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Un témoignage percutant |
« Ce témoignage est celui d'un ancien témoin de Jéhovah (maintenant hors de l'organisation) parce tout simplement un jour il s'est interrogé sur des origines de sa religion la Watch Tower mieux connu sous le nom de «témoins de Jéhovah». Un parcours qui en étonneras plus d'un...»
Introduction
Nous vivons dans une société où les valeurs morales et sociales sont en pleines mutations, il est donc utile de faire quelques fois le point dans sa vie et dans ses croyances. Mon propre examen de conscience a commencé, il y a maintenant six ans. La remise en question de ce que je considérais comme immuable, m’a permit de redécouvrir le sens premier des valeurs qui forment la vie, tel les joies, les peines, les amitiés, les ambiguïtés, les surprises et les mensonges. Un adage populaire nous rappelle que "la vérité n’est pas toujours bonne à dire". Un autre nous avertie aussi que "tout ce qui brille n’est pas or". J’ai compris le sens profond de ces maximes en examinant de près l’organisation internationale des Témoins de Jéhovah, appelée "Watchtower Bible and Tract Society of Pennsylvania".
Quel est le Problème ? Depuis maintenant cent vingt années, cette "Institution Cultuelle" prophétise la "Fin du Monde" par la destruction des hommes méchants, l’arrivée imminente du "Paradis sur terre" et la "Félicité" pour tous ceux qui adhèrent à Sa théologie, grâce à Sa compréhension de la Bible. Elle prétend pratiquer le seul "Culte pur" que Dieu, appelé Jéhovah, agrée. Elle ose se proclamer la Seule organisation capable d’interpréter les prophéties des "Saintes Écritures" par l’intermédiaire de son "Collège central", un petit groupe d’hommes très sélects, sur lequel "l’Esprit Saint" agit en permanence, en lui transmettant les bonnes explications en temps voulu. Le moment était donc venu pour moi de vérifier ces affirmations présomptueuses, et de mettre à nu la vérité.
Je suis aujourd’hui ce qu’on appelle, dans le langage de la Société un "Inactif", c’est à dire une personne Témoin de Jéhovah qui ne pratique plus le culte. Les raisons qui me poussent à ne plus vivre dans le sillage de la Société sont nombreuses, je vais essayer de vous résumer les plus importantes. Un concourt de circonstance m’a amené à réfléchir plus sagement au sens et au but ma vie, et par voie de conséquence, à ma situation au sein de ma religion. Je me suis aperçu qu’en définitive, mes croyances étaient très versatiles, qu’elles dépendaient essentiellement des interprétations changeantes de la multinationale de Brooklyn. Ces dernières années, de nombreuses doctrines fondamentales ont été bouleversées, modifiées, voir supprimées, tout simplement parce que le cours du temps a démontré que les explications "Providentielles" retenues jusqu’à cette date étaient erronées et mensongères. De plus, en poussant davantage mes investigations, en me plongeant dans le passé pas si lointain de la Société, j’ai découvert ce qu’est en réalité cette institution et d’où elle vient exactement. On est malheureusement très loin de l’organisation "Divine" telle qu’elle aimerait nous le faire croire.
Mon ambition, au travers ces quelques lignes, est de vous raconter l’aventure qui m’est arrivée et d’informer tous ceux qui oseront un jour faire les mêmes démarches. Il vous faudra d’ailleurs beaucoup de courage pour affronter les valeurs théologiques plaquées OR de la Société. Les questions que je me suis posées et les réponses qui m’ont été faites par certains responsables, appelés "Anciens", m’ont apporté la conviction profonde que le mensonge, l’hypocrisie et la manipulation mentale sont les piliers de cette organisation internationale. Il y aurait tellement de détails à rapporter dans les situations vécues, qu’il est difficile de toutes les décrire dans leur intégralité. Je me bornerais donc à vous raconter mon histoire avec franchise et sans fioritures. Tout ce que vous lirez est authentique, non déformé, pas même exagéré. J’espère que la description du revers de médaille permettra le réveil de tous ceux qui accordent une confiance aveugle et naïve envers celle qui se présente comme "le Seul Canal entre Dieu, le Christ et les hommes".
Présentation
Je suis né dans une modeste famille catholique. Mes parents ont toujours été croyants, mais non pratiquants, comme beaucoup. Mon père a fait la guerre d’Algérie dans les années 60. Ma mère a perdu son premier bébé à la naissance, tous deux furent très affecté par ces douloureuses épreuves. Très tôt, ils ont été contactés par les Témoins de Jéhovah, et au bout de quelques mois d’étude, ont accepté leurs explications théologiques et se sont fait baptiser. Avant cette date, ils s’interrogeaient souvent sur leurs divergences d’opinions religieuses. Ils avaient chacun leur idée sur Dieu et sur la Bible, et sur la manière de les comprendre. Mais la "Vérité", avec sa logique biblique implacable, les a réconciliées sur ces questions doctrinales. A cette époque je n’avais que quatre ans. Un phénomène d’émulation prit naissance au sein de la famille, et en moins de cinq années, tous les frères et sœurs de mon père étaient devenu à leur tour Témoins de Jéhovah. Dans ce contexte, chaque réunion devenait l’occasion de nous retrouver ensemble, le mélange de l’esprit de famille et de notre nouvelle religion semblait parfait. Mon père s’est très vite qualifié comme "Ancien ", ainsi que la plupart de mes oncles, ma mère et mes tantes entreprenant souvent le service de pionnier, car la "moisson était grande et les ouvriers peu nombreux". Nous étions en 1970, cinq années avant la date fatidique de 1975, marquée par les "Saintes Écritures" de la Watchtower comme "La Fin du Monde" et le début du "Millénium du Christ".
J’ai grandi dans cette ambiance, au rythme des innombrables réunions, régulières et incessantes, de la prédication salvatrice et obligatoire, des assemblées locales et nationales, et c’est comme cela que je suis devenu à mon tour Témoin de Jéhovah, à l’âge de dix huit ans, bercé par ce doux rituel. N’ayant jamais eu d’autre modèle de vie à suivre que celui-la, je n’avais pas vraiment d’autres choix, ni d’autres repères. Durant toute mon enfance, j’ai été pleinement convaincu par les visions discriminatoires de la "Société". Il y avait d’un coté, les bons, "Nous", ceux que Dieu agréait et sauverait à la bataille d’Har-maguédon, et les autres, les méchants, les "Gens du Monde" condamnés par Jéhovah. Notre "Mission impossible" était d’aller avertir les pauvres pécheurs de notre territoire, de les aider à se repentir et à très vite intégrer la seule vraie religion providentielle. Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Isaïe, Jérémie, Daniel, Ezéchiel, le Roi David et Salomon étaient devenus des amis intimes. Jésus Christ, l’apôtre Pierre, Jacques et Jean, l’apôtre Paul et Timothée, des modèles de conduites.
Ma vie semblait déjà toute tracée. Après la fin de mes études (un simple diplôme d’ouvrier qualifié ferait amplement l’affaire), je trouverai un travail modeste, qui me permettrait d’employer mon temps à des activités spirituelles enrichissantes. Je me marierais avec une "Sœur", une jeune fille ayant vécue dans les mêmes conditions spirituelles que moi. Je fonderais peut-être une famille à qui je transmettrais les valeurs chrétiennes que la Société nous offre si généreusement. Avec le temps et la volonté de servir mes semblables de la congrégation, je me qualifierais pour devenir à mon tour "Assistant Ministériel" puis "Ancien". La boucle était ainsi bouclée, et quelque part ma vie était déjà vécue.
Fort heureusement, les prédictions de 1975 furent un échec cuisant pour la Société Watchtower. Elle qui nous avait tant promis et raconté sur cette année ! Pour vous en convaincre, lisez le livre fabuleux "La vie éternelle dans la liberté des fils de Dieu" de la page 28 à 35, on ne peut être plus claire ! Mais voilà que, par caprice sans doute, Jéhovah en avait décidé autrement, et sans en avertir son "Esclave fidèle et avisé", sans même lui faire réviser ses calculs apocalyptiques. Peut-être cet esclave, par vanité, avait-il oublié que dans l’évangile de Matthieu 24:36, il est écrit que "le jour et l’heure personne ne les connaît, ni les anges, ni le fils, mais seulement le père". Quoiqu’il en soit, la Société ne s’est pas laissé abattre, même si dans les deux années qui suivirent cette date tant redoutée, plus d’un million de Témoins ont quitté "l’Organisation infaillible" de Dieu. Cette année fut appelée par la suite "Epoque d’épuration", où seul les véritables adorateurs sont restés fidèles, les autres n’étaient pas dignes de porter ce nom prestigieux de "Témoin du seul vrai Dieu". Quoiqu’il en soit, cette année est restée gravée dans la mémoire collective des témoins, et des gens du territoire.
Finalement, l’ironie de la vie fait que les évènements ne se décident pas toujours à l’avance. Lorsque tous mes cousins, cousines, ma sœur et moi-même arrivèrent vers l’âge difficile de l’adolescence, nous commencèrent à aspirer à d’autres directions. Nous étions arrivés dans les années 80, la musique "Disco", "Funky" et autre "Soft Rock" étaient devenues nos modèles de pensés, les cantiques de nos réunions bien fades et obsolètes. La plupart d’entre nous firent plus d’études que ce qui étaient recommandé par la Société, ceci modifia bien entendu notre façon de penser et de réfléchir. Un de mes cousins entra au Béthel de France et y travailla dix années. D’autres, par contre, quittèrent la congrégation, son modèle de vie chrétien austère ne correspondant plus à leurs idéaux. De toute évidence, cela affecta la famille bien unie que nous étions depuis toutes ces années. Ces "Exclus" apportaient "l’ostracisme" et la division de nos relations spirituelles et familiales. Pour ma part, je restais fidèle au système, car je n’avais pas trouvé de raisons sérieuses pour en changer.
Comme mon père était ancien (responsable local dans les congrégations des TJ), j’ai eu l’occasion de connaître beaucoup de monde, des jeunes de mon âge et leurs parents. La plupart étaient comme moi, fils ou fille d’ancien ou de pionnier. Mon père donnait souvent des discours dans les villes voisines, c’était donc l’occasion de nouer des relations étroites avec ces personnes, dont certaines devinrent des amis intimes. C’est dans ces circonstances, qu’un jour j’ai connu celle qui deviendrait ma femme. En 1990, après notre mariage, nous nous sommes installés dans une ville éloignée de la région de mon enfance.
Pour la première fois de ma vie, je me suis senti isolé du monde, loin de mon cadre familial habituel et de tous ceux que je connaissais. Cette situation fut propice à une longue réflexion sur ma vie et sur mon couple. Mon épouse et moi-même étions réguliers dans notre culte, participant à toutes les activités de notre nouvelle congrégation. Mais les discussions sur ce que nous connaissions et pratiquions s’amplifiait suite aux changements magistraux qui se faisaient connaître par le biais des publications. Du jour au lendemain, la "Génération de 1914" disparut. L’année de 1975 était devenue une "Incompréhension présomptueuse" des Témoins de l’époque, jamais la Société n’avait cautionné une telle explication ! Cela nous laissait perplexe. Avec mes collègues de travail, j’avais de temps en temps des conversations sérieuses au sujet de mes croyances. Un petit nombre d’entre eux viennent de pays différents, avec leurs coutumes et leurs religions. La mise en parallèle de nos convictions était très enrichissante, car elles démontraient que la logique et les calendriers n’expliquent pas tout, et sûrement pas la foi. Chacun avait ses opinions, essayait de les respecter et de les inculquer à sa propre famille. Ce fut pour moi l’occasion de me remettre en question et d’analyser mes repères.
Evidemment, il y avait la Bible que j’avais tant de fois lue et parcourue. Ce livre sacré est clair sur certaines questions, il est impossible de contredire ses écrits. Evidemment, il y avait les paisibles congrégations, les paisibles assemblées, un climat de confiance général, la Société si généreuse et si protectrice dans ce monde déchiré par les guerres, le meurtre, l’immoralité, et tous les malheurs décrit dans la première lettre à Timothée 3:1 à 5. Cependant, quelques détails m’interpellés, je me disais que c’était trop beau pour être vrai. Il y avait toutes ces nouvelles explications doctrinales, les anciennes tombaient aux oubliettes. Il y avait maintenant de nouvelles directives de la Société. Il fallait obéir sans réfléchir, aux instructions qu’elle nous donnait pour notre bien. Il fallait absolument s’investir davantage dans notre culte. Il fallait se mobiliser au pied levé, pour distribuer des feuillets sans même connaître son contenu, mais qu’on se rassure, Dieu était avec nous. La Société a réhabilité notre droit de vote, moi qui pensais que nous avions déjà voté pour notre Seigneur, Christ. Elle a rétabli le droit de manifester notre désaccord politique, mais seulement pour Ses problèmes financiers actuels. De mémoire de Témoin, jamais les choses n’avaient été comme cela auparavant !
C’est donc ainsi que j’ai été amené un jour à relire certaines publications anciennes, notamment celles des années 1960 à 1970. A l’époque, une pléiade de versets était citée pour confirmer certaines théories, que nous considérions comme la "Vérité absolue", à commencer par "1975" et la fameuse "Génération de 1914" (Pasteur Russell avait même, de son temps, trouvé des versets qui décrivaient la Pyramide de Guizèh comme le "Témoin de pierre pour Dieu", selon Isaïe 19:19-20, il l’avait christianisé !
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Les témoins de Jéhovah: Prédicateur du Royaume de Dieu,1993, P: 201. Éditeurs : Watchtower Bible and Tract Society of New York, Inc et Internationnal Bible Students Association, Brooklyn, New York, U.S.A. |
Par la suite, en 1928, Juge Rutherford annonça à ceux qui cautionnaient cette explication sur ce "Témoin de Satan", qu’ils n’étaient pas dignes de la faveur Divine. Il faut quand même rappeler que durant plus de dix années à la tête de la Société, ce monsieur a approuvé et propagé cette hérésie, son premier livre "La Harpe de Dieu" étant très explicite à ce sujet). Vingt années plus tard, les mêmes versets sont repris dans un ordre différent, quelques-uns étant abandonnés au passage alors que d’autres sont tirés de leur oubli, et il est surprenant de constater que de fraîches explications peuvent dorénavant être envisagées par ces nouvelles combinaisons. J’essayais d’en parler autour de moi, à mes "Frères" dans la foi, pour comprendre, pour qu’on m’explique. Mais là, Attention ! Danger ! Les gendarmes des congrégations sont à l’affût du contrevenant spirituel ! J’essayais aussi d’en parler à mes parents, eux qui avaient tant fait pour m’inculquer la "Foi Véritable", le fruit de tant d’années d’études spirituelles. Ils remarquaient bien les changements radicaux de la Société, mais ils ne savaient pas comment les interpréter. C’est donc dans ce milieu de doutes et d’interrogations qu’un jour la révélation fit son apparition.
Dans ce même laps de temps, un autre événement important se produisit. Un collègue de travail, avec qui j’avais l’habitude de parler de sujets spirituels, me prêta un jour un livre surprenant. Ce livre s’intitulait "Les Sociétés secrètes et leurs pouvoirs au 20ème Siècle". Aujourd’hui il se nomme "Le Livre jaune n° 5" (livre relativement difficile à se procurer). Cet ouvrage explique avec force détail le "Pouvoir occulte" qui dirige le monde, par le truchement de la Haute finance, la Franc-maçonnerie, la Politique et les Sectes. Il décrit les liens étroits qui relient toutes ces institutions entre elles afin de mener le monde vers un "Nouvel Age", un "Nouvel Ordre Mondial". Les institutions mondiales que nous connaissons tous, tel l’O.N.U., le F.M.I., et bien d’autres, ne seraient en fait que des paravents pour des individus, surnommés illuminati (terme latin qui signifie : Ceux qui savent, les éclairés) qui les pilotent en sous-marin. Pour situer rapidement ces gens, il faut savoir que le principal canal de sélection commence dans la franc-maçonnerie, mais uniquement parmi les membres du 33°, minimum. C’est le point de départ. D’autres chemins mènent aussi vers ce club hermétique, comme la "Bourse d’étude de Rhodes", par exemple. La Watchtower était citée dans la liste des institutions incriminées, car elle a eu à sa tête, officiellement, quatre personnes de ce calibre. Ces révélations étaient-elles fondées ? Au début, je pensais que l’auteur exagérait un peu dans ses indications, pris dans le feu de son enthousiasme. Mais avec le temps et des recherches assidues, je me suis rendu compte qu’il n’avait fait qu’effleurer la vérité. Ce sujet sera développé plus en détail dans le chapitre "Mon regard sur la Franc-maçonnerie".
Mes doutes se confirment
Je suis informaticien de profession, Analyste Programmeur pour une entreprise d’ingénierie en gestion commerciale, et j’ai dans ce cadre l’occasion de rencontrer beaucoup de monde par le biais de mes nombreux déplacements. Comme un fidèle TJ que j’étais, j’essayais toujours d’engager la discussion, à des moments comme le repas de midi ou la pause café, qui devait aboutir à la fin par une situation de "Témoignage informel" (j’apprenais bien ma leçon lors des réunions). C’est dans ce contexte, il y a deux ans maintenant, que j’ai fais la connaissance d’une personne qui est Pasteur Protestant, disons à temps partiel. Il fait quelques sermons de temps en temps au Temple de sa ville. Nous avons très vite sympathisés, et les discussions "spirituelles" allaient bon train. Par la suite, j’ai fais aussi la connaissance de sa famille, une famille agréable et unie. Ensemble, ils m’ont même pris quelques publications. Nos conversations devenaient nombreuses et intéressantes, bref, j’étais fier de moi.
Un soir, il m’invita chez lui comme à son habitude, et dans la voiture il me demanda de lui raconter l’origine de notre œuvre. Je lui fis un rapide résumé de mes connaissances, mais je lui promis, lors de notre prochaine rencontre, de lui amener un livre magnifique, d’au moins 700 pages, qui lui donnerait pleine satisfaction. Quelques semaines plus-tard, je revins le voir avec l’ouvrage en question. Il s’agit du livre "Les Témoins de Jéhovah, Prédicateurs du Royaume de Dieu". Nous l’avons parcouru ensemble avec sa famille, et je commentais les pages et gravures rencontrées. Ainsi j’évoquais le Pasteur Russell, Juge Rutherford, et les autres présidents qui ont chacun apporter une touche très particulière à l’œuvre de la Watchtower. Je leur montrais différentes photos où l’on voit des assemblées, des scènes de prédications dans des pays parfois exotiques, les nombreux bâtiments que l’on nomme "Béthel", du début du siècle jusqu’à nos jours. Tout allait pour le mieux, ils étaient captivés par mes explications et semblaient impressionnés par tant de dévotion.
Mais à la page 200 de ce livre, l’enthousiasme disparut. A cette page, on y découvre la gravure d’une ancienne Tour de garde de 1891, arborant fièrement le symbole templier de la "Croix dans la Couronne". A cet instant, il me fit un sourire malin, et sur un ton amusé me demanda de lui commenter le dit logo. Bien entendu, je ne le pouvais pas. Je lui dis, afin de ne pas perdre la face, que ceci devait être une certaine forme de croix protestante, car on m’avait toujours enseigné que nous étions issus de cette branche. Il garda son petit sourire et hocha avec sa tête un "Non" sans équivoque. Cela ne vient pas de chez nous, me dit-il. Alors peut-être que cette représentation est Adventiste, car Russell entretenait quelques relations avec ses amis Jonas Wendell, Georges Storr, Georges Stetson et surtout Nelson Barbour ? C’est alors qu’il me lança le défi d’interroger mes enseignants, pour voir si une réponse était possible. Nos discussions spirituelles s’arrêtèrent ce soir là, et ne reprirent plus jamais.
Dans un cas comme celui-ci, je pensais qu’il suffirait simplement de poser la question à un Ancien, que la réponse était évidente, comme toujours. Je pensais également que ce livre que je croyais connaître, devait contenir dans une de ses pages, la réponse que je n’avais pas trouvée. Cela me paraissait clair. La Société avait toujours réponse à tout, aucune question n’était restée en suspens. Je l’ai feuilleté plusieurs fois, mais en vain. J’ai même fais des recherches sur le Cd-Rom que la Société a pressé en 1997, absolument rien. En réalité, très peu de publications, pour ne pas dire aucune, ne parlent de ce sujet, ni ne donne d’explication. Cette "Croix" un peu particulière apparaît puis disparaît de la littérature WT sans qu’elle en donne une quelconque explication. La seule information dont on dispose, c’est la période d’utilisation de ce symbole, soit de 1891 à 1931 (40 ans tout de même) sur la couverture de la "Tour de Garde" et sur le journal "La Tribune du peuple". Aussi, lors de la réunion du dimanche suivant, je posais cette question à l’ancien le plus âgé (86 ans) de ma congrégation. Je lui racontais mon "Fait de Prédication" et l’enthousiasme de ces personnes, puis, je lui fis part de la fameuse question. Son visage jusque là souriant reprit brusquement une forme sérieuse. Il me dit qu’il n’en savait rien et qu’il s’en moquait. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que nous pratiquons un culte pur, que ma question concerne un passé lointain, un passé dans lequel je ferais mieux de ne pas m’investir ! Néanmoins, si je voulais en savoir quand même un peu plus, il me suffirait de lire le livre "Les Témoins de Jéhovah dans les desseins Divins" parut en 1973, la réponse est sans doute à l’intérieur ! Le ton de sa voix montait, à la limite de la colère. Sur le moment, je ne compris pas pourquoi il eut une telle attitude. D’ailleurs il partit sans même me dire au revoir. Il était dit que je l’apprendrais plus tard …
Ne voulant pas en rester là, dans les semaines qui suivirent, j’entrepris d’interroger parmi mes connaissances, des anciens susceptibles de me donner une réponse. J’en ai questionné une bonne quinzaine, dont deux dans ma propre famille, mon père et un de mes oncles qui avait été "Pionnier Spécial" dans son jeune temps. Beaucoup n’en savait rien, certain ne l’avait même jamais remarqué. Cependant, quatre d’entre eux s’irritèrent à cette question ou plutôt vis à vis de mon insistance, dont mon oncle. Je détenais une question qui n’avait pas de réponse ou plutôt, qui ne devait pas avoir de réponse. Les seules recommandations que l’on me fit étaient de ne plus aller voir cette famille, j’étais en grand danger spirituel, qu’ils étaient sur le point de me piéger, que Satan lui-même se chargeait de me séduire pas une tentation à la hauteur de ma curiosité !
Dans le même temps, je repris la lecture du livre du départ afin de voir si un détail ne m’avait pas échappé. Je décidais cette fois d’analyser très calmement chacun des paragraphes sur la vie et l’œuvre de Russell et Rutherford, comme je le fais dans le cadre de mon travail. Je me disais qu’il y avait forcément une réponse. En réalité, cette simple question, je ne l’avais pas suffisamment évaluée, je commençais à le comprendre.
Comme je n’aime pas rester sur un échec, je décidais d’interroger les surveillants itinérants, et dans la foulé, d’écrire une lettre au Béthel de France. A ce jour je n’ai toujours pas reçu de réponse, soit plus d’une année et demie d’attente. Les surveillants itinérants sont des Anciens qualifiés, envoyés par le Béthel, pour normalement, soutenir et encourager les membres fidèles des congrégations. J’en ai donc profité pour leur poser "La Question" dérangeante. Le premier me regarda fixement quelques secondes, puis me dit qu’il devait voir quelqu’un. Je ne l’ai jamais revu. Le second fut plus intéressant. Il écouta mon histoire que je résumais pour la circonstance et en vint rapidement à la Question sans réponse. Je lui dis que les anciens ne savaient pas répondre, que les publications ne traitent en apparence pas de ce sujet, ni même le Cd-Rom, et que j’avais écrit à la filiale du Béthel, sans succès. Sur un ton paternel, il me dit qu’il n’était pas très important de tout savoir. Le but de notre vie de Témoin est de servir Jéhovah, pas de tergiverser sur un passé lointain. Nous devons aller prêcher, car le temps se fait court, trop court pour qu’on s’intéresse à cette question futile. J’insistais tout de même sur le fait que ce symbole appartient à notre histoire, qu’il n’est pas possible de l’ignorer sous prétexte que les temps sont maintenant comptés. De plus, c’est un Pasteur qui m’a demandé de lui expliquer ce logo, une personne qui a une certaine connaissance de la Bible, qu’il n’est pas comme une personne quelconque. Alors il me répondit la phrase suivante : " Tu sais, lorsque ces personnes font leur séminaire, on leur apprend beaucoup plus de chose que la simple théologie biblique. On leur apprend surtout à reconnaître les Symboles du Satanisme ! ". Notez qu’il ne m’a pas dit ‘les symboles de la chrétienté’ ! A cet instant je lui demandais de me préciser la nature de ses pensés, " le Nôtre était-il de cette nature ? " S’apercevant qu’il m’en avait trop dit, il esquiva mon regard, salua un frère qui passait par-là, engagea la conversation avec lui et m’abandonna sans me dire un mot de plus. A cet instant je compris qu’il y avait anguille sous roche, quelque chose de pas très avouable. J’avais bien remarqué le malaise que provoquait cette question, mais à cette époque je cautionnais encore le système Watchtower à 150 %.
A partir de cette date, je décidais à faire quelques recherches sur internet. Mais dans quelle direction chercher ? Comme la Société avait toujours recommandé d’être très prudent à propos des sites créés par de méchants Apostats, je les avais toujours soigneusement évités. Dans le même temps, je retournais chez mon client, pour qui mon Pasteur Protestant travaillait. A la fin de la journée, il m’aborda discrètement et me demanda si j’avais obtenu une réponse. Je dus lui avouer que non, cette question ne semblait pas avoir de réponse. Pour la dernière fois, il m’invita chez lui le soir, et il me donna la réponse si difficile à avouer chez les Témoins de Jéhovah. Parmi ses livres de séminaires, il en possédait un qui traitait de "Spiritisme". Il l’ouvrit, et à une certaine page, il me présenta le fameux symbole. Il correspond au symbole templier de la "Commanderie", un symbole "Franc-Maçonnique" de la plus haute importance. Mais quelle est sa signification ? Il correspond au grade le plus élevé du "Rite d’York", le 10° degré. Son équivalent dans le "Rite Ecossais" est le 33° degré. Le privilège de s’attribuer ce logo ne s’acquière pas comme cela, il se gagne par une initiation sérieuse et assidue à l’ésotérisme, au théosophisme, pour être plus simple, à l’occultisme. L’appartenance aux loges est obligatoire. Le grade correspondant à cette "Croix dans la Couronne" indique que l’individu maîtrise l’art divinatoire. Autre privilège que confère ce grade, la possibilité de créer une obédience maçonnique et d’en modifier son rituel de départ.
Cette information me terrassa. La Société Watchtower tenait donc ses origines dans l’occultisme, et non dans la déviation d’une église protestante classique ! Elle ne venait donc pas de la Chrétienté, mais des "Loges" ! Elle pouvait donc être une forme d’obédience maçonnique déguisée ! J’étais consterné.
A partir de ce jour, j’entamais la relecture parallèle des deux livres d’histoire de la Société afin de voir si des détails pouvaient confirmer ces affirmations. De plus, je repris mes recherches sur Internet, mais cette fois-ci avec des points de repères précis. Je croisais les mots "Watchtower, Freemason, Jehovah, Russell, York rite" dans tous les moteurs de recherche disponibles. Les réponses ne se firent pas attendre. De nombreux témoignages d’anciens Témoins de Jéhovah, de chercheurs, d’historiens, de francs-maçon également, confirmaient les dires de mon Pasteur. C’est comme ça que j’appris, par exemple, que la tombe de Russell n’est pas la petite pierre sur laquelle est inscrit "The Laodicean Messenger", mais une pyramide ! Sur celle-ci se trouve l’inscription "Watch Tower Bible and Tract Society" ! Cette information me fut confirmer plus tard par des "Russellites" (Mouvement Missionnaire Intérieur Laïc, Association des Etudiants de la Bible et The Pastoral Bible Institute) que j’ai rencontré. Leur Cd-Rom (Bible Student’s Library) confirme totalement ce point. J’appris également que la Pyramide de Guizèh était le point convergence de l’enseignement de Russell, qu’il en avait fait un emblème chrétien (comme quoi l’Egypte des pharaons et le christianisme peuvent se marier bible en main). Pour m’en convaincre, j’acquis les livres de Russell, non sans difficulté, comme le " Divin plan des ages " ou " Que ton règne vienne ". Ce qu’on y lit est édifiant ! Jamais on ne m’avait parlé de tout ça auparavant.
J’acquis aussi quelques livres de référence sur la Franc-maçonnerie, expliquant ses origines, son histoire, ses rituels, son rôle politique, social et religieux, ses buts, ses querelles avec l’église catholique, ses constructeurs de cathédrales en Europe, les Templiers, les Cathares. J’appris aussi, par ce canal très spécifique, l’existence d’une maçonnerie parallèle, spéciale, communément appelée "Rose-Croix". Comble de l’ironie, en parlant de mes découvertes avec certains de mes collègues de travail, ils m’apprirent qu’ils connaissaient des personnes qui faisaient partie de ces mouvances. Certains de mes clients aussi connaissaient le sujet, quelques-uns parmi eux étant dans la frange. En leur compagnie, j’appris certains détails intéressants sur l’ordre maçonnique, sur les rituels, sur les comportements des maçons à l’intérieur des loges, sur la façon dont la "Tenue" se déroule, sur leurs "Secrets", qui n’en sont pas vraiment. Ils me conseillèrent quelques livres assez faciles d’accès, mais rarement en devanture des magasins, comme par exemple, les livres "La Spiritualité de la Franc-Maçonnerie" et "La Spiritualité de la Rose-Croix". Ces livres s’adressent à des personnes averties, voir des "Initiés", des individus capables de raisonner en fonction des valeurs propres à l’Ordre et au Grade. Toutes ces recherches me prirent un temps conséquent et s’étalèrent sur de nombreux mois, mais toutes ces discussions et ces informations m’apportaient enfin les réponses qui me manquaient, la Société mentait.
Qui plus est, en analysant les livres historiques de la Société, surtout la période Russell et Rutherford, je remarquais quelques points sombres sur lesquels elle ne s’étendait pas beaucoup. Par exemple, à la page 23 du livre " Les Témoins de Jéhovah dans les desseins Divin ", deuxième colonne, on apprend que Pasteur Russell, entre 1879 et 1880, a fondé une trentaine de congrégations, appelé à l’époque "Ecclésia". Dès 1880, il prit des dispositions pour les visiter régulièrement, et y diriger un programme intensif d’étude qui durait au moins six heures par jour. De plus, il faut noter que la distance qui séparait ces différentes congrégations était assez grande pour l’époque. Pennsylvanie, New Jersey, New York, Massachussetts, Delaware, Ohio et Michigan. Ce devait être difficile de les parcourir, la voiture automobile y était encore extrêmement rare. Alors, réfléchissons un peu ! L’œuvre de Russell prend officiellement naissance au printemps 1879, suite à la séparation d’avec Monsieur Nelson Barbour. Le premier numéro de la "Tour de Garde" sort de sa petite imprimerie en juillet 1879. Avant cette date, Russell n’était que le co-rédacteur du "Herald of the Morning". Il avait très peu d’adeptes de ses idées, du moins pas assez pour pouvoir démarrer en quelques mois trentes congrégations, même de dix personnes seulement ! Alors comment peut-on comprendre cette déclaration de la Société ? Et bien, tout devient limpide si on ajoute les pièces manquantes à ce puzzle. Monsieur N. Barbour était Adventiste, on le sait, mais aussi "Chevalier Rose-croix" (sic). Cette information m’a été confirmée par les gens concernés. En Maçonnerie, les mots "Loge" ou "Temple" peuvent aussi se traduire par "Ecclésia", surtout dans le Rite d’York. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’après la mort de Russell, les Ecclésias furent rebaptisées "Salle du Royaume", afin d’en retirer l’allusion. En réalité, à cette époque, le jeune Russell grandissait dans la Maçonnerie. Ces travaux bibliques, il les confiait à ses frères de loges, les premiers "Elus", les premiers "Membres Oints", mais du fait de son grade élevé, il gardait l’autorité nécessaire pour les maintenir dans la direction qu’il souhaitait.
Autre exemple. Toujours dans ce même livre, à la page 47, on apprend que la Société souhaite s’étendre. En 1908, Russell désire acheter un local sur New York. C’est d’ailleurs J.F.Rutherford qui fera les démarches financières. La Société acquière donc un local appelé "Béthel de Plymouth". Après quelques rénovations et l’inauguration, Russell déclare dans la Tour de Garde de cette année que ce bâtiment portera le nom de "Béthel". Ici, il faut remarquer que Russell achète un bâtiment qui s’appelle déjà "Béthel", en fait, il ne fait que conserver son nom. En conséquence, cette appellation existait déjà avant que la Société ne la reprenne. Qui donc utilise ce même terme en plus de la Watchtower ? Vous avez devinez, les Francs-maçons. Ce terme est utilisé pour désigner une loge qui en pilote plusieurs autres, une "Loge mère" en quelque sorte. La Société n’a donc rien inventé. En réalité, elle ne fait que remplir son rôle, piloter des loges annexes pour approfondir ses études théosophiques, sous la couverture d’une imprimerie.
Je fis part de mes découvertes à mes parents, mon père étant ancien, je pensais qu’il devait le savoir. J’avais tort. J’en fis part aussi aux anciens à qui j’avais posé la même question dérangeante. Certains entrèrent dans une rage étonnante. Ils me dirent que croire en de telles balivernes n’étaient pas dignes d’un Témoin. Le monde avait eu raison de ma curiosité et j’étais en train de perdre la seule véritable foi, celle des Témoins de Jéhovah. J’essayais de leur faire comprendre qu’il était grave de cacher la vérité, de l’édulcorer, surtout pour une organisation qui se dit "Séparée du monde", qui se prétend "La Vérité", pratiquant le "Culte pur", réprouvant le mensonge et la tromperie. Et voilà que la Société falsifiait tout bonnement ses origines ! Voilà que la Société était issue des loges, du Théosophisme et du Spiritisme ! L’un des Anciens interrogés me dira plus tard, lors d’un entretien particulier appelé "Comité judiciaire", que ce genre d’information ne doit pas être connu des pauvres frères et sœurs fragiles des congrégations. Cela pourrait les ébranler et les faire fuir de la seule organisation capable de les emmener dans le "Monde Nouveau". De plus, si je tentais de répandre ces découvertes, ce "Pot aux Roses", par quelques moyens que ce soit, je serais chassé pour apostasie ! Je lui répondit qu’on ne peut pas être exclu si on dit la vérité. Il me rétorqua que la Société a mis à la disposition des Anciens un livre (Le KS) qui réglemente la vie des congrégations, et que si une personne se disant frère crée des divisions, quel qu’en soit la raison ou le motif, il doit être Exclu. Pour me convaincre, il me lut la lettre aux Romains 16:17-18, verset clé de cette sanction.
Ma vie a basculé ce jour là, car depuis cette rencontre mémorable avec le collège des anciens, ceux que je considérais comme mes frères et mes amis ont commencé à me regarder avec suspicion, comme un danger potentiel, un individu parasite qu’il est préférable d’éviter. Suite à ce comportement particulier de la congrégation, mon épouse et moi-même avons décidé de cesser de fréquenter les réunions.
Réveil de mes amis
A l’époque où j’entamais mes recherches sur la Maçonnerie et sur la Société, mes parents m’appelèrent un soir au téléphone pour me demander des renseignements complémentaires. Mes découvertes et mes premières conclusions les avaient interpellées. Un Ancien que j’avais questionné quelques mois auparavant, m’appela aussi pour me demander quelques explications, il se nomme Pierre. C’est ainsi que notre petit groupe prit naissance. Chacun essayait de faire ses propres recherches, me tenant régulièrement au courant de leurs découvertes respectives. Pendant que je draguais le Net pour collecter un maximum d’informations sur la F.M., eux relisaient les publications qu’ils possédaient, surtout les plus anciennes.
Un soir où mes parents étaient invités chez moi, nous fîmes une découverte qui bouleversa définitivement nos convictions. Je me connectais sur deux Sites étonnants. Le premier n’est plus en service pour le moment, mais il apportait des preuves supplémentaires sur les origines maçonniques de la Société. Le second se nomme : watchtower.observer.org . Par son intermédiaire, nous apprîmes que la Société utilisait l’imagerie subliminale dans certaines illustrations de ses publications. Au début, nous avons cru à un canular, mais après vérification, c’était vrai ! Quelques Tours de garde recelaient d’images ambiguës, certains livres fondamentaux étaient pollués par des figures hideuses masquées. Comble de la déception, la Société niait totalement ces accusations, elle affirmait que ce n’était que de la diffamation, et ceci au travers deux articles parut dans la Tour de garde (15/6/1985 pages 24 à 27,et 1/3/1987 page 15 § 18 à 19). Jusqu’à cette date, nous pensions que le passé de la Société, bien que trouble, n’était pas si dramatique que cela. Après tout, c’était peut-être le passage obligé pour aboutir finalement à la pureté de notre culte. Nous avions tort.
Après un examen attentif des images incriminées, on ressent un léger parfum de spiritisme (plusieurs sites Internet les ont collectées, dont celui de Michel : www.microtec.net/mleblank. S’il s’agissait de la tête de Mickey Mouse, nous aurions pensé que quelques dessinateurs facétieux du Béthel avaient fait un pari grandiose, et qu’ils l’auraient gagné. Il n’en est rien. Pourquoi les publications ont-elles en surimpression des images de boucs, de gargouilles, de démons ? Etions-nous les seuls à les remarquer ? Nous décidâmes d’en avoir le cœur net. A partir de cette période, nous commencions à présenter ces publications spéciales à tous ceux que nous connaissions. C’était difficile et risqué ! Qui pourrait penser que de telles choses puissent être possibles dans la "Nourriture spirituelle" ? Etait-ce une simple vue de l’esprit ? J’ai présenté les plus évidentes à certains collègues de travail. Leurs réponses étaient unanimes. Je les ai présentées à mes connaissances Francs-maçonniques, même réponse. L’un d’entre eux les remarqua même immédiatement sur l’original !
C’est à cause de ces représentations douteuses que, Pierre, quelques mois plus tard, fût mis sur le banc des accusés puis perdit son privilège d’Ancien. Le motif invoqué : "Fatigue visuelle" ! Il commençait à voir des choses là où il n’y en avait pas, il devenait visionnaire ! En présence d’un Ancien (myope sans doute) et d’un Surveillant Itinérant (non voyant à fortiori) qui interrompit spécialement sa semaine d’activité pour le rencontrer, il fut décidé qu’un long repos spirituel lui serait nécessaire. Il fut taxé de "Grand Apostat" et perdit ses fonctions après trois mois de délibération du Collège central de Brooklyn. En temps normal, et selon les directives de la page 109 du KS (le livre des Anciens), deux semaines suffisent amplement pour chasser un apostat, mais un Grand Apostat, visionnaire de surcroît, c’est très rare, ça ne peut pas s’exclure comme ça, et sûrement pas pour les raisons évoquées ! Qui plus est, il n’y a pas encore de correspondance dans le fameux livre pour ce genre de situation (il paraîtrait qu’il est en train d’être réécrit pour la circonstance). En réalité, le véritable dilemme réside dans l’ambiguïté de ce cas de figure. Peut-on expulser quelqu’un parce qu’il dit la vérité ou parce qu’il voit juste ! Non. La Société préfère utiliser une méthode plus astucieuse pour régler ce genre de différend. Premièrement, elle ne répond à aucune accusation. Quoiqu’on dise ou que l’on pense, ce ne sera que pure spéculation ! Deuxièmement, elle joue le pourrissement. Avec le temps, les esprits se calment ou les gens s’en vont d’eux-mêmes. Troisièmement elle attend que l’on commette un faux pas, comme propager ce qu’elle considère des idées "apostates". Dans ce cas, elle applique les versets de Romains 16:17-18, "Faux témoignage", et le tour et joué. L’honneur est sauf, le calomniateur est écarté et les affaires continuent…
Il faut savoir que l’Exclusion d’un membre TJ est "l’Arme Absolue" de la Société. Lorsqu’une personne adhère au mouvement, il finit par se couper mentalement du monde dans lequel il vivait, car ce lieu de perdition d’où il sort et les individus qui y vivent, sont un frein puissant à ses "Progrès spirituels". Ainsi, avec l’aide de Dieu, et surtout de l’Esclave fidèle et avisé, il finit par s’isoler de tout ce qui faisait ses repères, ses collègues de travail, ses amis, ses voisins, sa famille, voir même dans certains cas rares de son conjoint et de ses enfants. Dorénavant, sa nouvelle famille c’est la Congrégation, ce vase clos, cet état dans l’état. Il vit dans un "Paradis spirituel". La Société nie totalement ces faits, mais malheureusement pour elle, les témoignages à ce sujet deviennent nombreux et accablants (et le K.S. est sur le Net, si vous voulez vérifier). Bref, une fois l’adepte bien conditionné, reprogrammé, robotisé, manipulé par le processus de l’"Obédience américaine", donc bien seul sur cette terre, on lui fait comprendre qu’au moindre faux pas, la moindre rébellion, il sera rejeté dans le monde de Satan, ce monde moribond, condamné par Dieu depuis le commencement de la création, cet enfer terrestre (au moins chez les Catholiques, on attend que le malheureux soit mort pour l’envoyer en enfer). Elle lui apprend à accepter cette vision des choses, c’est "Normal". Les autres fidèles reçoivent alors l’ordre de ne plus lui adresser la parole, pas même le bonjour, car ce petit mot de tous les jours est déjà une association avec le Diable (la Bible est claire sur cette question, lisez donc 1 Corinthiens 5:11 et 2 Thessalonicien 3:6 ! Dans ce cas, la pitié, le savoir-vivre, la théorie du bon samaritain ne s’applique plus. Jésus, s’il te plait, reviens, tes disciples sont devenus fous). En définitive, le pauvre exclu ne sait plus où aller et surtout quoi faire, sauf peut-être se pendre dans son grenier (peut-être Dieu, dans sa clémence, aura t-il une pensée pour cet homme au jour du jugement dernier). Souvent, cette solitude accablante le fait revenir tout repentant dans la "Bergerie", la congrégation, seul havre de paix et de bonheur sur cette planète. Mais, à partir de là, tout n’est pas encore gagné. Il sera mis en période de test. Même à la salle, on continuera à ne pas le saluer ni à lui adresser la parole, il restera dans son coin, gentiment, sous le regard attentif des anciens, en attendant leur feu vert. Les recommandations sont strictes, inflexibles. Si on brave cet interdit, on est exclu à son tour, c’est sans merci, c’est "Normal". Une fois le repentir sincère correctement jaugé par les "Gardiens du bonheur" de la congrégation, la personne est réintégrée comme membre TJ. Mais sachez que ses antécédents ne seront jamais oubliés, du moins pas pour la Société qui garde scrupuleusement dans ses fiches le cursus de chacun de ses fidèles (Dieu a t-il un droit de regard sur les fichiers de la Watchtower ?)
Durant cette même période, mes recherches commencèrent à déranger sérieusement les Anciens de ma congrégation. Par exemple, les Tours de Garde que j’emmenais aux réunions n’étaient plus celles du moment, mais celles du début du siècle, notamment les années 1911 et 1912, et en français (Merci le M.M.I.L.). De plus, j’avais subtilisé quelques rares exemplaires des premiers livres de Rutherford, comme "la Harpe de Dieu" ou "Consolation pour les Juifs" (de pures merveilles de Pyramidologie et de Sionisme). Au bout de quelques temps, ils me sollicitèrent un rendez-vous, communément appelé "Comité judiciaire", afin de connaître le but exact de mes investigations et surtout, quelles seraient mes intentions de propagation de mes résultats. Etant préparé depuis longtemps à cette confrontation, il ne me fallut pas longtemps pour les confondre dans leurs menaces et leurs déclarations bibliques.
Ce passage à la moulinette dura plus de quatre heures. Au tout début de l’entretien, ils me dirent que si je souhaitais me retirer de l’organisation, ils ne m’empêcheraient pas de le faire, mais mon épouse, leur Sœur, pourrait rester. Je devrais cependant me souvenir de la condition dans laquelle je me situerais par rapports aux autres membres de la congrégation. De plus, ils me rappelèrent que dans sa grande bonté, Dieu, et par voie de conséquence la Société, avait prévu une possibilité de retour dans la bergerie. Avec clémence, les Anciens seraient toujours là pour m’accueillir et pour me réconforter. Je les remerciais pour cette généreuse proposition, mais leur précisais que mon intention n’était pas de me retirer pour le moment. Je désirais simplement obtenir une explication, une réponse honnête à des questions, au demeurant, assez simples. Je leur dévoilais donc une partie de mes recherches, au travers différentes reproductions maçonniques officielles de la "Croix dans la Couronne", des agrandissements au format A4 de ces fameuses images subliminales mises en face des publications originales. Devant tout ce déballage, ils me dirent que je m’enfonçais dans l’apostasie, que tout ce que j’argumentais n’était que des calomnies, et que j’étais en très grand danger. Devant les Tours de Garde reproduites à l’identique par le M.M.I.L., ils parlèrent de falsification. Je leur montrais les reproductions de ces fascicules dans les livres internes, ils nièrent en bloc la ressemblance, prétextant que celles qui figuraient dans la littérature de la Société étaient trop petites pour pouvoir confirmer la comparaison. Je n’avais jamais vu une telle mauvaise foi à l’œuvre, car devant leurs dires qu’ils tentaient de confirmer par la bible, la couleur rouge pivoine de leurs oreilles et leur regard fuyant ne mentaient pas. Il faut préciser que nous étions à dans la Salle du Royaume, normalement un lieu consacré au culte de Dieu, où le mensonge est parjure. Ils avaient du mal à rester calme, argumentant sans cesse les mêmes paroles, Apostasie et Exclusion. Je plaçais sous leurs yeux une copie d’un discours du Pasteur Russell (Le Temple de Dieu – Californie 1913), démontrant clairement son affiliation à la Franc-maçonnerie et le rôle de son Obédience biblique, la Watchtower. Mais comme ce discours était écrit en anglais, ils ne voulurent pas le lire (l’un d’eux pourtant lit cette langue couramment, il pratique le même métier que moi). Ils me demandèrent qui m’avait procuré cette copie. Le M.M.I.L. ! Tout ce qui ne vient pas de la Société est automatiquement classée "Apostasie", même une Tour de garde du début du siècle où figure l’adresse de la Watchtower. Nous, nous ne voulons croire que la Société, et personne d’autre. Bien sûr, la dite Société ne transmet plus ces documents aujourd’hui, elle a trop peur des retombées néfastes qu’ils pourraient engendrer. Comme ça, c’est facile ! Et de plus, elle a fait récemment le ménage. Une circulaire a demandé que toutes les vielles publications lui soit retournées pour, soit disant, reconstituer sa propre bibliothèque. En réalité, par ce moyen, elle a fait disparaître un maximum de preuves sur son histoire, histoire maçonnique évidemment.
Fort heureusement, il existe toujours les descendants spirituels de Pasteur Russell, qui eux n’ont pas honte d’affirmer leurs origines et la nature de leurs travaux. Par exemple, sur la TG de janvier 1911, nous lisons ceci à la page 8 : "Le but de ce présent périodique est … de travailler à la perfection des Saints, des Elues… et lorsque ces pierres vivantes, élues et précieuses, auront été taillées, façonnées et finies, le Grand Architecte les réunira toutes dans son Temple spirituel". Ceci est le Leitmotive par excellence de la Franc-maçonnerie, le travail de la pierre symbolique. Bien évidemment, seul un "Initié" à ce langage est capable de reconnaître le sens profond et ésotérique de cette déclaration. Je leur ai montré cette phrase dans un livre de Maçonnerie, ils prétextèrent que ce livre ne provient pas de la Société, et de plus les logos affichés ne figurent pas dans nos publications, donc ce ne sont que des mensonges sataniques. Après quatre bonnes heures de discussion houleuse, ils me firent la déclaration citée quelques paragraphes plus hauts, à savoir : " Si ces révélations sont connus des frères et sœurs fragiles des congrégations, cela pourrait les faire chuter dans leur spiritualité, et les faire quitter la seule organisation capable de les emmener vivant vers le "Monde Nouveau". A cet instant, ils m’ont intimé l’ordre de ne pas divulguer le moindre mot de tout ce que nous avions débattu, sous peine d’être exclu sur le champ, sans même me demander mon avis. Devant cette menace ouverte, je leur ai expliqué que le devoir de tout bon chrétien était d’avertir ses semblables, notamment ses frères dans la foi, des dangers liés au mensonge et à l’hypocrisie, et qu’en l’occurrence la Société mentait honteusement sur elle-même. Ses deux livres d’histoires ne sont en réalité qu’une version orientée et aseptisée, une vision édulcorée de la réalité. Elle cherche à tout prix à nous faire croire que, déjà à ses débuts, elle ressemblait à l’organisation actuelle, avec uniquement Noël et les Anniversaires en plus. Mais il n’en est rien. Le chapitre que j’ai développé sur la Franc-maçonnerie vous le démontrera.
C’est devant ma détermination qu’ils me citèrent la lettre aux Romains 16:17-18, où il est écrit en substance, que "Tous ceux qui suscitent des divisions doivent être écarté du troupeau". Ils me rappelèrent que pour le Témoin de Jéhovah, La Vérité ne provient que de la Société, de nulle part ailleurs. Et même si elle s’est légèrement trompée sur certain détails durant ce siècle, pour l’essentiel, elle est dans le "Vrai". Elle s’est maintenant purifiée de son passé, et ce ne sont pas mes recherches ridicules qui pourrait la faire chanceler. La Société est toute puissante ! Jéhovah est avec elle ! Dieu nous parle par son entremise. Les prophéties sont là, leurs réalisations sont immuables ! Lutter contre elle, c’est lutter contre Dieu lui-même, et contre son Esprit saint. Pour répondre à cette déclaration solennelle, qui ressemblait plus à une ritournelle apprise par cœur qu’à une conviction sincère, je me permis de leur rappeler les paroles de Deutéronome 18:22, où nous lisons : "Quand le prophète parlera au nom de Jéhovah et que la parole n’aura pas lieu ou ne se réalisera pas, c’est là la parole que Jéhovah n’a pas dite. Le prophète l’a dite par présomption, tu ne devras pas avoir peur de lui" (selon la Traduction du Monde Nouveau).
Notre entretien s’est terminé sur ces paroles. Depuis ce jour, mon épouse et moi avons cessé de fréquenter cette organisation, pour laquelle nous nous étions tant dévoués durant toutes ces années. Celle qui fut pour nous un modèle de vie et de conduite pendant tellement d’années, n’est en réalité qu’une "Secte maçonnique" déguisée en religion, adaptée pour la circonstance. Le Christ a prévenu ses disciples à propos de ces loups tyranniques qui, sous l’apparence de brebis, cherchent constamment à égarer le plus grand nombre. Nous avons aujourd’hui la preuve de la véracité de ces paroles que nous avions lues si souvent, sans jamais nous méfier que la bergerie n’était en définitive qu’une prison à ciel ouvert. Depuis cette date, nous réapprenons à vivre et à rebâtir notre vie sur de véritables valeurs, celles que nous avions rejetées ou mêmes jamais connues, comme le respect des gens et de leurs convictions, la tolérance, le plaisir simple de se retrouver avec de "Véritables" amis, pas ceux de la congrégation qui aujourd’hui nous tournent le dos sans même chercher à comprendre pourquoi, qui obéissent à des ordres comme des soldats sans cervelle, alors que nous ne sommes pas encore officiellement exclus.
Conclusion
Etant donné que nous ne pouvons pas avertir directement toutes ces personnes du danger dans lequel elles vivent, pour lequel elles se dépensent tant et si bien, il est maintenant de mon devoir d’utiliser le peu de possibilités qui m’est offert pour faire connaître mon aventure et pour dénoncer cette gigantesque fumisterie. Certaines personnes m’ont aimablement permis d’utiliser leur site Internet pour faire transiter mon histoire, mes documents, les résultats de mes recherches. Je les en remercie chaleureusement.
J’aimerai démystifier quelques points. La grande majorité des Témoins de Jéhovah du monde entier ne sont en fait, que les victimes innocentes de leur naïveté. Ils ont une confiance absolue envers une institution qui les trompe, qui les robotise pour en faire ses soldats. Certains parmi eux travaillent dix à douze heures par jour dans un Béthel pour un salaire de misère, avec la conviction intime de le faire pour une cause juste et louable. Le processus de lavage de cerveau est extrêmement puissant, au travers les réunions incessantes et monotones (trois par semaine minimum), où la répétition permanente de phrases transformées en rituel, les même promesses, les même conseils et la peur récurrente de déplaire à ce Dieu vengeur. Ces personnes ne réfléchissent plus, elles avalent tout ce qu’on leur donne, elles n’ont plus d’esprit critique. La nourriture spirituelle s’acquière gratuitement, mais elle agit sur eux comme une drogue aux effets dévastateurs, liquéfiant leurs facultés mentales. Leur conscience a été entièrement reprogrammée. Comme toutes les autres sectes de son genre, la Watchtower utilise les malheurs de notre temps pour avaliser ses interprétations, pour tenir ses fidèles dans une soumission absolue, les faisant espérer. Il faut savoir qu’en général, les Témoins de Jéhovah sont heureux dans leur culte, comme n’importe quel autre adepte. On leur promet monts et merveilles, Bible en main. On leur apprend à lire ce livre sacré, oui, mais pas selon leur idée, uniquement selon une méthode "Providentielle" élaborée par la Société, grâce à sa littérature si abondante et si riche, mais si versatile, si subjective et subliminale. La divine révélation ne peut provenir que du Collège central de Brooklyn, c’est leur devise immuable. Dans ce contexte, et tant qu’ils ne s’aperçoivent de rien, la vie est un long fleuve tranquille, un "Paradis spirituel" pour reprendre leur terme. Ils sont ballottés ça et là au grès des interprétations, mais ils ne peuvent pas s’en apercevoir. Pourtant, quand le Pot aux roses est découvert, ils sont perdus, désemparés. La vie leur paraît tout à coup si vaine, si futile, sans but, sans saveur. Il faut beaucoup de force de caractère et de courage pour reprendre goût à une vie que l’on a fustigé du matin au soir, pour l’aimer et la vivre pleinement.
Avec le recul, je me demande comment le Dieu de l’univers, ce Dieu si grand et qu’on décrit si puissant, peut tolérer une telle situation. Il a été à l’origine de tant de guerres, au centre des négociations de paix éphémère. Il est adoré par quelques-uns, blasphémé par d’autres. Il est monnayé par les sectes, perverti par leurs enseignements trompeurs et malsains. Cette question est encore toute fraîche dans mon esprit, et c’est avec elle que nous allons aborder dans le document suivant, le Domaine mystique des Sociétés secrètes et leur influence dans notre vie de tous les jours.
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