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Témoins de Jéhovah : Un cauchemar qui a duré douze ans. |
Sommaire:
Affaibli
et mûr pour l’endoctrinement
Mis à part
Premiers cauchemars
Première séparation
Retour à la vie conjugale
Deux autres séparations, suite du
cauchemar
Reprise de la vie conjugale, un espoir
Naissance, déménagement et le cauchemar reprend
vie
L’enfer
Connaissance de tragiques événements au
sein
de l’organisation des Témoins de Jéhovah
Des doutes de plus en plus
profonds
Une amitié mise à rude
épreuve
Persécution au sein de la
congrégation
Assailli par des doutes et nouvelles persécutions
Je m’appelle Vito, j’ai 44 ans. Je vis
en France où j’ai été Témoin de Jéhovah
durant 8 années et sous leur endoctrinement
durant 12 ans. A l’heure où j’écris cette
biographie, j’ai officiellement quitté les
Témoins de Jéhovah depuis 6 mois (le 22 août
2001).
Ces 12 années ont été pour moi une lente
descente aux enfers, un cauchemar ! Une
souffrance que je me suis infligée en désirant
respecter les principes de la «Watch Tower Bible
and Tract
Society of Pennsylvania».
Les faits cités dans ce document sont
réels, seul le prénom des personnes est fictif
afin de respecter leur anonymat. Ces derniers
pourront se reconnaître en lisant ce document.
Nous sommes en janvier 1989. Je suis affaibli par les attaques incessantes de mon ex-femme qui ne cesse de me provoquer lorsque j’exerce le droit de visite de mes enfants Jean et Nicole et par les difficultés que je rencontre au sein de l’entreprise dans laquelle je travaille depuis 12 ans. J’ai dû me faire à cette nouvelle vie en vivant seul dans un petit appartement. Voilà deux semaines que je reçois la visite des Témoins de Jéhovah. C’est dans un état pitoyable qu’ils me visitent. Et voilà qu’ils me proposent d’entamer une étude de la Bible avec eux pour connaître des jours meilleurs et savoir que très bientôt, Jéhovah (Dieu) va exécuter sa sentence sur ce monde impie.
J’accepte donc
cette étude. Les mois passent et me voilà peu à
peu, sous l’emprise des beaux discours de la
Watch Tower.
Après quelques mois,
je propose à mes professeurs spirituels une
invitation à dîner et voilà qu’ils me
rétorquent qu’ils ont des principes et refusent
donc mon invitation. En
effet, il faut savoir que la Watchtower recommande
à ses adeptes de ne pas fréquenter les gens du
monde (les personnes extérieures à leur
organisation qui ne sont pas Témoins de Jéhovah)
sous prétexte d’être contaminés par ces
derniers. Sous ce refus, je comprends
peu à peu que pour pouvoir me faire de nouveaux
amis, il faut que je progresse afin de me
comporter comme un Témoin de Jéhovah.
1er
Dilemme : Je me retrouve plus seul que jamais
car mes amis (du monde) apprennent que j’étudie
la Bible avec les Témoins de Jéhovah et me
délaissent peu à peu. Résultat du
parcours : je ne suis ni fréquentable par
les Témoins de Jéhovah, ni par mes amis.
Un peu plus tard, sous cette solitude parfois très pesante, je fais la connaissance d’une jeune femme qui deviendra plus tard ma femme, Jacqueline. Elle a 2 enfants, 2 garçons, Olivier (6 ans) et David (4ans). Ces trois personnes vont devenir un cauchemar vivant durant les dernières années que je vivrai en tant que Témoin de Jéhovah. En effet, j’apprends par les Témoins de Jéhovah que vivre en concubinage, c’est commettre la fornication et que ce n’est pas toléré, il faut donc que je régularise ma situation. Autrement dit, il faut que je me marie avec la personne que je fréquente pour devenir Témoin de Jéhovah et être ainsi accepté par Dieu.
Je régularise donc ma situation et nous célébrons un mariage civil puisque nous ne devons pas non plus nous marier dans une église d’une autre confession que celle des Témoins de Jéhovah. Nous ne pouvons pas non plus nous marier dans leur salle du royaume car nous ne sommes ni Témoins de Jéhovah, ni des personnes suffisamment pures pour qu’ils acceptent de le faire.
A cette date, ma
situation me permet de prêcher et quelques mois
plus tard, de prendre le baptême et d’être
considéré comme un Témoin de Jéhovah à part
entière.
Olivier et David sont
des garçons très instables, le plus jeune étant
sous l’influence de son frère aîné, il fait
les pires sottises. Fugues de l’école, jets de
pierres sur les automobiles circulant sur l’autoroute,
crachats sur les passants, insultes à leurs
instituteurs, perturbations des cours, etc...
Devant ces problèmes journaliers, je demande à
Jacqueline d’agir afin que ses enfants ne se
trouvent pas confrontés à de graves problèmes
lorsqu’ils seront adultes et recalés au niveau
de leurs études qui est une vraie catastrophe.
Aucune réaction de la part de leur mère.
Un laxisme, une permissivité sans pareil. Olivier
va jusqu’à rayer la peinture de trois voitures
avec un objet métallique. Il se trouve avec sa
mère devant la police et assigné au tribunal.
Pour le récompenser, Jacqueline accepte qu’Olivier
parte une semaine en vacances, avec ses camarades
de classe, en Méditerranée en pleine année
scolaire. Devant ce laxisme intolérable, je
manifeste mon désaccord. C’est ainsi que les
enfants font de leur mère, un allier dur et font
de moi leur ennemi juré, qu’ils ont décidé de
combattre plus que jamais.
Devant les
difficultés que je rencontre jour après jour, j’étouffe.
Ma femme ne désirant changer en rien sa façon d’élever
ses enfants ne trouve qu’une seule solution, le
divorce. Devant cette nouvelle, je me trouve dans
une position peu confortable car les Témoins de
Jéhovah n’autorisent le divorce que pour motif
de fornication. Je confie le problème à un
ancien (personne ayant autorité dans la
congrégation des Témoins de Jéhovah) qui est
justement celui qui m’a fait l’étude de la
Bible. N’ayant pas été confronté à ce
problème, il téléphone au Béthel de France
afin de connaître la marche à suivre lorsqu’on
se trouve dans une situation de ce genre.
Les indications données par le Béthel
sont claires, il faut
autant que possible arriver à transformer cette
demande de divorce en une demande de séparation
conjointe, afin d’éviter de mettre le nom de
Jéhovah dans la boue et de souiller l’organisation.
Sous réserve que je ne pourrais, d’une manière
ou d’une autre refaire ma vie tant que ma femme
n’aura pas commis l’adultère.
Nous nous trouvons
donc, Jacqueline et moi-même, sur les bancs du
tribunal où nous demandons conjointement une
séparation de corps.
Après quelques mois
de vécu seul dans mon petit deux pièces et
après avoir racheté tout ce qui peut aider le
commun des mortels à vivre: machine à laver
le linge, cuisinière, etc..., nous décidons
Jacqueline et moi de reprendre la vie commune. A
quoi bon ne pas le faire puisque nous avons des
relations intimes dans mon appartement où elle
vient me voir de temps en temps (J’apprends
par un ancien qu’il n’est pas acceptable que
nous soyons séparés tout en ayant des relations
conjugales).
Cela ne se fait pas
sans mal car je me trouve de nouveau confronté à
l’attitude d’Olivier qui me laisse des
messages sur mon répondeur téléphonique en
manifestant une opposition virulente et totale à
notre nouvelle union avec sa mère. J’ai donc
droit à des insultes gratuites qui font allusion
à ma mère (j’éviterais donc de vous citer
quelques exemples).
Je n’ai toutefois, en tant que Témoin de
Jéhovah, que deux solutions, soit je maintiens ma
séparation et je vis seul sans avoir de relations
conjugales (car comme je
le cite plus haut dans un tel cas, nous sommes
sensés obéir à l’organisation des Témoins de
Jéhovah qui indique que nous ne devons pas avoir
de relations conjugales hors mariage puisque nous
sommes séparés légalement) soit je
retourne à la vie de mari et femme sous le même
toit.
2ème
Dilemme : je suis toujours marié aux yeux de
Dieu puisque « Il a haï le
divorce » (sauf pour motif de fornication).
Je suis tout de même passible de réprimande si
je continue à avoir des relations sexuelles avec
ma femme dont je ne suis que séparé. D’autre
part, lorsqu’un couple divorce pour motif non
biblique, il ne peut en aucun cas avoir de
relation conjugale, car il est passible d’exclusion
pour avoir commis la fornication. Ils doivent de
nouveau se marier pour qu’ils puissent à
nouveau avoir des rapports. A quoi bon puisque
nous n’avons pas divorcé aux yeux de
Dieu ?
Je
vais me retrouver de nouveau confronté à de
nouvelles séparations avec ma femme, toujours
pour les mêmes causes où nous rajouterons les
membres de sa famille qui ont joué un rôle
prépondérant dans la décision que ma femme prit
à chaque fois dans cette histoire.
La pression de l’organisation des
Témoins de Jéhovah se fait tellement sentir que
je me trouve avec des problèmes qui n’ont en
fait que deux solutions. Celle citée par la Watch
Tower, et celle dictée par mon instinct. La peur
à laquelle la Watch Tower
soumet à ses membres en montrant que nous
n’aurons pas l’approbation de Jéhovah si nous
n’obéissons pas aux indications données par la
Watch Tower (puisqu’elle est soi-disant le canal
que Dieu utilisé de nos jours) m’oblige à
souffrir encore et encore. Je vais donc essuyer
deux autres séparations qui auront les mêmes
caractéristiques. Et toujours la même solution.
A savoir que nous ne devons pas engager une
procédure de divorce de peur que l’on sache que
je suis Témoin de Jéhovah et que cela n’entache
l’organisation, que le nom de Dieu ne soit
bafoué et que quelles que soient les
circonstances, je ne pourrais me remarier que si
ma femme commet l’adultère. Il faudra donc que
je me retrouve seul à n’avoir qu’une idée en
tête, qui est en fait celle de la Watch Tower : prêcher
le plus possible pour éviter l’ennui et d’avoir
le désir de commettre l’irréparable.
C’est ainsi que j’ai passé des périodes de
prédication allant jusqu’à 72 heures tout en
ayant un emploi à temps complet.
De nouveau, je
rétablis les liens conjugaux avec
Jacqueline ; les mois qui s’ensuivront se
passeront sans difficulté si ce n’est que nous
apprenons que Jacqueline attend un bébé. Pour
moi, c’est une joie mais également un
désastre. En effet, comment élever un enfant
convenablement au milieu d’un désordre
pareil ? Cette fois, à cause de plusieurs
disputes, Olivier est mis en foyer d’accueil
chez une demi-sœur de Jacqueline. Les mois
suivants se passent très bien et la grossesse de
Jacqueline aussi grâce au placement d’Olivier
chez sa tante. (Par la suite, Jacqueline décide d’entreprendre
une étude de la Bible avec les Témoins de
Jéhovah et se fait baptiser assez rapidement).
Devant la joie d’une nouvelle naissance
qui comble de bonheur mes parents, ces derniers
décident de nous faire une donation qui nous
permettra, à la demande persistante de
Jacqueline, de construire une villa. Je tâche de
la raisonner en lui montrant que ses demandes de
séparations consécutives ne nous permettent pas
de faire construire une maison, notre couple n’étant
pas suffisamment solide pour une telle entreprise.
Mais elle me promet à plusieurs reprises qu’elle
ne recommencera plus.
Je finis par céder et nous nous mettons à
la recherche d’un terrain qui accueillera notre
modeste maison. Je précise qu’à ce moment-là
je possédais une amie, une vraie comme il en
existe très rarement, Nathalie. Elle se trouvait
dans la même congrégation que Jacqueline et
moi-même. Elle est mariée à Bernard et a 2
filles adorables, dont l’une est atteinte de
trisomie 21. Elle a joué un rôle très important
dans ma vie et tout particulièrement, lors de mes
séparations répétitives avec Jacqueline. Elle m’a
souvent aidé à supporter ces dernières en m’apportant
un soutien moral. Elle me comprenait pour avoir,
durant sa jeunesse, vécu une séparation
douloureuse avec ses parents. J’avais à chacune
de mes peines, quelqu’un qui comprenait combien
il est difficile de se retrouver seul. Vous
comprendrez, plus loin, pourquoi j’y fais
allusion maintenant.
Nous
avons eu droit, durant les mois qui ont suivi, à
des critiques, de la part de certains Témoins de
Jéhovah et même du haut du pupitre lors de
certains discours. En effet, un Témoin de
Jéhovah entend très souvent dire au sein de l’organisation
de la Watch Tower
qu’il nous faut mettre les « intérêts
du royaume à la première place dans notre
vie » et la construction d’une villa ainsi
que la vie que nous y menons est un frein dans la
mise en pratique de cette directive émanant de la
Watch Tower. D’autant plus que l’argent et le
temps investi ne permet pas l’avancée de la
prédication par l’intermédiaire des
publications de la Société.
Le
temps passe et je suis nommé assistant
ministériel (un titre
qui fait briller ceux qui le portent car la Watch
Tower précise
que c’est par l’esprit saint de Dieu que de
telles personnes sont nommées) dans ma
congrégation pendant la construction de notre
maison.
Naissance,
déménagement et le cauchemar reprend vie
Notre fille Rébecca, David, Jacqueline et moi-même finissons par déménager dans cette ville de 9000 habitants où nous avons fait construire notre maison. Du même coup, nous nous rapprochons d’Olivier en raccourcissant la distance, qui le sépare de sa mère et son frère, de 25 kilomètres. Il ne se trouve plus qu’à environ 10 kilomètres de notre nouveau lieu de résidence.
Le changement de
ville (ou territoire pour les Témoins de
Jéhovah) implique un changement de congrégation.
Il faut donc de nouveau nous faire de nouveaux
amis. Nous nous trouvons donc réunis avec de
nouveaux Témoins de Jéhovah. Mes capacités
oratoires sont manifestes et j’essaie tant bien
que mal de me rendre utile au sein de ma nouvelle
congrégation. Si bien que l’on me donne
quelques responsabilités. Ce
qui n’est pas du goût de tout le monde. En
effet, certains Témoins de Jéhovah dont un
couple plus particulièrement ne manifeste
apparemment pas beaucoup de plaisir à me voir
progresser et à ma façon d’éduquer les
enfants, en particulier David qui, avec
mon acharnement à le remettre sur le droit
chemin, avait fini par obtenir la sympathie de ses
professeurs ainsi que de très bonnes notes à son
collège.
Ce couple et plus particulièrement le
mari, ne voulant pas me parler de ce qu’il ne
trouvait pas à sa convenance chez moi, s’en est
allé en parler aux anciens de la congrégation.
Ceux-ci sont aussitôt venus me voir en me disant
que si quelqu’un avait quelque chose contre moi,
je n’étais plus crédible aux yeux des autres
frères et sœurs (c’est ainsi que s’appellent
les Témoins de Jéhovah entre eux), et que je
risquais de perdre mes privilèges dans la
congrégation. (Plus tard, j’ai appris que cet
homme convoitait le titre d’ancien et qu’il n’appréciait
pas mes commentaires lors des études de livres qu’il
dirigeait, et dont j’étais son suppléant).
Lorsque Jacqueline a appris pourquoi les
anciens étaient venus me rendre visite, elle a de
nouveau recommencé à vouloir faire ses escapades
sous prétexte que c’était à cause de moi si
elle ne voyait pas Olivier (alors qu’il venait
régulièrement voir sa mère à la maison).
Depuis la visite des
anciens à la maison, je n’ai plus de
tranquillité. Tout au long des mois qui vont
suivre, je n’aurai aucun soutien des membres de
ma nouvelle congrégation. Seulement 1 an et 4
mois après mon installation dans cette maison, je
fais une dépression nerveuse.
Je
suis de plus en plus fatigué et constamment en
train de me torturer sur le temps que je ne passe
plus en prédication. En
effet, étant un serviteur nommé je dois être un
exemple et tout particulièrement dans le domaine
de la prédication.
Voici deux ans que
nous nous sommes installés. Rébecca a maintenant
3 ans. Après une dispute, Jacqueline quitte le
domicile conjugal et me laisse seul avec ma fille
Rébecca. Elle s’est, comme à l’accoutumée,
réfugiée chez sa mère. Je la supplie de revenir
au moins pour Rébecca afin qu’elle ne connaisse
pas ce que ses frères, Olivier et David, ont
connu par la séparation d’avec leur père. Rien
n’y fait. Elle désire à nouveau demander le
divorce.
Douze jours après son départ, Jacqueline
enlève Rébecca à l’école maternelle, avec l’aide
de son beau-père, alors que j’attendais comme d’habitude
sa sortie devant sa classe.
Devant ce nouvel échec je suis
complètement perdu ; je me retrouve de
nouveau seul, sans ma fille et une maison avec des
traites mensuelles de 4 400,00 Francs français.
Je sombre dans une dépression encore plus
profonde. Après le départ de Jacqueline, les
mois qui ont passé ont été une suite
ininterrompue de malheurs. J’ai perdu mon
travail un mois après, mon ex-femme meurt d’un
cancer, ma mère meurt cinq mois plus tard des
complications d’une opération, mon père se
fait opérer d’un cancer au poumon et pour
finir, je perds 30 %
de ma capacité auditive sur 60% que je
possédais avant les événements sur la seule
oreille valide.
Dans un tel désarroi je n’avais plus
aucun repère. Les seules personnes que je
connaissais dans cette ville étaient les Témoins
de Jéhovah de ma congrégation qui ne m’ont
apporté aucune aide si ce n’est deux couples
qui n’étaient pas toujours d’accord avec les
principes émanant de la Watch Tower
J’ai décidé de revenir dans ma
congrégation d’origine afin de retrouver mes
amis et en particulier mon amie Nathalie qui m’avait
tant aidé durant mes séparations.
Durant
les six mois qui ont suivi, alors que je n’avais
pas encore déménagé, pas un seul ancien n’est
venu prendre de mes nouvelles. Sur une
congrégation de plus de 119 membres Témoins de
Jéhovah, seulement deux personnes ont essayé de
me soutenir.
Plus
tard je révélerais à un ancien, de la
congrégation ou je me retrouve à nouveau, de mon
suivi par un Psychiatre et de mon traitement par
anti-dépresseur, à cause des événements que j’ai
vécu. Cet ancien me rétorque aussitôt :
« J’espère
que tu ne lui as pas dit que tu est témoins de
Jéhovah ! »
Et
moi de lui répondre :
« Je
ne penses pas qu’un psychiatre puisse faire une
bonne psychothérapie s’il ne connaît pas les
détails qui mon amené à connaître des
difficultés aujourd’hui ! Et puis je
n’est rien à cacher car on nous apprend chaque
jour qu’il ne faut pas mentir. Comment aurais-je
donc pu cacher à mon médecin que je suis
témoins de Jéhovah ?»
Comme si cela était un délit de révéler que je suis témoins de Jéhovah. Il est vrai qu’on entend souvent dans les discours de la Watch Tower qu’il ne sert à rien d’être suivi par un Psychiatre car il suffit de s’en remettre à Jéhovah pour qu’il nous donne la force d’endurer et que l’on obtiennent la guérison.
Pour ma part je ne connais à l’heure actuel
aucun témoins de Jéhovah qui a été guérie de
la dépression par Dieu lui-même.
Connaissance
de tragiques événements au sein de l’organisation
des Témoins de Jéhovah
Le peu de mise en
pratique des membres de l’organisation des
Témoins de Jéhovah m’incite à faire des
recherches sur Internet (je
précise en passant que la possibilité d’utiliser
Internet à été encouragée par la Watch Tower
lorsqu’elle a créée elle-même un programme
sur CD-Rom permettant aux Témoins de Jéhovah de
faire des recherches dans leurs publications
émanant de la Société. Tant et si bien que de
nombreux Témoins de Jéhovah ont fait l’acquisition
d’un ordinateur pour utiliser ce CD-Rom).
En même temps, je m’inscris sur un site qui est
alimenté par un Témoin de Jéhovah qui n’est
ni plus ni moins qu’un avocat de la Watch Tower.
Je m’étonne de n’y voir que des choses
positives alors qu’au dehors de l’organisation,
j’entends toutes sortes de critiques au sujet
des Témoins de Jéhovah.
Les semaines passent et alors que je me
trouve toujours sous le choc des événements que
j’ai vécus, je fais la connaissance d’une
femme qui se trouve être compatissante à mes
épisodes que je vis assez difficilement. Nous
nous lions d’amitié et elle me fait part des
instants douloureux qu’elle a vécus. En
effet, elle est Témoin de Jéhovah depuis 30 ans
et finit par me révéler que son mari a violé
ses deux filles durant plusieurs années. Il a
commencé avec l’une lorsqu’elle n’avait que
4 ans et la seconde à l’âge de 12 ans.
Cet homme était
également Témoin de Jéhovah et
satisfaisait son désir sadique en étant
protégé de la Watch Tower, puisque selon la
règle de cette dernière, il
faut deux témoins pour qu’une telle personne
soit soumise à un comité judiciaire et/ou exclu
de l’organisation... Cet homme a
été nommé assistant ministériel alors qu’il
était sous le coup d’une première accusation.
Il a alors continué de satisfaire son vice tout
en étant une personne nommée et cela pendant
près de 7 ans après que sa première fille l’ait
dénoncé et jusqu’à ce que sa deuxième
finisse par parler.
Plus tard, j’ai appris que les anciens de
la congrégation qui s’étaient occupés de l’affaire
et avaient formé le comité judiciaire, avaient
recommandé aux victimes et à la famille « qu’il
était souhaitable que l’affaire ne soit pas
porté devant la justice pour ne pas de nouveau
souiller le nom de Dieu et la Watch Tower ».
Les deux victimes souffrent, aujourd’hui encore,
en silence.
3ème Dilemme : Comment une
personne qui a abusé de ses deux filles peut-elle
être nommée assistant ministériel par l’esprit
saint de Dieu ?
Cette révélation m’a
conduit à faire des recherches de plus en plus
approfondies. Mes doutes sur l’organisation des
Témoins de Jéhovah m’amènent à ne plus avoir
confiance en elle. Je doute fortement qu’elle
soit le canal que Dieu utilise.
Je suis désespéré à un tel point qu’il
m’arrive une aventure avec cette personne qui m’a
révélé ses peines. Je n’ai donc plus les
conditions requises pour être un témoin de
Jéhovah puisque
j’ai commis l’adultère alors que Jacqueline m’a
quitté depuis 9 mois. Je choisis de me retirer
volontairement de l’organisation, mais avant
tout il faut que je prépare mon amie Nathalie à
mon retrait volontaire. Je commence à lui faire
part de mes découvertes sur l’organisation et
sur les pédophiles qu’elle protège. Je lui
montre également le livre que possèdent les
anciens des congrégations (disponible sur
Internet) « Faites paître le troupeau… »
et que seuls ces derniers possèdent.
Il y a dans ce livre des choses tout à
fait douteuses et compromettantes sur leur façon
de procéder au sein des congrégations.
C’est avec des
pleurs que je vois Nathalie de temps en temps.
Elle me supplie de ne pas commettre l’adultère
pour que je ne sois pas exclu. Je continue
néanmoins à lui faire comprendre que je ne sais
plus où j’en suis et ne sais plus très bien si
mon désir de quitter l’organisation est ce que
je désire vraiment. Car j’ai à ce moment-là,
toujours cette impression pesante que je ne serais
pas agréé par Dieu. Afin de mieux la préparer,
je lui indique que je ne tiendrai pas très
longtemps seul et sans affection. Nos moments
récréatifs se font alors de plus en plus
nombreux car elle ne veut pas perdre son ami. Elle
ne veut pas perdre les instants et les longues
heures où nous nous confions l’un et l’autre
de nos joies et de nos peines. (Il
faut en effet savoir que lorsqu’une personne est
exclue, les autres membres des congrégations ne
doivent pas lui adresser la parole, sous peine d’être
exclue, eux aussi. La communication d’une
personne exclue se fait dans toutes les
congrégations voisines et où elle est connue).
Je finis par prendre ma décision
définitive en rassurant mon amie Nathalie que
rien ne m’empêchera de revenir plus tard dans l’organisation
pour demander ma réintégration, mais que pour l’heure
je demanderai ma radiation volontaire au sein de
la Watch Tower après le rassemblement (assemblée
de district) à caractère international que nous
avions en août 2001 à Lyon.
Je continue toujours mes recherches et
voilà quatre jours seulement que l’assemblée
de district à caractère international était
terminée que j’apprends le suicide d’un
surveillant de circonscription (c’est ainsi que
l’on nomme ceux qui ont la responsabilité de
visiter les congrégations qui font partie de la
circonscription que la Watch Tower leur a
attribuée) que je connaissais très bien, pour
avoir profité de notre hospitalité sous notre
toit à certaines de ses visites dans notre
congrégation. Plus tard, j’apprendrai que ce
surveillant a été mis au courant par un ancien
de l’attitude que j’avais avec David afin de
le mettre sur le droit chemin. En effet, je n’étais
pas pour cet ancien, une personne digne de
recevoir à dîner un surveillant de
circonscription et sa femme. Je précise que cet
ancien n’a jamais eu d’enfant.
Après quelques jours à réfléchir, je
pense à mon retrait volontaire qui n’est pas
une décision facile à prendre. En
effet, je pense aux conséquences d’un tel
choix : je n’aurai plus d’amis et me
retrouverai complètement seul. Je
décide malgré tout d’écrire ma lettre de
retrait volontaire le 22 août 2001, document que
je remets aussitôt au surveillant président de
la congrégation qui habite l’étage au-dessus
de mon appartement.
Seulement un mois après le suicide de ce
surveillant, j’apprends qu’une autre témoin
de Jéhovah se donne la mort. Deux suicides, en
peu de temps !
Mon retrait est
annoncé le 23 août dans la congrégation où se
trouve encore Nathalie, son mari Bernard et ses
enfants.
Une difficulté, et de taille, va bientôt envahir
notre belle amitié. En effet, je suis invité
depuis longtemps à l’anniversaire des 15 ans de
mariage de Nathalie. Cette dernière étant
entière dans tout ce qu’elle fait, dévoile à
un ancien que je suis invité à son anniversaire
de mariage le 29 septembre. L’ancien est surpris
de voir qu’elle n’a pas interrompu nos
fréquentations amicales malgré ma radiation, car
tous ceux qui quittent l’organisation sont des
apostats pour reprendre les termes de la Watch
Tower.
C’est ainsi que pendant plusieurs jours,
les anciens de leur congrégation vont la
persécuter au point de la menacer d’exclusion
et vont également lui préciser que son mari ne
pourra plus prétendre à sa nomination comme
assistant ministériel. Ils ne cessent également
de lui répéter qu’elle se met spirituellement
et physiquement en danger et compromet son mariage
(Les anciens sous-entendent
ici un cas de fornication qu’elle pourrait
commettre avec moi). Un ancien va même
jusqu’à lui dire que s’il était à la place
de Bernard, il lui interdirait de me voir.
Ni Nathalie ni son mari ne cèderont à
leurs menaces. On annoncera quelques jours après
la radiation de ce dernier comme assistant
ministériel.
Malgré le lavage de
cerveau que Nathalie et son mari ont eu, ils
décident tous deux de compléter leurs recherches
par mon intermédiaire. Mais les anciens de leur
congrégation ne désarment pas. Ils continuent de
les menacer en leur précisant que s’ils
continuent de me voir, ils seront tous deux
exclus. Son mari, sous la puissante persuasion des
anciens qui finissent par avoir raison de lui,
décide de couper les ponts avec moi. Mais
Nathalie ne cède pas. Si les anciens sont très
persuasifs, il n’en demeure pas moins que les
sentiments qu’elle nourrit pour moi sont
beaucoup plus forts que tout ce qu’ils pourront
lui dire.
Quelques jours après, les anciens
prendront la décision de la noter publiquement
afin que les membres de la congrégation ne la
fréquentent pas (ce qui ne changera rien puisque
pratiquement jamais personne n’a eu des moments
récréatifs avec Nathalie et son mari Bernard).
C’en est trop ! Nathalie fait part
de toutes mes recherches à son mari ainsi que la
dernière nouvelle de la Watch Tower qui est
inscrite comme Organisation non gouvernementale
auprès de l’O.N.U. (Organisation des nations
unies), alors qu’elle interdit à ses membres de
faire partie d’une quelconque organisation
politique pour quelque raison que ce soit. Cette
nouvelle fait l’effet d’une bombe, tant et si
bien que c’est la goutte qui fait déborder le
vase.
Nathalie décide d’écrire au Béthel de
Louviers en France, qui est en quelque sorte un
des quartiers généraux de la Watch Tower.
Nathalie demandera aux Témoins de Jéhovah de ce
Béthel pourquoi son affiliation à l’ONU et
pourquoi tant de secrets autour des victimes de
pédophilie. La réponse se fait tellement
attendre que Nathalie et son mari étouffent et
décident de faire leurs lettres de radiation
volontaire avant de recevoir la réponse. (Vous
trouverez les deux lettres, celle de Nathalie et
la réponse de la Watch Tower sur ce site à l’adresse
suivante : http://pages.globetrotter.net/mleblank/org/qrbethelsc.html).
Je retrouve mon amie Nathalie et son mari
où nous pouvons désormais goutter à la vie et
savourer ce que notre créateur a bien voulu nous
offrir : « LA
VIE. »
4ème
dilemme : « J’ai
été, voici quelques jours, confronté à un
problème de taille qui m’a amené à encore
mieux douter de la Watch Tower et
de ses principes qu’elle enseigne à ses
adeptes. Ma fille, qui a aujourd’hui 4 ans, est
tombée malade en pleine nuit. J’ai dû appeler
mon amie Nathalie (donc une personne de confiance)
afin qu’elle veille sur ma fille Rébecca
pendant que je suis allé acheter ses médicaments
dans une pharmacie car je ne pouvais pas la
sortir. Étant donné que les Témoins de Jéhovah
des congrégations ne m’adressaient pas la
parole, vers qui allais-je me tourner pour que l’on
veille sur ma fille ? »
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Il
est tout de même honteux d’avoir un
voisin, habitant la même allée que moi,
qui est Témoin de Jéhovah (et de surplus
ancien de mon ex-congrégation) à qui je
ne puisse demander un tel service même
urgent. |
Que sont devenues les deux filles dont il est question plus haut, qui ont été violées par leur père ? L’une d’elle s’est retirée de l’organisation des témoins de Jéhovah car elle n’a cessé d’entendre dire les anciens de sa congrégation que si elle avait eu ce genre de problème c’est qu’elle n’avait pas l’esprit de Dieu.
Sa
sœur, quand à elle, est restée dans l’organisation
mais a fui en Espagne avec son mari et son fils.
Cette fuite ne lui a pas servi à grand chose si
ce n’est qu’elle a dû subir des calomnies de
la part des membres de sa congrégation lorsqu’ils
ont su, par l’intermédiaire de ses
beaux-parents, qu’elle avait subi des viols de
la part de son père. Ces deux filles ont
quelquefois des cauchemars suite aux nombreux
viols commis par leur père. Cet
homme est toujours en liberté à l’heure qu’il
est et n’a jamais été traduit en justice pour
ces délits méprisables qu’il a commis.
Quand
à leur mère, souffrant de ne pouvoir avoir des
contacts avec sa fille réfugiée en Espagne,
comme auparavant lorsqu’elle était encore
témoin de Jéhovah, elle a décidé de retourner
au sein de l’organisation des témoins de
Jéhovah...
Je
souhaite que mon histoire, que j’ai péniblement
vécue, profitera à toutes celles et ceux qui
auront connu de près ou de loin, les Témoins de
Jéhovah et leurs permettront ainsi de comprendre
que ces derniers ne sont pas le canal utilisé par
Dieu et que de grandes difficultés les
attendent.
V.L.
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