Un thème revient sans cesse dans la prédication des Témoins de Jéhovah : celui de la fin des temps. Un événement qu’ils décrivent avec force détails comme une immense bataille, « la plus grande révolution que le monde ait jamais vue. Lorsqu’aura lieu cette « bataille d’Harmaguédon », ce sera la fin du monde mauvais, du « présent système de choses », et le triomphe final du Royaume de Dieu.
Russell, le fondateur de la secte, prétendait connaître la date de cet événement apocalyptique qu’il annonça d’abord pour 1874, puis 1914 et enfin 1918, se livrant à des calculs compliqués à partir de textes bibliques tirés de l’apocalypse et du livre de Daniel.
Rien ne s’étant produit aux dates annoncées, Rutherford, le successeur de Russel, se livra à de nouveaux calculs, annonçant la fin du « présent système de choses » pour 1925 puis 1930. Comme là encore, rien ne se produisit et que la mission spécifique des Témoins de Jéhovah est d’annoncer à tous l’imminence de ce « grand jour de Dieu Tout-Puissant », Knorr, l’avant-dernier président , laissa entendre à plusieurs reprises que l’événement se produirait en 1975…Après cette succession de prévisions ratées, les Témoins de Jéhovah sont devenus plus prudents ; ils continuent à annoncer l’imminence de la fin des temps, mais sans fixer de date précise…
Depuis l’Ascension, les chrétiens
attendent le retour glorieux du Christ à la fin des temps. Mais nul ne connaît
ni le jour, ni l’heure.
LE MILLENARISME
Les Témoins de Jéhovah sont des « millénaristes » parce qu’ils prennent à la lettre les « mille ans » dont il est question dans l’apocalypse (20 : 1-6) pour désigner la phase terrestre du Règne du Christ.
Cette expression « mille
ans » est à prendre dans un sens symbolique et spirituel et non pas
littéral et matériel, comme le font les Témoins et tous les millénaristes. Elle
ne signifie pas 999 ans + 1 , mais le temps indéfini qui a commencé avec la
résurrection du Christ et qui prendra fin avec son Retour glorieux à la fin des
temps. Ce n’est pas un temps « à venir », mais le temps de l’Église,
celui que nous vivons actuellement.
LA BATAILLE D’HARMAGUEDON
Un mot revient très souvent sur
les lèvres et les publications des Témoins de Jéhovah : Harmaguédon. En
hébreu, il signifie : « la montagne de Megiddo », située en
Palestine. Dans l’apocalypse de saint Jean (16 :16) ce mot désigne
symboliquement le grand combat final entre Dieu et les puissances du mal, à la
fin des temps. Ce ne sera pas une bataille militaire, mais l’aboutissement de
l’espérance chrétienne. Alors, le mal, enfin, sera vaincu. Le mal, et non pas,
comme disent les Témoins, la chrétienté, les États politiques, ou même les
pécheurs. Ce sera le Royaume de l’Amour auquel tout le monde est appelé et non
pas seulement une minorité. Le dessein de Dieu pourra alors se réaliser
pleinement, car il n’y aura plus, ni en l’homme, ni dans le monde, d’égoïsme et
de haine pour s’y opposer.
CE QUE NOUS CROYONS
Depuis toujours, il y a eu des gens inquiets pour faire des calculs relatifs à la fin des temps. Et depuis 20 siècles, on ne compte plus ceux qui se sont efforcés de trouver dans la Bible de quoi alimenter leurs spéculations.
Sur quoi s’appuient les Témoins de Jéhovah pour établir leurs calculs qui, tous, se sont révélés faux ? Sur deux livres de la Bible : l’Apocalypse de Jean et le livre de Daniel, qui relèvent l’un et l’autre du genre apocalyptique.
Un genre littéraire où tout est symbolique : les noms de personnes et de lieux, les personnages, les bêtes, les pierres, les chiffres et la suite des évènements qui n’a rien à voir avec un enchaînement chronologique au sens que les historiens donnent à ce mot.
Pour
lire correctement ces deux livres de la Bible, il faut :
Savoir qu’il s’agit là de grandes fresques dont on ne peut saisir le sens qu’en les considérant dans leur ensemble ( et non en scrutant chaque détail avec une loupe).
Ne pas rapporter à la « fin des temps » des passages du texte qui peuvent légitimement s’appliquer à des évènements historiques déjà accomplis.
Enfin, nous rappeler que la Bible ne nous a pas été donnée pour satisfaire nos vaines curiosités , mais pour nous dire l’amour de Dieu pour nous et le bonheur qu’il réserve à ceux qu’il aime.
Interrogé par les Pharisiens sur le moment où arriverait le Royaume de Dieu, Jésus leur répondit :
« la venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer et on ne saurait dire : Le voici ! Le voilà ! car, sachez-le, le Royaume de Dieu est parmi vous » (Luc 17 :20-21)
L’Évangile de Matthieu rapporte une autre parole à ce sujet :
« Pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait : ni les anges, ni le Fils, mais le Père seul (Mt 24 :36).
Nous voilà prévenus.
Les chrétiens attendent le retour
glorieux du Christ à la fin des temps. Ils célèbrent et anticipent ce retour
chaque fois qu’ils se réunissent pour l’Eucharistie et qu’ils mettent en
pratique les Béatitudes.
Nous ignorons le temps de l’achèvement de la terre et de l’humanité, nous ne connaissons pas le mode de transformation du cosmos. Elle passe, certes, la figure de ce monde déformée par le péché ; mais, nous l’avons appris : Dieu nous prépare une nouvelle demeure et une nouvelle terre où règnera la justice et dont la béatitude comblera et dépassera tous les désirs de paix qui monteront au cœur de l’homme. Alors, la mort vaincue, les fils de Dieu ressusciteront dans le Christ, et ce qui fut semé dans la faiblesse et dans la corruption revêtira l’incorruptibilité. La charité et ses œuvres demeurent et toute cette création que Dieu a faite pour l’homme sera délivrée de l’esclavage de la vanité.
(Vatican II, l’Église dans le monde de ce temps)
Source : FETES et SAISONS N° 348

