Il n’y a rien de plus catholique que la papauté. Quand on pense à « catholique », on pense à Rome, au Vatican, au dôme de la Basilique Saint Pierre.
Toutefois les racines de la papauté remontent à Jérusalem et à ses rois-messies qui gouvernaient jusqu’au temps de la captivité babylonienne.
Comme la plupart des chefs d’états, David et ses descendants, les rois oints de la Tribu de Juda, réalisèrent qu’ils ne pouvaient gouverner seuls. Le plus important officier assistant le roi était une sorte de premier ministre. Il était appelé « Maître du Palais » (note du traducteur : la royauté carolingienne en France a également connu ce système, dont le plus célèbre représentant fut Charles Martel). Dans Isaïe 22, on voit Dieu dire à un Maître du Palais indigne, Shebna, qu’il sera remplacé par Éliakim, qui fera des choses bonnes. Voici ce qu’on apprend dans ce passage : le maître du palais porte des robes d’honneur spécifiques indiquant son autorité particulière. Il était censé être un père pour quiconque dans le Royaume. Le symbole de son autorité est une clef, car en effet il a le pouvoir d’ouvrir les portes aux gens aussi bien que de les fermer. En particulier, il contrôle l’accès auprès du Roi lui-même. Il est quelqu’un à qui on peut faire porter de lourdes charges, comme une solive.
Quand Jésus commença son ministère public, il n’apparut pas juste comme cela en proclamant qu’il était le Messie tant attendu. A Césarée de Philippe (Mt 16 : 13-20), il demanda à ses disciples ce que la foule disait de Lui. Ils Lui firent part rapidement de ce qu’ils avaient entendu. Mais vint alors une question plus précise. Et vous qui dîtes-vous que Je suis ? Peut-être y eut-il un affreux silence qui s’ensuivit. Mais l’un d’eux lâcha : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Notez que je ne dis pas que c’est Pierre qui proclama cela. Et pour cause, il ne s’appelait pas encore Pierre. Et nous voici justement là où je voulais en venir. Nulle part ailleurs dans les Évangiles Jésus ne change le nom de quelqu’un d’autre. Dans l’Ancien Testament, quand Dieu change le nom de quelqu’un, cela indique que cette personne va jouer un grand rôle dans l’histoire du Salut. Abram devint Abraham, Jacob devint Israël, etc... En outre, le nouveau nom lui-même fournit une clef d’explication au rôle que la personne jouera. Abraham signifie ainsi « père de nombreuses nations », par exemple.
Pierre signifie bien sûr « pierre ». Vous vous souvenez d’Éliakim, la solive qui soutient la voûte ? Une pierre est quelque chose de stable sur laquelle vous pouvez vous tenir debout, et même construire dessus. Et la clef dont Jésus parle ? Jésus est en train de mettre en évidence qu’en tant que créateur du nouvel Israël, il choisit son Premier Ministre. En fait, il note que c’est son Père qui fit le choix. C’est donc par la vertu de la Grâce divine que le pêcheur sait ce qu’aucun homme ne sait par lui-même, c’est-à-dire que Jésus est le Christ, l’Oint du Seigneur.
Une des choses les plus difficiles à croire dans l’enseignement catholique au sujet de la papauté, c’est la notion d’infaillibilité papale. Mais c’est de ce passage que ça vient. Pierre et ses successeurs ont un charisme de science, par lequel quand le besoin s’en fait sentir, ils reçoivent l’aide de Dieu dans l’identification et la proclamation de la vérité au sujet de Jésus. Autrement, la vérité serait bonne pour la benne. Si c’était le cas, les portes de la mort prévaudrait en fait sur l’Église. Jésus en faisant de Simon « Pierre », s’est assuré que ça n’arriverait pas. Et malgré 2000 ans de persécution, de l’intérieur comme de l’extérieur, elles n’ont pas prévalu.
Finalement, pourquoi Rome est-elle le centre de l’Église catholique ? Parce que Pierre y mourut. Pourquoi le nom (de celui qui devient pape) change-t-il après le conclave ? Parce que Pierre a reçu un nom à Césarée de Philippe. Et pourquoi ces belles ‘robes’, et ce titre de « Saint Père » ? Parce qu’Éliakim a porté des robes d’apparat, et a été un père pour le peuple.
Alors « oui », il n’y a pas plus catholique que la papauté, parce que c’est profondément biblique .

