habite dans le nord de la france à environ 80 km de la frontière belge)

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        • Bonjour Cher Lionel,

          Je vous trouve fort courageux. Vous avez subit beaucoup de chose à cause Des tj et la plus douloureuse la perte de votre maman pour non transfusion sanguine.

          Vous avez à présent rencontré une jeune fille sérieuse avec qui vous avez l’air d’après votre récit de vous entendre et vous devez croire au bonheur qui existe.

          Je suis certaine qu’avec son aide vous allez constater jour après jour que la vie EST belle. Vous êtes jeune et avez encore beaucoup de choses à découvrir.

          Laisser Le bonheur venir à vous, voyez ce qu’il a de positif et repoussé Le négatif que vous Ont malheureusement apporté les tj.

          Is je peux vous aider ou vous être d’un réconfort quelconque je Le ferai avec plaisir.

          Vous avez perdu votre maman et une maman on n’en a qu’une, c’est une perte énorme. Moi, j’ai perdu Mon fils et c’est également une perte irremplacable.

          Moi j’habite en Belgique à 1040 EtterbeeK ( Etterbeek EST une commune de Bruxelles),

          Ma boite é-mail : fb547183 skynet.be

          Je suis passée Le 29 janvier dans une émission de la TV belge RTL-TVI, l’émission s’appelle Images à l’appui, et j’y AI apporté Mon témoignage. Si vous Le désirez, je peux vous envoyer une copie soit vidéo soit dvd. Faite-Le moi savoir et Le cas échéant donner-moi une adresse ou je peux vous la faire parvenir.

          J’ai beaucoup d’amis ex-tj avec lesquels je m’entends très bien et avec lesquels j’ai de très bons rapports.

          A bientôt j’espère, avec toute Mon amitié et surtout garder courage. Oublié petit à petit car cela NE se fait pas en un jour j’en suis consciente les mauvais passages de votre vie et même is vous n’arriver pas à oublié tout à fait, pensez à vous reconstruire et à être heureux.

          Thérèse

          PS : j’ai essayé de vous envoyer un courriel à l’adreese mail que vous m’aviez donnée à savoir lbarbosa109 neuf.fr, mais je ne sais pas l’envoyer,le tableau suivant s’affiche : « pas de correspondance trouvée, vérifier les noms »

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