Ken Raines The Next War
« La grande bataille du Dieu Tout-Puissant ira en s’intensifiant. Une ardente destruction réduira l’organisation de Satan à des ruines fumantes. » « The Watchtower », premier mai 1939, page 136
Durant l’ère de Rutherford, président de la Société Watch Tower, une « prophétie », peu connue, concernait ce que les membres de l’organisation croyaient à propos de la « prochaine guerre », à quoi elle devrait ressembler et, comment on y combattrait. Ces énoncés commencèrent
aux alentours de 1923, quand ils indiquaient que 1925 serait le moment où le royaume de Dieu serait établi sur terre. Avant que le paradis ne soit instauré, la bataille d’Har-Maguédon surviendrait. Une guerre [finale] devrait précéder et conduire à Har-Maguédon. La Société croyait que cette « prochaine guerre » se déroulerait dans l’espace aérien avec des avions électriques, sans pilotes humains et que les bombardements seraient faits avec des bombes chimiques et bactériologiques.
En 1923, par exemple, ils disaient :
« La prochaine guerre se déroulera dans les airs avec des bombes contenant des gaz et des microbes en guise d’armes... La prochaine guerre aspirera à tuer des gens de toutes les classes, hommes, femmes, enfants et à n’importe quelle distance du front. » [1]
Que cette guerre, à venir, selon eux, se déroulerait avec des bombes contenant des microbes qui seraient lancées dans les airs. Cette guerre serait le précurseur d’Har-Maguédon et du paradis à venir en 1925. Ceci est bien démontré par les commentaires faits par Rutherford, au « Royal Albert Hall » de Londres, le 26 avril 1925. Il prononçât à ce moment une conférence basée sur ses discours « Millions ». Rapportant ce que Rutherford avait dit, le périodique « The Golden Age » déclarait :
« Le conférencier démontrât alors le fait que, d’après lui, tous les hommes progressistes s’attendent à l’écroulement de notre actuelle civilisation. A cette fin, il citât des extraits, spécialement quelques-uns de la plume de Monsieur W. G. Shepherd, correspondant de guerre réputé. Le but était de montrer que, même maintenant, les grandes puissances de l’Europe sont en train de se préparer à une guerre chimique à une échelle colossale. Il déclarât que, par des raids aériens, les grandes villes du monde pourraient être détruites en une nuit ; aucune chair ne devait pouvoir échapper à la pluie de gaz empoisonnés. Dans les grands centres d’échanges commerciaux du monde, ces gaz s’abattraient sur leurs habitants, sans défense. Toutefois, il disait qu’effrayer son audience n’était pas son souhait, mais que son but était de les avertir du sort de la chrétienté... Des portions des Écritures de l’Ancien Testament furent alors lues pour montrer à quel point l’imminent désastre sera terrible, malgré tout il ne durera pas longtemps ; de ce fait des millions d’humains survivront à la catastrophe ; sur les ruines de ce vieil ordre de la civilisation humaine sera érigé le glorieux royaume messianique... »[2]
La conférence, disait le périodique « The Golden Age », n’a pas été rapportée dans la presse, mais après coup un reporter interviewât le « juge » pour le « London Daily Herald ».
L’article était intitulé :
« MONSIEUR RUTHERFORD EXPLIQUE » « Des millions de gens actuellement vivants ne mourront jamais »
« LA PROCHAINE GUERRE » « Temps final du trouble sur la terre »
Dans cette interview, Rutherford disait que la prochaine guerre serait de nature aérienne et que... se serait la dernière ! [3] Quelque temps après 1925, la croyance selon laquelle la « prochaine guerre » serait l’affaire de gaz empoisonnés et mènerait à Har-Maguédon, persistait dans le périodique « The Golden Age ». Par exemple, un article s’intitulant « The Prohibition of Poison-Gas War » (L’interdiction des gaz poisons pour la guerre), parut dans le numéro du 21 avril 1926 du périodique « The Golden Age ».
Il rapportait que :
« La commission générale de la Conférence Internationale pour le contrôle du trafic des armes, a entériné unanimement le texte du protocole au sujet de la guerre chimique et bactériologique, les puissances signataires ratifiant la confirmation de traités préalablement signés... Le libellé interdit explicitement l’utilisation des gaz ayant des effets suffocants, empoisonnants ou avec des effets similaires, ainsi que tous moyens de guerre bactériologique. » [4]
Ils ne furent pas impressionnés par ce qui précède ajoutant plutôt :
« Il prévaut toujours, chez plusieurs, l’illusion que la prochaine guerre commencera comme la précédente, après la constatation d’une situation d’anarchie historique, de tensions diplomatiques... mobilisant leurs armées, faisant une conscription de troupes et préparant leurs équipements, se livrant au front à une guerre d’escarmouches... Mais tout cela est une illusion vide de sens et insignifiante. »[5]
Ils prétendaient que la dernière guerre, serait une guerre où les masses participaient alors que graduellement, elle deviendrait une « guerre de la machine ». Elle serait arrêtée prématurément par Dieu. La prochaine guerre serait une reprise de la précédente et serait une affaire de gaz empoisonnés :
« Cette reprise, lorsqu’elle surviendra, sera une guerre de gaz empoisonnés, la guerre chimique, qui perfectionnera la machine de guerre et ainsi dépassera en tout la précédente : la guerre mettra fin à l’homme ayant une volonté, comme organisme vivant, (...). Les vapeurs empoisonnées s’exhalant de marécages infernaux, (...) tous ces endroits où vit naturellement la mort, ne sont rien en comparaison de l’infection pestilentielle qui alors commencera. Y a-t-il quelqu’un qui croit que dans la prochaine guerre, les armées vont s’aligner en ordre de bataille ? Défiera-t-il la réalité en doutant que, avant même la déclaration officielle de la guerre, des escadrons aériens d’appareils propulsés à l’électricité, sans pilotes humains, remplis à bloc avec de grandes quantités de gaz empoisonnés, transformeront en désert le pays ennemi ? »[6]
Alors, ils dirent que l’idée que la prochaine guerre puisse être comme la dernière avec des soldats marchant au « front », était une « illusion ridicule » et une « hallucination d’un passé meilleur et révolu ». Ils ajoutèrent alors :
« (...) La prochaine guerre sera l’achèvement [de la précédente] et, de ce fait,un anéantissement ! Il y aura du poison et des explosions partout, sous toute la voûte des cieux ; et, bientôt, il n’y aura plus de vivants sur la terre à qui on pourra donner un nom. S’il y avait un peu plus d’imagination sur la terre, il serait superflu d’expliquer les choses qui suivent... Le poison sera mécaniquement transporté ici et là par des avions radioguidés, s’élevant dans les airs et redescendant vers la terre. » [7]
Dans un autre article, un peu plus tard cette même année, le périodique « The Golden Age », publiait les références suivantes au sujet de la guerre aux gaz à venir :
« Jusqu’à ce que la croisade contre l’état de Sion se termine, il n’y aura pas de recours apparent à la guerre chimique qui se terminera en catastrophe et dans un penchant homicide universel obsédant l’humanité. Le monde sera alors inconscient des conséquences, avide qu’il sera de tuer et de brûler. Une féminité masculinisée sera aussi farouche que celle des hommes. Alors pourront être réalisées les horreurs décrites dans le numéro 172 du périodique « The Golden Age », sous le titre, « Prohibition of Poison Gas War ». Tout en souriant, des hommes déments, cachés dans des stations de radioguidages, dirigeront les itinéraires d’avions radioguidés et de torpilles aériennes, lesquelles se précipiteront ça et là, diffusant la destruction qui débouchera sur une confusion indescriptible. »
« Les centres de la civilisation, grandement industrialisés, hautement populeux, seront abondamment arrosés par des gaz, baignés dans le feu liquide et envahis par les bactéries. Des conflagrations inextinguibles se répandront dans les cieux avec un manteau de fumée, pratiquement impénétrable à la lumière, cachant le jour, le globe du soleil et la nuit les constellations, agissant sur l’esprit humain en le plongeant dans le désespoir et la tristesse. Par la construction de tunnels et de chambres souterraines, peut-être que quelques préparatifs préalables auront été faits, dans l’anticipation de cet effroyable moment... Le « Jour du Feu » peut être interprété comme ayant une signification littérale aussi bien que symbolique, réduisant de grandes zones de la surface de la terre aux conditions décrites dans Jérémie 4 : 23-27. Quoiqu’il en soit, la planète elle-même restera intacte, bien que la croûte terrestre pourra être sujette à des convulsions sismiques sans précédent. Après tout, est-ce que la littéralité du déluge d’eau ne semble-t-elle pas offrir un précédent pour l’attente d’un « Jour du Feu ittéral ? ».[8]
Le périodique « The Golden Age » continuât à publier des nouvelles au sujet des horreurs de la guerre aux gaz. Dans un numéro de 1927 de ce périodique, trois items, traitant de la guerre aux gaz empoisonnés, sont mentionnés à la page 365, Le premier item disait :
« PROBABLEMENT que la plupart de ceux qui vivent aujourd’hui mourront à cause du gaz empoisonné, lorsque le moment sera venu. Le meilleur de ces gaz pour provoquer la suffocation est le phosgène, qui peut être abondamment diffusé et transporté très loin par le vent, provoquant ainsi la suffocation de tout être vivant. Le gaz moutarde brûle la peau complètement... Si les approvisionnements de ceux-ci viennent à manquer, il y a alors les microbes provoquant des maladies qui pourront être utilisés. Mais le problème est que, lorsque le moment sera venu, nous aurons à subir quelques-unes de ces choses, quelle qu’elles soient, choses auxquelles nous serons exposés ; et aucune de celles-ci ne semblent très bonnes. »
Le deuxième item traitait des nations qui essaient en vain de proscrire la guerre aux gaz empoisonnés ; le troisième item nourrissait, quant à lui, leur paranoïa à propos de cette guerre aux gaz annoncée :
« (...) Il y a un produit chimique qui provient de la première guerre mondiale ; il peut avoir un effet foudroyant sur un soldat, s’il arrive qu’une seule goutte soit simplement ramassée par le talon de son soulier. Imaginez ce liquide répandu absolument partout, à l’inverse de l’enchevêtrement de fils barbelés de la dernière guerre... ces endroits ne pourraient être traversés ; et aucune infanterie ne pourrait avancer vers l’autre armée battant en retraite. »
Je ne sais pas quand la fixation qu’ils faisaient à l’égard de la guerre aux poisons se terminât. Ce ne fut assurément pas une prédiction exacte de la prochaine guerre, car celle-ci, bien que suffisamment horrible, ne se déroula pas avec des avions radioguidés fonctionnant à l’électricité, jetant des bombes aux gaz empoisonnés et aux microbes. Cela n’a pas amené le déclenchement d’Har-Maguédon, ni l’établissement du royaume de Dieu sur terre ou l’extermination de l’homme de la surface de la terre en tant « qu’organismes vivants ».
Notes et références.
1. « The Golden Age », 4 juillet 1923, page 614.
2. Ibid., 12 août 1925, page 721.
3. Ibid., page 722.
4. « The Golden Age », 2 juin 1926, page 454.
5. Ibid.
6. Ibid.
7. Ibid., page 455.
8. « The Golden Age », 2 juin 1926, page 551

