Témoignage de Julien Ribic

            

 Je suis né dans une famille profondément chrétienne. Mon père était slovène, très croyant et pratiquant. Il avait émigré dans les années de crise, en 1924, et il trouva du travail dans les mines de charbon, ici en Lorraine. Il a souvent défendu sa foi dans les milieux hostiles à l'Église. Ma mère était allemande, catholique et pratiquante également. J'ai donc baigné dans cet atmosphère de foi d'avant la guerre. Nous faisions notre prière commune tous les soirs devant un petit autel, à genoux; nous faisions aussi régulièrement les prières avant les repas. Adolescent, j'aurais aimé devenir prêtre, mais la guerre et l'évacuation avec l'annexion allemande qui s'en suivit ont empêché ce projet d'aboutir.

        J'ai suivi des études jusqu'à l'âge de 18 ans. J'ai commencé à travailler aux Houillères dans l'idée de continuer mes études à l'École d'Ingénieur des Mines de Douai. Au concours d'entrée, c'était l'échec. Nous étions 4 ou 5, et tous nous avons été recalés, ne parlant pas assez bien le français. Il faudrait ajouter que la plupart d'entre nous n'ont appris le français qu'à l'école primaire et que durant l'annexion, les études se faisaient en langue allemande. En 1949, je me suis marié, et j'ai voulu devenir au moins agent de maîtrise. J'ai été orienté vers la formation professionnelle.

        C'est là que j'ai rencontré un Témoin de Jéhovah. Nos opinions étaient les mêmes dans bien des domaines de la vie courante. Il a certainement perçu ma foi. Un jour, il me demanda: «Pries-tu le Notre Père ?» «ÉvidemmentAlors tu pries «Que ton nom soit sanctifié». «Mais quel est ce nom  ?» , me demanda-t-il. Et à partir de là, il a enchaîné. Le jour après, il apporte une Bible catholique. Il me fait lire plusieurs passages: «Heureux le peuple dont le Dieu est Yahvé. Chacun invoquera le nom de son Dieu, mais nous, nous invoquerons le nom de Yahvé, notre Dieu, toujours et à jamais. Tous ceux qui invoqueront le nom de Yahvé seront sauvés.»  Puis il conclut: «C'est ce nom de Jéhovah ou Yahvé que nous devons sanctifier selon le Notre Père. Nous sommes ce peuple de Jéhovah »

        Comme je ne connaissais pas ces textes, encore moins la Bible dans son ensemble, ma curiosité m'a poussé à en savoir davantage. J'ai découvert dans la Bible ces promesses d'un merveilleux paradis terrestre contenues dans l' Ancien Testament dont l'imminence serait très proche.

        Selon eux, «l'Église Catholique était cette apostate»  déjà présente au premier siècle dont les écrits de Paul nous ont mis en garde. Bien sûr, «la Trinité et  l'enfer n'existent pas ».

        Je suis allé voir mon prêtre. Mais à l'époque, (en 1953), les prêtres n'étaient pas armés contre cette façon d'utiliser les versets de la Bible, piquant un verset par ci, par là, sans tenir compte du contexte, à la façon des Témoins de .Jéhovah pour soutenir leurs croyances. Je n'étais pas satisfait de ses réponses.

        J'ai été confronté aussi à la résistance de ma femme ainsi que de toute ma famille (des deux côtés). «C'était le signe que je suis dans la Vérité»  me dit le témoin. Jésus a dit: : « Je suis venu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère... I' homme aura comme ennemis les gens de sa maison... Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi.»

        Mon collègue de travail m'a proposé de l'accompagner aux réunions. C'est ce que j'ai fait. Là, on est très bien accueilli: «Là, où l'amour règne, Dieu habite.»  C'est ce que j'avais lu dans une revue catholique. Ici, cet amour se vivait, du moins, c'est l'impression que j'avais à cette époque.

 Un jour, j'avais dit à mon collègue: « Je n'ai pas besoin de vous rejoindre. Dieu regarde le coeur de l' homme.»  A ceci, il me rétorqua :

« Jésus nous a mis en garde: «Ce sera comme au temps de Noé. Les gens mangeaient, buvaient... jusqu' au jour où Noé est rentré dans l'arche». Seuls ceux qui étaient dans l'arche ont été sauvés. Nous sommes maintenant au temps de la fin. Il faut être au sein de l'arche d'aujourd'hui. C'est l'organisation qui proclame ce nom de Jéhovah: les Témoins de Jéhovah. Il faut invoquer le nom de Jéhovah pour être sauvé  (Joël 2,32 )»

Ensuite, il m'amène à réfléchir sur le sens du Notre Père :

«Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Quelle est la volonté de Dieu concernant la terre  ? »

        Il se réfère à tous ces textes bibliques qui évoquent Ies conditions paradisiaques: «Le loup habitera avec l'agneau, la panthère se couchera avec le chevreau, un petit enfant les conduira. La vache et le lionceau paîtront ensemble... Les méchants seront retranchés et ceux qui espèrent en Yahvé posséderont la terre»  ( Isaïe et les Psaumes).

Jésus l'a confirmé : «Heureux les doux, car ils posséderont la terre » ( Math.5,3)

        L'Apocalypse nous révèle cette merveilleuse promesse : «La mort ne sera plus, et il n' y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu ». (Apoc. 21,4)

«La Bible condamne aussi les guerres, la violence: l'Église, tout au long des siècles, y avait une part active: guerres de religion, inquisition. et croisades. Elle est la Grande Prostituée de l'Apocalypse. Sortez du milieu d'elle, son jugement est venu...». C'était leur raisonnement. (Apoc. chap.14)

        Mon collègue à l'époque, tout comme le font encore les Témoins de .Jéhovah de nos jours, utilisait ces arguments, ébranlant ainsi ma foi. Je ne pouvais plus rester neutre. Cette croyance semblait se baser sur la Bible. Peu à peu, j'en vins à le croire. 1

        Par ailleurs, elle correspondait aussi à mon aspiration pour un monde plus juste, car notre monde est injuste. Les pauvres, les malchanceux n'ont pas de place ou sont exploités. J'étais habité par un sentiment d'échec. Mes études n'avaient mené à rien, suite, en partie, à la guerre et à l'annexion allemande. Je me retrouvais au fond de la mine, bien que moniteur à la Formation Professionnelle, pour un temps initialement fixé à deux ans.

        La Société des témoins de Jéhovah donna un sens nouveau à ma vie ! Persuadé de faire partie d'une élite détentrice de la Vérité, et considérant le fait que nous étions les seuls à savoir que la fin des temps était proche, mon enthousiasme de prendre part à la propagation de cette bonne nouvelle fut stimulé. Ainsi, contacté en mars 1953, je reçus leur baptême l'été de l'année 1955. Très vite, des responsabilités me furent confiées. Je devins «surveillant» d'une congrégation.

Ma femme Cécile et moi avions beaucoup de disputes à cause de ma nouvelle croyance.

        J'étais opposé à toutes ces fêtes religieuses, y compris la fête des mères ou les anniversaires. Les rencontres en famille devenaient sources de friction. Lors de discussions sur la Bible, Cécile me disait souvent: «Mais vous êtes restés dans l'Ancien Testament! » Comme elle avait raison !

        Mon père est mort de silicose à l'âge de 55 ans après une longue et douloureuse agonie. Je ne participais à aucune prière. Je regrette encore aujourd'hui toute la peine que je lui ai faite, à lui qui était si fervent dans sa foi. Lors de la messe d'enterrement, j'étais dans l'église pendant une partie de la messe et puis je suis sorti. Ma nouvelle religion était rentrée dans ma tête et celle-ci ne m'autorisait plus à participer à quelque office que ce soit, même pour l'enterrement de mon père. J'en ai honte aujourd'hui encore.

        Nous avions une fille, Josette, née en 1950. En février 1957, nous avons décidé de prendre en charge le fils de ma belle-soeur, Patrick, alors âgé de 6 semaines. En juillet de cette même année, nous avons eu une deuxième fille. Ma femme se basant sur notre mariage catholique, a exigé le baptême de l'enfant dans l'Église Catholique. Après maintes disputes, parfois virulentes, nous trouvions un compromis: elle portera un nom biblique : Esther. Je ne voulais pas participer à cette fête du baptême et je me suis absenté toute la journée.

        En rentrant le soir, j'ai appris le décès de mon beau-père. Ainsi, j'avais laissé ma femme seule dans sa famille avec son père mourant et le baptême de notre fille. Mais j'avais respecté les consignes de la Société. Il ne faut pas avoir de communion avec «Babylone la Grande».

        Vers l'âge de 12 ans, en 1962, notre fille Josette tombe gravement malade. Elle a la maladie de Hodgkin. Cette maladie atteint les ganglions lymphatiques et envahit le foie, les poumons et tout le système nerveux. Peu à peu, la maladie atteint tous les organes. La question d'une transfusion sanguine s'est vite posée. Conformément aux instructions de la Société, je m'y opposai.

        Pendant toute cette période de souffrance, Josette a beaucoup prié pour moi. Elle disait souvent à ma femme: «Maman, tu verras, papa reviendra un jour». Voyant à quel point j'étais engagé dans ce mouvement, ma femme lui disait : « Il n 'y a qu'un miracle qui puisse le faire revenir».

        Et ce miracle eut lieu. Le curé de la paroisse, l'abbé Hesse l'a accompagnée spirituellement pendant sa maladie Naturellement, il ne venait que lorsque je n'étais pas présent.

        Un jour, le médecin nous convoque et enlève toutes nos illusions: «J'ai fait tout mon possible. Si vous refusez toujours la transfusion sanguine, je ne peux plus la soigner ».

        De retour chez nous, Cécile et moi discutons une bonne partie de la nuit. Le matin, après un dur combat intérieur, je dis à ma femme: «Fais ce que tu veux

        Josette est à nouveau hospitalisée. Cécile et moi sommes à ses côtés lors de la transfusion sanguine. C'est alors qu'une femme entre dans la salle. Elle me reconnaît, elle est Témoin de Jéhovah ! «Mais c'est ta fille! Elle reçoit du sang ! » Le soir même, elle me dénonce. (Un Témoin de Jéhovah. est obligé de «signaler» toutes les fautes commises par d'autres pour ne pas participer à ses péchés).

        Je suis convoqué devant un comité judiciaire composé de trois personnes existant dans chaque congrégation de témoins. Je suis exclu. À partir de ce moment, plus personne ne me salue, plus personne ne me regarde.

        En signe de repentance, je suis encore allé plusieurs fois aux réunions. Il fallait que je vienne une fois la réunion commencée, que je me mette au dernier rang et que je parte avant que la réunion ne se termine. Tout contact avec un exclu est proscrit afin d'éviter une contagion !

        Mais la maladie de notre fille s'aggrave et elle décède le 3 avril 1965. Dans l'église catholique elle aura un enterrement émouvant mettant l'accent sur la résurrection. Le 18 septembre 1965, ma femme accouche d'une fille. Nous lui donnons le prénom d'Anne-Désirée.

Josette avait choisi ce nom avant sa mort. (ou Yves-Désiré si cela avait été un garçon).

        Notre mariage avait tenu bon! Malgré les difficultés et les épreuves, nous étions restés ensemble. Plus tard, je faisais une terrible dépression. Il est difficile de perdre un enfant et, en même temps, se sentir rejeté par Dieu. Du moins, c'est ce que je croyais !

        Retourner à l'Église après avoir subi l'endoctrinement des Témoins de Jéhovah pendant presque douze ans, n'est pas facile. Chez les Témoins de Jéhovah, toute institution ou doctrine, toute attitude différente de la leur, est diabolisée. Il est difficile de discerner l'erreur et la vérité. Ma femme, restée catholique, et ma famille m'ont aidé à revenir. Dans notre paroisse, un jeune prêtre s'est beaucoup occupé de moi.

        Peu à peu, je pris conscience que j'ai été trompé, abusé. Je compris que l'Église n'est pas telle qu'on me l'avait présentée. Après toutes ces années d'absence, rencontrer des catholiques accueillants et fraternels me surprit !

        Au début des années 70, les Témoins de Jéhovah  annonçaient la fin de ce monde pour 1975. Ils ont essayé de me relancer. Je suis resté fidèle à l'Église sans toutefois en devenir un serviteur ardent. Je me posais encore des questions... notamment un doute latent: ... et si c'était quand même vrai ?

        La rencontre avec un ancien Témoin de Jéhovah Jean-François Blanchet, venu donner une conférence sur les sectes m'a complètement libéré. Jusque là, je restais convaincu qu'il fallait s'adresser à Dieu en disant «Jéhovah». Je compris à ce moment que Jésus nous a parlé du Père et que nous chrétiens, nous vivons une relation de père à enfants. Jean- François avait trouvé les arguments justes. L'abbé Hesse aime me rappeler que ce soir-là, je me suis levé au milieu de l'assemblée pour proclamer : «Maintenant, je suis libre ! Plus rien ne me retient! Je m'engage»

        La rencontre du Renouveau à la fin des années 80, m'a aidé à concrétiser ce désir d'engagement. Au sein de ce mouvement, j' ai découvert la prière, la relation vivante avec le Seigneur, la présence de Dieu dans notre vie journalière, la fraternité, toutes ces choses qui transforment l'existence et redonnent un goût à la vie.

        A présent, je lis de nouveau la Bible. Je me demande comment j'ai pu croire à toutes ces erreurs, à toutes ces fausses interprétations de la Parole de Dieu, comment j'ai pu, à ce point, méconnaître Jésus !

        Aujourd'hui, la lecture des anciens écrits de la Société montrent que leurs prophéties de fin du monde au courant de ce siècle se sont toutes révélées fausses. Aucune ne s'est réalisée. En tant que Témoins de Jéhovah, nous en avions parfois eu écho, mais elles étaient déformées et la «Société» en tirait des enseignements en sa faveur.

        Je me rends de plus en plus compte que la Société des Témoins de Jéhovah est une organisation totalitaire semblable en tout point de vue aux systèmes de l'Allemagne nazie et des ex-pays de l'Est, pour ne parler que de ceux-Ià.

Aucune autre pensée que celle de la Société n'est admise.

        Mon but est maintenant d'aider  toutes les personnes confrontées directement ou indirectement à ce problème. Les nombreux appels « Au Secours » me stimulent dans cette oeuvre. Je fais miennes les paroles de l'apôtre Paul: « Ma vie, c'est le Christ! » Notre mariage a tenu bon malgré les difficultés et les épreuves. Notre foi commune en Jésus-Christ nous a aidés à rester ensemble dans l'amour plus que 55 années jusqu'à ce jour. Nous en rendons grâce à Dieu.

        Aie-je de nouveau «tourné ma veste», terme repoussant dans notre région frontalière, une fois allemande et une autre fois française du moins jusqu'en I 944 ? Aucunement! Le Dieu que j'aime est resté le même.

Quelle est ma position aujourd'hui face à la Société de la Tour de Garde ?

        Celui qui a retrouvé la liberté face à cette organisation, voit que cette haine envers les «apostats» est en contradiction avec Math. 5, 38-48 :

« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent... Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n 'agissent-ils pas de même  ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n 'agissent-ils pas de même ? »

        L'apôtre Paul nous demande d'avoir le mal en horreur, mais jamais les hommes (Rom. 12,9). Une vraie amitié, grâce à l'amour pour Dieu et Jésus-Christ, me lie maintenant avec ceux exclus comme moi et d'autres qui cherchent la vérité.

Quant à l'organisation, je mets le doigt sur leurs principales contradictions et erreurs :

-  En premier, leur prétendue vocation de réhabiliter le nom de Dieu est fausse. Lorsque Dieu s'est révélé à Moïse, il lui dit: » «Je suis Celui qui suis»  ce qui s'écrit en hébreu par J H W H .Plus tard, on ignorait la prononciation exacte de ce nom. Qu'on le prononce maintenant par «Jéhovah» ou «Yahvé», ce n'est pas Ie vrai problème encore que aujourd'hui tout le monde reconnaît que Jéhovah est une fausse lecture du tétragramme J H W H. Ce qui est sûr, c'est que ni Jésus, ni aucun auteur du Nouveau Testament n'a utilisé ce nom. Jésus parlait toujours de «Père» ou de «Dieu». La lecture de l' Évangile de Jean, même dans leur traduction le prouve abondamment. «Seigneur» c'est aussi bien le «Père», que le «Fils» et même «I'Esprit-Saint».

- Dans la Nouvelle Alliance, Paul nous le déclare, c'est Jésus, «le nom qui est au-dessus de tout nom». Nous «fléchissons nos genoux au nom de Jésus». (Phil. 2,9-10) La Société falsifie ce texte pour faire croire que le nom de Jésus vient à la deuxième place. Pourtant « Pierre, rempli du Saint-Esprit» déclare également «il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.»  (Act 4,12). La Société déforme ces affirmations claires pour se démarquer des autres religions.

- Les chrétiens sont des «Témoins de Jésus»  (Act. 1,8). Découvrir le «vrai  nom de Témoins de Jéhovah» en 1931 , après  20  siècles  de   christianisme, n'est pas une révélation divine, mais l'imagination d'un homme, Rutherford second dirigeant de la Watchtower, qui s'est révélé être un faux prophète.

- C'est ce nom de Jésus qu'il faut invoquer pour être sauvé. (Rom. 10,13: 1Cor.1,2) La Société continue de tordre ces textes et prétend que nous sommes tous dans l'erreur et que c'est Jéhovah qu'il faut invoquer.

- L'Église (gr. ekklèsia ) doit annoncer «Jésus-Christ, crucifié et ressuscité» .Elle doit nous appeler au repentir, à la conversion.

-  Elle doit nous montrer que le Christ est le centre du message. «Les siens sont en lui»  revient sans cesse. Ce langage est inconnu chez tes Témoins de Jéhovah.

- Elle doit nous donner l'assurance d'être «enfant de Dieu». La Tour de Garde prétend que c'est seulement réservé aux 144,000. Alors tout l'Évangile ne concerne que les 144 000, dont il n'est jamais question en dehors de l'Apocalypse.

- Elle doit nous révéler un Père plein de miséricorde et d'amour pour tous les hommes, et pas seulement pour une élite de Témoins de Jéhovah.

- Elle doit annoncer que nous sommes «appelés à une seule espérance» ( Eph.4,4), le «Royaume du Père» (Math 26,29) ou «Royaume de Christ et de Dieu » (Eph. 5,5 ou la «Maison du Père» (Jean 14,2). Prêcher deux classes de chrétiens est contraire à l'enseignement de Jésus.  II y a «un seuI troupeau » ( Jean 10,16 ) . «... nous  formons un seuI corps » (Rom 12,5)

- «C'est par la grâce que vous êtes sauvés. ..» nous écrit Paul. (Eph. 2,8) Ce n'est pas par la prédication de maison en maison et la fourniture d'un rapport détaillé de ce colportage.

- Cette Bonne Nouvelle est source de grande joie et non pas annonce de malheurs et d'effrois.

- L'Eglise doit attendre l'avènement de Jésus. Cette venue ne doit pas faire l'objet de spéculations comme le fait la Société depuis le début du siècle. Comment peut-on prétendre parler au nom de Jéhovah et se tromper chaque fois ? La Bible est formelle à ce sujet :

«Comment reconnaîtrons-nous la Parole que Jéhovah n'a pas dite  ? Quand le prophète parlera au nom de Jéhovah, et que la parole n'arrivera pas ou ne se réalisera pas, c'est là la parole que Jéhovah n'a pas dite. Le prophète l'a dite par présomption. Tu ne devras pas avoir peur de lui ». (Deut. 18,2 I -22 TMN )

 

- L'Église doit être, comme l'Église primitive (I Cor.16,1-4), au secours des pauvres. Elle doit être fidèle aux paroles prononcées par le Christ : « Ce que vous avez fait aux plus petits d'entre vous, c'est à moi que vous l'avez fait». Elle doit être présente au milieu des misères du monde. Le Témoin de Jéhovah est seulement appelé à soutenir la Société. Les «frères»  à qui nous devons donner à manger, à boire etc. sont, pour eux, les «oints». Tout l'argent va donc à la Société. Il n' y a aucune aide pour les nécessiteux, car ce monde sera détruit «très bientôt» . Tous ces faux enseignements, ces fausses prophéties et ce «système totalitaire» de l'organisation m'ont prouvé que je m'étais trompé. Le Dieu de la Société n'est pas un Dieu d'amour, mais un Dieu de vengeance. Elle se complaît dans la description des « fausses religions» et de leur destruction. EIle s'élève constamment au-dessus de tous comme dans cette Tour de Garde du 1er Juin 2002 où elle se présente encore comme «la seule communauté fidèle à l'Évangile», «le peuple le plus heureux sur terre», «ceux que Dieu compte comme juste», ( p.15) «un peuple purifié pour de belles oeuvres justes»,(p.18) «pur pour le vrai culte», (p.19) «les seuls à avoir la «bénédiction et l'esprit de Dieu ».

 

Que c'est loin de l'esprit de l'Évangile; se sentir petit, humble, pauvre, démuni. «Qui s'élèvera sera abaissé» ! (Math 23,12).

Je suis retourné à l'Église de mon enfance, celle qui a toujours annoncé «Jésus-Christ, crucifié et ressuscité», l'Église de ma femme, de mes enfants et de toute ma famille.

Autres textes de  Julien Ribic


Notes :

1 . Ce qui explique également que, de nos jours, tant de jeunes adhèrent à des sectes, convaincus de trouver là, la réponse à leurs questions. Ils sont déçus de la société pour différentes raisons et mettent toute leur énergie au service de cette cause qui leur semble juste et d'intérêt vital. Ils ne se rendent pas compte qu'on les exploite.


Vos commentaires et témoignages sont toujours appréciés, n'hésitez pas ! 

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